Décidément, Sennheiser ne se repose pas sur ses lauriers. Après l’excellent HDB 630 en 2025, la marque propose avec le Momentum 5 son meilleur casque Bluetooth à ce jour et un concurrent direct des ténors que sont les Apple AirPods Max 2 et le Sony WH-1000X The Collexion.
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Sennheiser n’a pas l’aura d’Apple ou de Sony, et pourtant le fabricant allemand est l’une des immenses références de l’audio portable depuis des décennies. À l’origine, Sennheiser fabrique des microphones pour la prise de son. Une activité en réalité très proche de la fabrication de transducteurs de casque : dans les deux cas, c’est une fine membrane qui vibre, l’une pour capturer le son, l’autre pour le diffuser vers l’oreille. Sennheiser fabrique donc ses propres transducteurs depuis toujours, et ça change tout par rapport aux marques qui piochent dans le catalogue d’un fournisseur tiers. De la conception à la réalisation, tout est maîtrisé en interne.
Ce sur quoi Sennheiser a immensément progressé ces dernières années, au point de prendre une belle avance sur la concurrence, c’est le traitement numérique du son. Il ne suffit pas de fabriquer de bons haut-parleurs miniatures. Il faut aussi maîtriser toute la chaîne numérique, du smartphone jusqu’au casque, pour ne rien dégrader du signal. Apple l’a compris depuis longtemps : ses AirPods 4, AirPods Pro 3 et AirPods Max 2 ont de très bons transducteurs, mais profitent d’un signal numérique soigné et sur mesure.
Et puis il y a la spatialisation. C’est là que ce Momentum 5 surprend le plus : c’est sans doute le meilleur casque non Apple pour l’audio spatial, avec une prise en charge du Dolby Atmos qui donne le sourire.
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Sennheiser.
Sobre, discret, élégant. Le Momentum 5 ne cherche pas à se faire remarquer et c’est très bien comme ça. On est sur un dessin quasiment identique à celui du Momentum 4, avec un arceau textile, des coques en aluminium brossé et des articulations métalliques.
Ce qui frappe en premier, c’est que ce casque est très tendre. Les coussinets à mémoire de forme sont très, très souples. Le casque aussi : il se déforme sans résistance, et pour autant, quand on le bouge, il ne fait aucun bruit. L’articulation est vraiment bien pensée. Les bruits parasites ont été maîtrisés, et ça, c’est une très bonne chose.
290 grammes sur la balance, soit trois grammes de moins que le Momentum 4. Sur le crâne, on l’oublie. La pression est douce, les oreilles sont bien enveloppées, et on tient des sessions de plusieurs heures sans jamais avoir envie de retirer le casque.
Les commandes maintenant. Un seul bouton physique sur l’oreillette droite, pour l’allumage et l’appairage, et une surface tactile capacitive pour le reste. Balayage horizontal pour changer de piste, vertical pour le volume, double tape pour basculer entre réduction de bruit et transparence. C’est réactif, ça répond bien aux sollicitations. Rien à redire.
Côté connectique, on trouve une prise USB-C qui permet de recharger la batterie et aussi d’écouter en audio lossless en filaire. Et on a également une entrée jack pour se connecter à une source analogique, avec le câble fourni dans l’étui. Petite remarque : ça fonctionne uniquement lorsque le casque est allumé, car le son entrant analogique doit être numérisé pour être adapté aux transducteurs du casque. Ainsi, on a toujours la même qualité d’écoute, la même balance tonale, quelle que soit la source.
L’étui de transport a lui aussi été revu, 20 % plus fin que le précédent, avec une poche intérieure et des sangles pour les câbles.
L’application de contrôle Smart Control Plus donne accès à tout un tas de fonctions pratiques : égalisation, réduction de bruit, audio spatial, commandes ou réglages Bluetooth (qualité, codecs).
Plusieurs profils de personnalisation du son sont proposés, celui par défaut est neutre, un autre renforce les voix (podcast) et surtout le troisième permet de personnaliser le son par le biais d’un égaliseur à 8 bandes de fréquences. Si l’on veut simplement renforcer les graves, il existe aussi un bouton, bien que l’égaliseur permette de le faire bien plus finement.
Sennheiser s’est illustré ces dernières années avec ses barres de son, qui diffusent un son enveloppant sans enceintes arrières additionnelles. Les barres Ambeo, notamment l’Ambeo Plus, utilisent des algorithmes de traitement numérique du son pour créer des flux sonores au-dessus et derrière l’auditeur. Ce savoir-faire est transposé dans le Momentum 5 pour l’écoute de la musique en Dolby Atmos, disponible sur Apple Music, Tidal ou Amazon Music.
