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La licence Matrix est-elle morte et enterrée ? Sa créatrice répond

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Il y a des cadavres qu’Hollywood ferait mieux de ne pas déterrer. Interrogée début septembre 2026 dans le podcast The Business de KCRW, animé par Kim Masters, Lilly Wachowski a clarifié sa position sur l’avenir de la saga qu’elle a cocréée. Sa réponse claque comme une porte fermée à double tour : « Ils voudront toujours faire autre chose ! Mais personnellement, je n’ai plus envie de jouer dans ce bac à sable. J’en ai fini avec Matrix. »

Une déclaration limpide, sans amertume théâtrale mais empreinte d’une fatigue légitime face à la gourmandise aveugle des studios.

Warner Bros. n’a pourtant pas renoncé à la franchise. Le studio développe un cinquième film, Matrix 5, dont l’écriture et la réalisation ont été confiées à Drew Goddard – scénariste de Projet Dernière Chance et réalisateur de Sale temps à l’hôtel El Royale. Si le cinéaste cherche poliment la bénédiction des créatrices originales avant de lancer la machine, le scepticisme reste total. Lilly Wachowski concède du bout des lèvres qu’elle jettera peut-être un œil distrait au script pour décider d’accorder ou non son aval, mais l’enthousiasme est au niveau zéro.

Warner Bros. a officialisé la mise en chantier de Matrix 5 en avril 2024, en confiant l’écriture et la réalisation à Drew Goddard, Lana Wachowski restant impliquée à la production. C’est la première fois qu’un film de la saga n’est pas réalisé par l’une des deux sœurs Wachowski.

On comprend la retenue des sœurs Wachowski. Après le bide retentissant de Matrix Resurrections en 2021, un film méta déjà conçu par Lana Wachowski comme une critique acerbe de la manie des suites forcées, qui n’avait récolté que 160 millions de dollars dans le monde pour 190 millions de budget, la licence n’a plus rien à raconter. Elle n’est plus qu’une marque coquille vide que l’on agite désespérément devant un public saturé.

Ce que révèle cette nouvelle tentative de relance, c’est l’incapacité chronique des majors à laisser une œuvre s’éteindre dignement. Le premier Matrix était une déflagration culturelle, philosophique et visuelle. Vingt-cinq ans plus tard, la franchise s’est transformée en une métaphore ironique de ce qu’elle dénonçait : un système mécanique, froid et répétitif, qui tourne à vide pour maintenir les spectateurs dans une illusion d’excitation.

À vouloir transformer chaque chef-d’œuvre en univers étendu ad nauseam, Hollywood détruit la valeur patrimoniale de ses propres succès. Si même ses génitrices admettent qu’il est temps de quitter le bac à sable, c’est que la messe est dite depuis longtemps. Il serait peut-être temps d’écouter les créateurs, de respecter le public et de laisser Matrix là où elle aurait dû rester : au panthéon du cinéma, sans suite inutile pour venir en abîmer le souvenir.

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