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Test du Framework Laptop 13 Pro : l’anti-MacBook est très crédible

On connaît bien le Framework Laptop 13 chez Frandroid. C’est le PC portable réparable et modulaire par excellence, celui que nous avons testé plusieurs fois, en version Intel comme en version AMD, et qui me sert même de machine Ubuntu au quotidien.

Ici, Framework revient avec une machine très différente. Elle partage le nom « Laptop 13 », mais le « Pro » qui suit n’est pas là pour faire joli : dès la prise en main, on comprend qu’on est face à un autre produit. Les matériaux n’ont plus rien à voir, la rigidité est d’un autre niveau et la finition est la meilleure jamais vue chez le constructeur.

Au programme : un châssis entièrement usiné en aluminium, un écran enfin tactile, un touchpad haptique, un processeur Intel « Panther Lake » et, surtout, une mémoire vive modulaire dans un format encore jamais vu sur un portable de ce gabarit. Tout cela a un prix, et il n’est pas donné.

La machine de ce test nous a été fournie par Framework.

Ce test commence par un tournevis. J’ai reçu le Laptop 13 Pro démonté, en version DIY : il a fallu installer le contour d’écran, le module clavier-touchpad, la mémoire vive et le SSD avant le premier démarrage. Comptez dix à quinze minutes, montre en main, et j’aurais même pu aller plus loin puisque Framework peut livrer la machine en pièces encore plus détachées, écran compris.

Pour ceux qui découvrent la marque, un mot sur le concept. Framework est une jeune société américaine partie d’une idée à contre-courant de toute l’industrie : traiter le PC portable comme une tour de bureau.

Sur un PC fixe, personne ne jette sa machine parce que le processeur vieillit. On change la carte mère, on ajoute de la mémoire, on remplace le SSD, et le boîtier traverse tranquillement les années. C’est exactement la logique appliquée ici, dans un format de 15,85 mm d’épaisseur : chaque composant évolue indépendamment des autres, au rythme de vos besoins et de votre budget.

Tout est guidé, tout est documenté. Quand on ouvre la machine, chaque pièce porte un QR code qui renvoie vers sa fiche, ses caractéristiques et des tutoriels de remplacement pas à pas.

Un souci matériel dans trois ans ? On commande la pièce sur la boutique en ligne du constructeur et on la change soi-même. C’est toute la philosophie de la marque, et elle est ici poussée plus loin que jamais.

Le morceau de bravoure, c’est la mémoire vive. Sur la quasi-totalité des ultraportables récents, la LPDDR5X est soudée à la carte mère : impossible d’en ajouter, la configuration choisie à l’achat vous suit jusqu’à la benne. Framework utilise ici le format LPCAMM2, un petit module amovible qui combine la faible consommation de la LPDDR5X avec la possibilité de l’échanger.

Vous pouvez acheter la machine en 16 ou 32 Go aujourd’hui, et passer à 64 voire 96 Go dans deux ans si vos besoins évoluent.

Dans le contexte actuel de flambée des prix de la mémoire vive, c’est un argument très concret : plutôt que de surpayer une grosse configuration dès maintenant, on peut lisser la dépense. Seule ombre au tableau, le format LPCAMM2 reste rare dans le commerce en 2026. Les modules existent, mais il faut les chercher, et les prix suivent la crise du marché de la DRAM.

Même logique pour le reste : le SSD est un M.2 2280 standard, la carte Wi-Fi se remplace, et surtout la carte mère entière pourra être échangée. Framework propose presque chaque année de nouvelles cartes mères Intel ou AMD compatibles avec ses châssis existants : on garde l’écran, le clavier, le touchpad, la batterie, la RAM et le SSD, et on ne change que le coeur de la machine. Nous l’avons déjà fait plusieurs fois, sur le Laptop 16 comme sur le Laptop 13 classique, et ça fonctionne vraiment très bien. Le Laptop 13 Pro s’inscrit dans cette continuité.

Petit bonus apprécié des bricoleurs : chez Framework, la carte mère remplacée n’est pas condamnée à la poubelle. Les anciennes cartes mères de la marque peuvent entamer une seconde vie dans un petit boîtier, transformées en mini-PC de bureau ou en serveur domestique.

Au-delà du portefeuille, c’est aussi un vrai argument écologique : dans un marché où des millions de portables finissent en déchets électroniques à cause d’un seul composant vieillissant, cette approche change concrètement la durée de vie du matériel.