Par défaut, le casque diffuse la musique en stéréo et il faut activer l’Audio Spatial dans l’application.
Tous les principaux codecs Bluetooth sont supportés par le Momentum 5, du basique SBC à l’aptX Lossless. L’application permet de choisir le meilleur codec selon le smartphone utilisé. Côté latence Bluetooth, on observe un léger retard du son dans les jeux vidéo, qui est supprimé en lecture vidéo.
L’ANC est très performante, quasiment au niveau de ce qu’Apple fait avec les AirPods Max 2. On reste un petit peu en retrait d’écouteurs comme les AirPods Pro 3, qui sont vraiment les meilleurs du marché actuellement, mais Sennheiser a vraiment bien travaillé sa réduction de bruit active. L’isolation est supérieure à celle du dernier casque haut de gamme Sony The Collexion, par exemple.
Ce n’est pas vraiment une surprise, dans la mesure où Sennheiser possède une expertise avec les microphones. Le nombre de micros dédiés a été doublé en comparaison du Momentum 4 : quatre de chaque côté. Ça fonctionne particulièrement bien, jusqu’à des fréquences relativement hautes. C’est justement le reproche que l’on faisait au Momentum 4 : il domptait les grondements, mais laissait passer les voix.
Le mode transparence fonctionne bien lui aussi, on entend ce qui se passe autour de soi de façon naturelle. La réduction de bruit dispose d’un mode adaptatif, capable d’adapter son intensité en fonction du bruit environnant, mais on peut basculer en mode manuel dans l’application et forcer un niveau.
La signature sonore tonale donne une impression de neutralité et de grande cohérence. C’est vraiment du Sennheiser. Un son qui permet d’avoir beaucoup de détails dans le médium, là où se concentrent le plus de sons. C’est détaillé, organique, propre du grave à l’aigu. Il n’y a rien qui dépasse. On sent que ça a été cuisiné aux petits oignons.
Le régime transitoire est très bon, les transducteurs de 42 mm réagissent très vite, on entend ainsi plein de petits détails. Et conséquence directe de ce bon régime transitoire : une très belle scène sonore, très large, avec de la profondeur. Les instruments ne se marchent pas dessus, les voix sont claires, tout est détaché.
Que ce soit en Bluetooth avec une qualité de transmission basique, en aptX Lossless ou en liaison filaire USB-C, le Momentum 5 offre une restitution de qualité hi-fi.
Sur la courbe, on remarque une belle bosse dans le grave vers 60 Hz. Un grave assez opulent, mais dégraissé dans sa partie haute, ce qui donne à l’écoute de l’assise et de la profondeur. Beaucoup de fabricants mettent au contraire les 100 Hz (haut-grave) en avant pour donner de l’impact, quitte à empâter tout le bas du spectre. Sennheiser a choisi l’inverse, et on a ainsi un grave qui laisse respirer ce qu’il y a au-dessus.
Le bas médium est une ligne quasi droite de 200 Hz à 800 Hz, là où se trouvent la plupart des fréquences fondamentales des instruments de musique. Les voix sont aussi très bien placées, équilibrées, elles ont du corps. Dans la partie haute du registre médium, il y a une petite pointe de volume vers 1500 Hz qui apporte de la présence et du détail sur les cordes de guitare, les cuivres. Sans agressivité.
Détail important, à 2 kHz, la fréquence à laquelle notre oreille est très sensible, il y a un creux, soit moins de volume. Par conséquent, on peut écouter de la musique pendant des heures et des heures, sans fatigue auditive.
Enfin, l’aigu est en avant, afin d’aérer l’ensemble, avec une pointe de brillance vers 10 000 Hz qui donne de la finesse aux cymbales notamment.
Le test des timbres acoustiques. La guitare d’ouverture, celle qui sort d’une petite radio, puis la seconde qui arrive en face, pleine, ronde, avec le grain des cordes et le frottement des doigts sur le manche. Le Momentum 5 restitue tout ça sans rien surligner. On entend le bois, on entend la pièce. La voix de Gilmour est posée exactement là où il faut, ni en avant ni noyée. C’est le genre de morceau où un casque trop brillant fait mal aux oreilles au bout de deux minutes. Ici, on peut l’écouter en boucle.






