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« On va arriver très vite au plafond » : le ministre de l’Économie s’emballe un peu sur le bilan du leasing social

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Reçu dans l’émission Le Grand Entretien sur France Inter le 30 juillet 2026, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, est venu vendre la politique de transition du gouvernement avec son enthousiasme habituel. Dans sa ligne de mire ? Le bilan des deux premières semaines de la troisième édition du leasing social, relancée le 16 juillet dernier.

Face aux micros, la méthode est rodée : asséner des chiffres avec suffisamment d’assurance pour faire passer un bilan timide pour un raz-de-marée populaire. Sauf qu’en y regardant de plus près (et surtout en sortant les articles de l’année dernière), ce démarrage n’a rien du « démarrage en trombe » dont se félicite le ministre.

« En deux semaines, on a près de 20 000 commandes. Pour être précis, 19 500 commandes de véhicules électriques qui vont venir renforcer le parc, renforcer la résilience », s’est félicité le ministre, concluant sans trembler : « On va arriver très vite au plafond. »

Si le chiffre de 19 500 véhicules réservés représente environ 39 % du quota des 50 000 voitures électriques pour cette cuvée 2026, la comparaison avec 2025 a de quoi refroidir l’ambiance instantanément.

Lors de la réouverture des commandes fin septembre 2025, il n’avait fallu que 4 heures aux Français (enfin aux équipes des concessions) pour enregistrer 18 000 demandes sur la plateforme gouvernementale de l’ASP (Agence de Services et de Paiement). Et seulement 3 jours pour atteindre 30 000 réservations.

Au bout d’une semaine seulement, la barre des 35 000 dossiers était déjà pulvérisée. Après un mois et 41 500 véhicules réservés, la dynamique s’est nettement ralentie jusqu’à la fin de l’année en formant un plateau. Le gouvernement a indiqué que le cap des 50 000 dossiers aurait été atteint avec la finalisation des derniers dossiers début janvier 2026.

En 2026, il aura fallu 14 jours entiers pour atteindre ce que l’édition 2025 avait plié en une demi-journée. On est donc très loin de la ruée vers l’or promise.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer un démarrage plus lent. Commençons par le plus évident : le mois de juillet n’est pas vraiment une période propice à ce type d’engagement. La priorité est plutôt donnée aux vacances et autres achats nécessaires.

La deuxième raison évidente : les ménages modestes les plus motivés et éligibles ont déjà capté plus de 100 000 véhicules lors des deux premières vagues. Le réservoir de candidats naturels s’amenuise forcément.

Enfin, le gouvernement français a fait évoluer les règles du jeu et tous les modèles qui auraient pu être éligibles ne l’ont pas été. L’offre apparaît moins variée que les années précédentes. Aucun doute que Renault va remplir ses carnets de commandes en Twingo, R5 et Mégane, mais l’engouement n’est probablement pas le même chez les autres constructeurs.

« On vend plus de véhicules électriques que jamais auparavant » se félicite Roland Lescure. La crise au Moyen-Orient et la hausse des prix des carburants ont largement contribué à l’accélération de l’électrification du parc automobile : « Cette crise, elle doit être un réveil collectif sur l’électrification des usages et notamment des véhicules », affirme-t-il. Le leasing social va également jouer son rôle, mais la dynamique était déjà bien installée avant que celui-ci ne soit avancé de près de trois mois.

D’ailleurs, Roland Lescure n’hésite pas à citer l’exemple de la Norvège où 90 % des voitures neuves sont électriques, en précisant : « Il faut qu’on aille vers ça. ». C’est un projet particulièrement audacieux.

Le ministre se concentre désormais sur une « deuxième vague de 50 000 véhicules réservée aux aides à domicile et aux pros ». Il ne donnera pas vraiment plus de détails sur ces dispositifs : ils ne sont pas encore clairement définis.

Pour les aides à domicile, la mesure concernerait 15 000 voitures électriques d’occasion qui pourraient ainsi être proposées à partir du 1er octobre à des loyers mensuels débutant à 50 euros par mois. Une évolution que les spécialistes du véhicule d’occasion, comme Leboncoin, accueillent plutôt favorablement, même si quelques craintes subsistent. S’ajouterait à cela un autre dispositif de 50 000 dossiers à destination des gros rouleurs (dans le cadre professionnel) dont les contours sont encore flous.

En additionnant les promesses futures, Roland Lescure réussit l’exploit d’afficher un optimisme à toute épreuve. Mais avant de jurer sur les ondes qu’on va « arriver très vite au plafond », un coup d’œil dans le rétroviseur de 2025 aurait pu inciter à un peu plus de retenue.

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