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C’est une étape cruciale pour le retour de l’aviation commerciale supersonique au-dessus des continents.
Dans un point d’étape publié le 4 septembre 2026, la NASA a confirmé la réussite du 25ᵉ vol d’essai du X-59, son appareil expérimental développé avec Lockheed Martin. Lors de cette sortie au-dessus du désert de Mojave en Californie, l’avion a évolué pendant 72 minutes, grimpant à environ 15 000 mètres (49 000 pieds) et atteignant Mach 1,2.
Ce cap du 25ᵉ vol ne cherche pas à établir un énième record de vitesse, mais marque la fin de la campagne d’évaluation technique. Le comportement aérodynamique de l’appareil, sa stabilité à basse vitesse comme en croisière et la résistance de sa structure se sont révélés parfaitement conformes aux prédictions numériques.
Les seuils obtenus lors de ce vol (Mach 1,2 et 49 000 pieds) ne sont pas le plafond de l’appareil.
Dès le 12 juin 2026, le X-59 avait déjà atteint son régime de croisière visé – Mach 1,4 (près de 1 500 km/h) à 55 000 pieds –, soit pile les conditions dans lesquelles il survolera un jour des populations. Ce 25ᵉ vol, plus lent et plus bas, servait donc à explorer une autre portion du domaine de vol, pas à repousser une vitesse maximale.
Pour la NASA, cette validation ferme le chapitre de l’aéronautique pour ouvrir celui tout aussi technique de la réglementation. Depuis 1973, à l’époque du Concorde, les vols supersoniques commerciaux au-dessus des terres sont strictement interdits par la FAA (l’aviation civile américaine) et les instances internationales.
En cause, le « bang » supersonique, ce double choc acoustique très violent provoqué par le franchissement du mur du son, jugé insupportable pour les populations au sol.
Sauf que ce verrou n’a pas attendu la NASA pour commencer à céder. En juin 2025, un décret présidentiel (l’ordre exécutif 14304, « Leading the World in Supersonic Flight ») a ordonné à la FAA d’abroger l’interdiction et de bâtir une norme de certification fondée sur le bruit.
L’agence a franchi le pas à l’été 2026 en publiant un projet de règlement qui propose de lever formellement l’interdiction de vol supersonique au-dessus des terres. Le cadre réglementaire bouge donc déjà en parallèle des essais du X-59, dont les mesures doivent surtout servir à fixer le futur seuil de bruit acceptable.
Lever l’interdiction ne suffira pourtant pas à faire décoller demain un vol commercial supersonique au-dessus de Paris ou de Chicago.
Le projet de la FAA doit d’abord être finalisé, puis complété par une norme de certification acoustique que l’agence est censée arrêter d’ici à juin 2027. Et les données du X-59 ne nourriront ces futurs seuils qu’une fois menés les survols de populations, encore à venir. Le retour effectif des supersoniques au-dessus des terres se compte donc toujours en années, pas en mois.
Toute l’architecture bizarroïde du X-59 – un nez démesuré de plus de 11 mètres, l’absence de pare-brise avant et une entrée d’air moteur située sur le dos de l’appareil – a été pensée pour étaler les ondes de choc. L’objectif est de transformer le détonant bang en un simple « battement sourd » (quiet thump), comparable au bruit d’une portière de voiture qui claque au loin.
Maintenant que le domaine de vol est en grande partie défriché et sécurisé, la mission Quesst entre dans une phase plus concrète. Les prochains vols serviront à mesurer avec précision la signature acoustique réelle du X-59 grâce à des batteries de microphones installées au sol et des avions qui le pisteront, équipés de capteurs en altitude.
La NASA a fixé un cap : boucler l’expansion du domaine de vol et la validation acoustique d’ici la fin 2026, soit un horizon de quatre mois au maximum. Les survols de populations, eux, ne viendront qu’ensuite – c’est la seule véritable phase capable de dire si le « battement sourd » promis passe réellement inaperçu depuis le sol.
À terme, la NASA prévoit de faire voler l’appareil au-dessus de plusieurs agglomérations américaines afin de sonder la perception des habitants. Les données récoltées seront ensuite transmises aux régulateurs américains et internationaux (comme l’OACI) pour servir de base scientifique fiable en vue d’établir de nouvelles normes d’exposition sonore.
À supposer que le X-59 tienne bien ses promesses acoustiques, il pourrait donc ouvrir la voie à une révision globale des lois aériennes et concrétiser le retour des vols commerciaux supersoniques au-dessus des terres.
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Crédit photo de la une : Jim Ross, montage Numerama






