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Actualité : Combien d’électricité consomme vraiment une journée passée à discuter avec une IA ?

© Primakov/Shutterstock – Parler à Gemini, Claude, ChatGPT ou encore Grok consomme beaucoup d'électricité

Remplacer une recherche web traditionnelle par un prompt IA est devenu monnaie courante, que ce soit pour coder, poser une question ou encore générer et résumer un texte. Derrière cette fluidité des réponses se cachent des datacenters particulièrement gourmands en ressources, engloutissant des mégawatts d’électricité pour alimenter et refroidir les puces surpuissantes des serveurs.

Là où une recherche sur Google mobilise environ 0,3 watt-heure (Wh), interroger une IA générative réclame en moyenne 3 Wh. La faute à la puissance de calcul exigée par les processeurs graphiques (GPU), qui doivent prédire et générer chaque mot en temps réel plutôt que de simplement piocher dans un index de pages web.

Lors d’une conversation comptant 10 à 15 échanges pour affiner un texte ou résoudre un problème, la facture atteint ainsi rapidement les 30 à 45 Wh. Une dépense électrique qui correspond très exactement à la recharge complète de deux à trois smartphones récents, ou au fonctionnement continu d’une ampoule led pendant quatre heures.

Pour un professionnel cumulant une centaine d’interactions sur une journée complète, le compteur affiche environ 300 Wh, soit 0,3 kWh. Rapportée à une semaine de travail de cinq jours, la consommation grimpe alors à 1,5 kWh, ce qui équivaut à l’énergie requise pour faire tourner un cycle complet de lave-linge à 40 °C. À l’échelle d’un mois entier, cette habitude représente entre 6 et 10 kWh d’électricité, soit près de 120 à 150 h de streaming en 4K sur un téléviseur led.

Sur une année entière de dialogue quotidien avec l’intelligence artificielle, ce volume atteint aisément 80 à 120 kWh par personne. Ce bilan annuel correspond à l’alimentation d’un réfrigérateur moderne de classe A pendant plus de six mois, ou à un trajet de 600 km au volant d’une voiture électrique compacte. Et encore, ces estimations n’intègrent pas le coût de la génération d’images et de vidéos, qui fait grimper la note à près de 10 à 12 Wh pour une simple illustration, et de 100 à 300 Wh pour quelques secondes de clip.

Multipliée par des centaines de millions d’utilisateurs, cette sollicitation interroge sur la réelle utilité de l’IA dans nos vies pour certaines requêtes banales, nous invitant à lever le pied face à cet impact énergétique colossal.

Reste que les datacenters sortent de terre à vitesse grand V, tandis que les politiques déroulent le tapis rouge à cette nouvelle poule aux œufs d’or. Les sénateurs français ont d’ailleurs récemment préconisé d’en implanter davantage dans l’Hexagone pour réduire l’empreinte de l’intelligence artificielle grâce à notre électricité décarbonée.

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