Une action collective visant Google s'ouvre cette semaine à Londres. Les plaignants accusent le géant américain d'avoir appliqué des commissions excessives sur le Google Play Store pendant plus de dix ans.
Google s'apprête à défendre sa politique commerciale devant la justice britannique. Une action collective, réclamant jusqu'à 1,2 milliard de livres (environ 1,4 milliard d'euros), doit commencer cette semaine à Londres, sauf accord de dernière minute entre les parties. Le procès devrait s'étendre sur sept semaines.
L'affaire pourrait concerner près de 20 millions de consommateurs britanniques, qui recevraient, en cas de victoire des plaignants, une indemnisation moyenne estimée à environ 60 livres par personne.
À l'origine de cette procédure, les plaignants reprochent à Alphabet, la maison mère de Google, d'avoir limité la concurrence sur Android et appliqué des commissions jugées excessives aux applications distribuées via le Play Store depuis 2015.
Selon eux, ces frais ont fini par se répercuter sur les utilisateurs. Les développeurs auraient ainsi intégré le coût des commissions dans le prix des applications, des abonnements ou encore des achats intégrés.
La plainte est portée par Liz Cole, représentante de l'action collective et spécialiste des questions de politique de consommation. Elle affirme que de nombreux utilisateurs ne savent pas que Google peut prélever jusqu'à 30 % de commission sur certaines transactions, notamment dans les jeux vidéo, les applications de rencontre ou les services de streaming musical.
Les plaignants demandent également que le calcul des indemnisations prenne en compte les achats effectués directement dans les applications, comme les abonnements ou le contenu additionnel des jeux.
Google rejette les accusations de pratiques anticoncurrentielles. Dans les documents présentés au tribunal, l'entreprise affirme qu'Android offre davantage de choix que les plateformes concurrentes et que le Play Store joue un rôle important dans la protection des utilisateurs contre les logiciels malveillants et les cybermenaces.
Le groupe souligne également que ses commissions ont diminué au fil du temps. Il rappelle par ailleurs que la majorité des applications disponibles sur le Play Store sont gratuites et qu'environ 3 % seulement des grands développeurs d'applications seraient soumis à des frais.
Google estime en outre qu'un développement incontrôlé de boutiques d'applications ou de solutions de paiement non vérifiées pourrait accroître les risques de fraude et d'abus pour les utilisateurs.
Les plaignants contestent cette lecture du marché. Ils accusent notamment Google d'avoir dressé des barrières à l'entrée pour les boutiques concurrentes et d'avoir incité, voire contraint, les fabricants de smartphones à préinstaller le Play Store sur leurs appareils.
Le dossier intervient après une décision importante rendue l'an dernier dans une affaire similaire visant Apple. Le Tribunal britannique de la concurrence avait alors estimé que le groupe avait appliqué des frais abusifs sur les téléchargements effectués via l'App Store.
Apple a depuis fait appel de cette décision. La Cour d'appel britannique doit examiner le dossier l'année prochaine.
Google a également déjà accepté, en août dernier, de verser 260 millions de livres sterling afin de mettre fin à une procédure engagée au Royaume-Uni au nom de milliers de développeurs. Cette affaire portait elle aussi sur les commissions appliquées aux transactions réalisées sur le Play Store.
Aux États-Unis, Google avait par ailleurs conclu en 2023 un accord à l'amiable de 700 millions de dollars avec plusieurs États américains pour mettre fin à des poursuites antitrust concernant notamment les systèmes de paiement concurrents et les commissions facturées aux consommateurs.
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