No kings, ça s'adresse aussi à Mark ?

Alors que les élections de mi-mandat arrivent, Mark Zuckerberg est sommé par des élus démocrates de s’expliquer sur le blocage temporaire d’un compte « No Kings » qui co-organise des manifestations aux États-Unis contre l’autoritarisme de Donald Trump.
Le compte Instagram No Kings Coalition est maintenant accessible et l’équipe qui le gère a de nouveau la main dessus. Mais le 17 octobre, ce compte a été suspendu pendant un peu plus d’une heure, sans pouvoir être administré pendant plus de trois heures. Meta s’est excusée et a affirmé que c’était un problème technique, mais la question est reprise par des élus démocrates alors que la campagne électorale des mid-terms arrive à sa fin.
Cette campagne politique reprend le mot d’ordre « No Kings » qu’on peut retrouver régulièrement dans les manifestations contre Donald Trump aux États-Unis depuis octobre 2025. Le dirigeant avait critiqué, il y a un an, ce mouvement avec une vidéo scatologique générée par IA.
Le compte No Kings Coalition a plus de 27 000 abonnés et, au-delà de ces manifestations, pousse les états-uniens à aller voter (notamment en avance et par correspondance, puisque le système électoral de nombreux États le permet) avec des slogans comme « vote early ».
Meta explique le problème par une utilisation intensive de Claude
Les animateurs du compte semblent utiliser des outils d’automatisation et c’est ce genre de pratiques qui auraient, selon Meta, déclenché le blocage du compte. « Lorsque des comptes publient, partagent ou commentent à une fréquence très élevée, cela peut déclencher des systèmes automatisés. C’est ce qui s’est produit avec le compte Instagram « No Kings » à l’approche de la journée d’action d’aujourd’hui » affirmait Andy Stone le 18 octobre , porte-parole de Meta. « Malheureusement, cette intervention automatisée était manifestement une erreur. Tout fonctionne désormais comme il se doit et nous vous présentons nos sincères excuses », a-t-il ajouté.
L’équipe en charge du compte a posé huit questions à l’entreprise dans une lettre ouverte [PDF] pour en savoir plus. Comme par exemple : « Quelles actions spécifiques menées par le compte No Kings Coalition auraient enfreint les règles de Meta, et quelles règles étaient concernées ? ». L’entreprise a expliqué le blocage par « le fait que [ses] systèmes de sécurité réseau ont détecté une augmentation spectaculaire de l’utilisation d’un outil Claude pour analyser les profils, les publications et les hashtags ». « Par rapport à ce que [ses] systèmes avaient observé auparavant, le rythme de cette activité a été multiplié par quatre environ lors de pics intenses le 17 octobre », a-t-elle ajouté.
Une réponse qui ne satisfait pas les activistes
Cette réponse n’a pas suffi à No King Coalition qui demande [PDF] à Meta de répondre aux « questions plus générales de transparence, de responsabilité et d’ingérence potentielle dans les communications publiques au cours d’une élection encore en cours ».
L’équipe est donc maintenant soutenue par deux membres démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis, Robert Garcia et Jamie Raskin. Dans une lettre ouverte [PDF] à Mark Zuckerberg, les élus demandent eux aussi plus de détails car « Meta a la responsabilité de ne pas porter atteinte à l’intégrité de nos élections ni d’enfreindre le droit du public à mener des activités politiques protégées par la Constitution », écrivent-ils. Ils demandent à l’entreprise de leur présenter, « au plus tard le 9 novembre 2026, un exposé sur ses mesures en matière de sécurité électorale et sur ces incidents ».
Dans leur lettre, les deux élus font aussi référence aux élections au Brésil où Meta a été sommée par la justice de prouver qu’elle ne faisait pas d’ingérence.






