Selon une étude du Crédoc, 39% des TPE et PME ont été victime d’un incident cyber dans les douze derniers mois. Une conférence était organisée au ministère de l’Économie pour phosphorer sur les solutions à déployer.
Un manque de temps ou de connaissances, un déficit de compétences, des questions de coût et une certaine complexité des outils informatiques. Pour François Blanchecotte, membre du conseil national de l’Union des entreprises de proximité (U2P), ce sont autant de freins qui empêchent les petites entreprises de mieux se sécuriser.
Ce représentant des TPE-PME des secteurs de l'artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales s’exprimait ce jeudi 29 octobre lors d’une conférence organisée au ministère de l’Économie. Dénommé « Bercy de la cyber », cet évènement visait à réunir des chefs d’entreprise et des représentants de la filière de la cybersécurité pour sensibiliser et « identifier les solutions à déployer pour faire face à la menace cyber ».
Selon un récent sondage réalisé par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) pour la Direction générale des entreprises, 39% des TPE et des PME ont subi au moins un incident de cybersécurité au cours des 12 derniers mois. Il s’agit d’abord d’attaques par hameçonnage (18 %) et de virus ou de programmes malveillants (8 %).
Intervenant lors d’une table ronde sur les mesures d'hygiène et les solutions concrètes, François Blanchecotte a tout d’abord déploré un manque de connaissances de la menace dans les petites entreprises. Cette mauvaise appréciation se double d’un manque de compétences sur lesquelles le chef d’entreprise pourrait s’appuyer.
Ensuite, il y a des contraintes budgétaires, alors qu’une crise cyber peut coûter très cher à une entreprise. Enfin, le représentant de l’U2P a plaidé pour une simplification des solutions proposées, alors qu’il faut dans le même temps aider les dirigeants à prendre conscience du caractère indispensable de ces outils.
« Tous les chefs d'entreprise n'ont pas forcément une formation en informatique ou en gestion du risque, il faut donc essayer de trouver des outils simples et de rendre cette sécurité abordable », avec par exemple des solutions labellisées, remarque François Blanchecotte.
Intervenant également dans cette table ronde, la directrice du Clusif, une association de professionnels de la cybersécurité, a cité de son côté les premières mesures de sécurité à mettre en œuvre de façon prioritaire pour un chef d’entreprise. Il y a ainsi la double authentification, qui permet « une protection minimum », signale Florence Puybareau.
Puis ensuite les sauvegardes des données, avec donc un travail préalable de tri dans les fichiers d’une entreprise. Quelles sont les informations qu’il est indispensable de protéger, pendant combien de temps, et où ? Une « réflexion en amont » qui permet de sensibiliser le chef d’entreprise et qui va le mener vers un plan d’action.
Cela doit lui permettre « de hiérarchiser ses actions prioritaires et les moyens dont il a besoin », complète François Blanchecotte. Car « il ne va pas pouvoir faire tout en même temps », résume celui qui espère pouvoir faire de la cybersécurité un « réflexe professionnel » et non « une contrainte ».
Selon l’étude du Crédoc citée plus haut, les TPE et les PME sont relativement bien équipées en antivirus, à 80%. Mais seules 67% ont des sauvegardes de données à l’extérieur de leurs locaux et seuls 39% ont mis en place l'authentification à plusieurs facteurs.
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