Accueil / Tech News / Le Rampart, la nouvelle arme anti-drones de la Marine nationale, repéré sur le Mistral avant son départ pour l’Afrique

Le Rampart, la nouvelle arme anti-drones de la Marine nationale, repéré sur le Mistral avant son départ pour l’Afrique

Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’

C’est un équipement militaire nouveau dans les forces armées françaises, qui pourrait bien être généralisé s’il fait ses preuves lors des exercices qui lui seront soumis. Sur des photos diffusées par des comptes dédiés aux sujets militaires, une tourelle inhabituelle a été repérée sur le pont du Mistral, l’un des trois porte-hélicoptères amphibies de la Marine nationale.

Il n’a pas fallu bien longtemps aux spécialistes pour identifier cette structure installée sur le navire. Ce module est appelé Rampart : il s’agit du nouveau nom, plus spectaculaire et plus symbolique, pour désigner le lanceur modulaire polyvalent (LMP), un projet d’armement porté par Naval Group, l’un des géants de la défense en Europe.

Cette nouvelle identité, officialisée en juin au salon Eurosatory, peut toutefois faire perdre de vue l’objectif de cette initiative : disposer d’une tourelle polyvalente, capable d’accueillir des modules spécifiques pour des munitions variées. L’idée ? Avoir un seul élément capable de gérer à la volée des menaces différentes nécessitant des intercepteurs précis.

Ce printemps, un démonstrateur avait déjà tiré à Canjuers (Var), le plus grand camp militaire d’Europe occidentale, notamment des roquettes de 68 mm (guidées laser et non guidées) « dans une configuration sol-sol ». Naval Group, satisfait de cette première vague de tests, ajoutait que l’étape suivante passerait par des « essais en mer ».

C’est ce qui semble se concrétiser aujourd’hui. RFI rapportait d’ailleurs, dès le 13 septembre, le prochain appareillage d’un porte-hélicoptères amphibie en direction du golfe de Guinée, au large de l’Afrique de l’Ouest, dans le cadre de la mission récurrente Corymbe. Le 14, Le Marin indiquait que le PHA en partance était bien le Mistral, celui équipé du Rampart.

D’ailleurs, Naval Group avait annoncé un premier tir en mer en octobre, à bord d’un Mistral. On parlait alors d’un essai dans le cadre de l’exercice Wildfire, exercice spécifiquement pensé à la lutte intensive anti-drones, dont la date pour l’édition 2026 n’a pas été indiquée.

Si le Rampart voyage avec le Mistral, ce n’est certainement pas un hasard : le constructeur entend profiter manifestement de ce déploiement pour l’éprouver en mer – la fameuse prochaine étape de la campagne de tirs, qui implique de nouveaux scénarios, comme faire face à des drones navals et à des menaces aériennes diverses.

Le Rampart est capable d’aligner des munitions comme des roquettes, des missiles, des grenades, des leurres et même des armes sous-marines et des drones. Sa capacité d’autodéfense rapprochée est annoncée jusqu’à huit kilomètres (et même jusqu’à dix kilomètres, avance Mer et Marine), avec le soutien d’une tonne de projectiles à bord (la « charge utile »).

Le lanceur modulaire polyvalent entend apporter une réponse au « contexte actuel de menaces asymétriques et protéiformes », qui met à mal la logique plus traditionnelle d’un lanceur par type d’arme. La place croissante que les drones prennent dans la guerre, le développement des essaims et l’essor de l’IA embarquée imposent de repenser la défense.

Dans le jargon militaire, Rampart appartient à la famille des systèmes de défense rapprochée (CIWS, pour Close-In Weapon Systems), ces armes de dernier recours censées stopper une attaque juste avant l’impact (le nom de Rampart, rempart en français, colle donc plutôt bien à la fonction). Et le raisonnement derrière est d’abord comptable.

En mer Rouge, la marine américaine a passé des mois à abattre des drones houthis à quelques milliers d’euros pièce en y consacrant des missiles bien plus chers que leurs cibles, un échange intenable sur la durée. Même chose d’ailleurs pour la Marine nationale ainsi que pour les autres forces navales qui ont abattu des drones adverses.

Naval Group vend justement une proposition adaptée et à bas coût : une réponse « proportionnée au coût de la menace », autrement dit une roquette bon marché pour un drone bon marché. Pour garnir la tourelle, le groupe s’appuie sur Thales et KNDS, et travaille avec MBDA sur les missiles des familles Mistral et Akeron.

Un LMP comme le Rampart vient par ailleurs muscler très franchement le Mistral, dont l’armement est léger. On ne compte que 2 canons de 20 mm téléopérés, 4 mitrailleuses de 12,7 mm, et 2 systèmes d’autodéfense surface-air à très courte portée SIMBAD (missile Mistral). Certes, le PHA est censé compter sur son escorte… mais faut-il encore qu’elle soit au niveau.

De fait, le LMP a de quoi partiellement compenser ce défaut d’escorte ; dans une zone où les drones se banalisent, ce type de configuration trouve tout son intérêt – même si le golfe de Guinée n’est pas reconnu pour être une zone très chaude en matière de drones kamikazes, contrairement au Moyen-Orient ou bien au théâtre ukrainien.

Au-delà des trois PHA de la Marine nationale, le Rampart pourrait aussi être étendu à d’autres navires d’importance, comme des frégates de premier rang, particulièrement exposés, mais aussi des navires très stratégiques, tels le porte-avions Charles de Gaulle et son successeur (le France Libre, qui accueillera aussi des systèmes laser).

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information. C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez, voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !

Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !

Crédit photo de la une : Montage Numerama, Gary Jane

Origine de l’article : lire l’article original

Traduction