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Jeff le tueur : après Backrooms, un autre gros mythe d’Internet aura droit à son film

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Il fut un temps où Hollywood cherchait ses frissons dans les vieux romans gothiques ou les légendes urbaines autour d’un feu de camp. Aujourd’hui, l’industrie préfère faire son marché dans les recoins les plus sombres et poisseux d’Internet. Après le ras-de-marée mondial de Backrooms, qui a complètement rebattu les cartes du genre, les producteurs ont trouvé leur nouvelle poule aux œufs d’or : le folklore numérique.

Et quel meilleur symbole que Jeff the Killer pour poursuivre la saignée ? L’increvable légende urbaine du web, née au début des années 2000, va enfin avoir droit à son adaptation au cinéma. Porté par la créatrice de contenu Savannah Moss et la société de production indépendante Tongal, le projet ambitionne de transformer le mème traumatisant de toute une génération de millennials en un véritable cauchemar cinématographique. Décidément, c’est la foire aux creepypasta car on aura aussi le droit à Siren Head.

Pour les rescapés des années 2000 et les habitués des forums d’épouvante, le visage de Jeff the Killer reste gravé au fer rouge. Imaginé à l’origine par un certain « Sesseur », le personnage racontait l’histoire d’un gamin de 13 ans défiguré par des bullies, devenu un tueur en série sadique au visage blanchi, au sourire tailladé au couteau et aux paupières brûlées. Son crédo ? Un laconique et glacial « Go to sleep » (« Va dormir ») glissé à l’oreille de ses victimes avant le massacre.

Pendant deux décennies, ce mème brutal a irrigué l’imaginaire des internautes, générant des montagnes de fan-arts, de fictions amateurs et de vidéos effrayantes. C’est cette nostalgie poisseuse que compte bien exploiter Savannah Moss. La star de TikTok aux 11 millions d’abonnés, connue pour ses sketchs surréalistes aux airs de cauchemars éveillés, s’associe à Tongal (Like Hell I Won’t) pour produire le film.

Loin d’un produit calibré par des exécutifs en costume qui ne comprennent rien à la culture web, l’équipe promet une approche intègre et frontale : « J’ai grandi en lisant l’histoire de Jeff et toutes ces creepypastas. Ce qui m’a toujours fascinée, c’est à quel point le personnage a été façonné par la communauté elle-même. Nous avons l’opportunité unique de prendre cette figure culte pour en faire un pur film d’horreur psychologique et réaliste, sans trahir son essence », explique Savannah Moss.

Si un tel projet voit le jour aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. C’est le résultat direct du séisme causé par The Backrooms. En rapportant près de 400 millions de dollars au box-office mondial, l’adaptation signée A24 du phénomène YouTube de Kane Parsons a prouvé que la terreur née sur un écran d’ordinateur pouvait braquer les salles obscures.

Pour Tongal, ce virage est une véritable claque assénée à la paresse des gros studios hollywoodiens, jugés complètement déconnectés des attentes réelles du public jeune. James DeJulio, PDG de Tongal, ne mâche d’ailleurs pas ses mots en comparant cette révolution au choc produit par Le Projet Blair Witch en 1999 : les recettes traditionnelles ne font plus recette, et c’est désormais du côté des créateurs indépendants et des légendes collaboratives qu’il faut aller chercher l’angoisse.

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