Pour aller plus loin Comment nous avons donné une seconde vie à notre PC Framework Laptop grâce à Cooler Master

C’était mon principal reproche envers les Framework jusqu’ici. La finition n’était pas en cause, mais la qualité perçue restait en retrait face à la concurrence au même prix.

Le Laptop 13 Pro corrige le tir. Le châssis est désormais entièrement usiné CNC dans de l’aluminium 6063 (avec 75 % d’aluminium recyclé sur les capots, précise Framework). Le résultat se sent immédiatement en main : c’est rigide, dense, sans le moindre craquement. On est enfin au niveau de ce qu’on attend d’une machine premium.

Concernant le gabarit : 15,85 mm d’épaisseur et 1,44 kg avec les quatre modules, c’est plus épais et plus lourd que certains ultraportables Asus ou que le MacBook Air. C’est le prix de la modularité, avec des connecteurs, des vis et des pièces remplaçables partout là où la concurrence soude et colle. Le compromis me semble largement acceptable, mais il faut le savoir.

Le clavier est l’une de mes très bonnes surprises. La course de 1,5 mm est franche, avec une vraie sensation de frappe. Je la trouve même meilleure que celle d’un MacBook : il y a plus de débattement, plus de matière sous les doigts.

Et grâce au nouveau capot d’entrée tout en métal, la platine ne s’enfonce nulle part, même en tapant fort au centre. C’est un clavier d’une grande qualité.

Le touchpad passe lui aussi un vrai palier. C’est le premier touchpad haptique de Framework : il n’y a plus de mécanisme physique qui s’enfonce, mais quatre éléments piézoélectriques qui simulent le clic par vibration, avec un retour uniforme sur toute la surface et une intensité réglable.

Le clic est identique en haut comme en bas du pavé. C’était souvent le point faible des PC portables face aux Mac ; ici, c’est réglé.

Côté connectique, on retrouve le système signature de la marque : quatre slots Expansion Card dans lesquels on clipse les ports de son choix. Bonne nouvelle, les quatre slots sont cette fois identiques et acceptent tous le Thunderbolt 4, le DisplayPort 2.1 et la charge jusqu’à 140 W. Je suis parti sur une configuration très simple, trois USB-C et un USB-A plein format, mais on peut opter pour du HDMI, du DisplayPort, un lecteur de cartes, du stockage additionnel ou même de l’Ethernet. Ce dernier module dépasse un peu du châssis, mais il fonctionne très bien. Un dongle ? Connais pas.

Le principe technique de ces cartes d’extension est d’une simplicité désarmante : chaque module est en réalité un petit adaptateur qui vient se glisser dans un logement USB-C interne. C’est ce qui rend le système fiable et pérenne, puisque les cartes achetées pour un précédent Framework restent utilisables, et le catalogue s’enrichit régulièrement, jusqu’à des modules de stockage de 250 Go ou 1 To qui jouent le rôle de SSD externe intégré au châssis. On compose sa connectique le matin selon sa journée.

Mention spéciale enfin pour l’audio, que je n’attendais pas à ce niveau. Les deux haut-parleurs latéraux de 2 W offrent une vraie spatialisation, avec un effet stéréo très bien reproduit, et la compatibilité Dolby Atmos sous Windows renforce l’immersion sur les contenus adaptés. La webcam 1080p et les micros conservent leurs obturateurs physiques, et le lecteur d’empreintes est compatible Windows Hello comme libfprint sous Linux.

Précision importante : je n’ai pas encore pu passer la sonde colorimétrique sur cette dalle. Les mesures précises (couverture des espaces colorimétriques, DeltaE, luminosité réelle) viendront compléter ce test. Ce qui suit relève donc de mon ressenti et des chiffres annoncés par Framework.

Mon ressenti est excellent. La dalle IPS LCD de 13,5 pouces au format 3:2 affiche 2880 x 1920 pixels, avec un rafraîchissement variable de 30 à 120 Hz. Framework annonce 700 nits en pointe, 100 % de l’espace sRGB et une calibration effectuée dalle par dalle en usine. À l’usage, les couleurs sont belles, les angles de vision très bons, la luminosité largement suffisante, et le traitement mat efface la quasi-totalité des reflets. L’écran est aussi tactile, une première sur un Framework.

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