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J’ai testé le vidéoprojecteur Hisense XR10 : un design et une luminosité qui en mettent plein la vue mais des réglages à parfaire

Le vidéoprojecteur Hisense XR10 est le nouveau modèle phare de la gamme lifestyle de la marque, présenté au CES 2026 et disponible depuis l’été. À la différence du PX3-Pro ou du PX4-Pro, deux modèles à ultra courte focale, le XR10 est un projecteur à focale classique très souple, avec un rapport de projection de 0,84 à 2:1 et un zoom optique motorisé qui permettent de remplir un écran de 65 à 300 pouces selon la pièce.

Il repose sur une puce DLP de 0,47 pouce en Full HD native, associée à la technologie XPR de Texas Instruments pour simuler une image Ultra HD, et sur une source triple laser RGB annoncée à 6 000 lumens ANSI (7 500 lumens ISO).

Autre particularité, il embarque un système de refroidissement liquide en circuit fermé, censé garder le fonctionnement discret malgré cette puissance.

Le XR10 lit les formats HDR10, HLG, HDR10+, Dolby Vision et IMAX Enhanced. Il propose un iris à plusieurs niveaux pour améliorer le contraste, un objectif tout verre de 17 éléments, un ensemble de caméras et de capteurs pour une installation automatisée et une partie audio 2.1 réglée par le Français Devialet. Comme tous les téléviseurs et projecteurs de la marque, il est animé par le système Vidaa, avec les principales applications de streaming. Livré dans une valise à roulettes, il peut se déplacer d’une pièce à l’autre ou rester installé à demeure.

Face aux projecteurs lifestyle, le XR10 joue dans une catégorie supérieure à celle des Hisense C3 Ultra ou du Xgimi Titan, avec lesquels il partage le goût du design et de la simplicité. Mais avec un prix officiel de 5 999 euros, il chasse aussi sur les terres de vrais projecteurs de salon comme le Sony VPL-XW5000ES voire le Bravia Projector 7 ou le BenQ W4200. J’ai pu l’essayer pendant un moment et voici mes impressions.

Le vidéoprojecteur Hisense XR10 testé nous a été prêté par la marque. Il a été testé en association avec un écran Lumene Movie Palace UHD 4K/8K Platinum 300C. Les mesures ont été réalisées avec du matériel professionnel adapté et en face de l’écran afin de limiter les erreurs et de proposer des valeurs en accord avec ce que le spectateur peut réellement voir. Ce protocole est identique pour tous les tests de vidéoprojecteurs afin de pouvoir les comparer.

Alors que certains modèles de vidéoprojecteurs sont déclinés en noir ou en blanc, Hisense prend ici le contre-pied avec une robe bronze métallisé très originale pour un modèle de cette catégorie. Le XR10 adopte une forme plus ou moins cubique, comme beaucoup de projecteurs lifestyle, mais en plus grand et surtout en bien plus lourd : il mesure environ 29 cm de large pour 27 cm de profondeur et 21 cm de hauteur, et pèse 10,6 kg.

Pour faire passer la pilule, la marque livre le tout dans une valise en cuir sur mesure, dotée de roulettes et d’une poignée télescopique, comme si l’on partait en vacances avec son home cinéma.

La façade accueille d’un côté un grand objectif entouré d’un cadre métallique bronze, de l’autre deux bandes verticales abritant les capteurs et les caméras de l’installation automatique. Contrairement à certains rivaux, il n’y a pas de volet qui protège la lentille de la poussière, ce qui oblige à ranger le projecteur dans sa housse ou sa valise. Le dessus, le côté gauche et le côté droit reprennent la même finition métallique, avec un détail amusant : une partie du flanc gauche est transparente et laisse entrevoir l’intérieur de l’appareil et l’architecture laser. Cette fantaisie est plutôt réussie et donne à l’ensemble un petit air cyberpunk, sans tomber dans le mauvais goût.

Sur le dessus, on trouve une grosse molette en métal, très agréable à manipuler. Elle sert à gérer le volume, à allumer ou éteindre l’appareil mais également à sélectionner la source. Il y a aussi un capteur de luminosité ambiante qui permet d’adapter automatiquement l’image à la pièce.

Les grilles des haut-parleurs sont intégrées aux flancs, et le XR10 peut aussi servir d’enceinte sans fil lorsque l’on ne projette rien. L’appareil repose sur des pieds qui assurent une bonne stabilité. Ils sont réglables en hauteur avec un débattement de 1,5 cm environ. Malgré son gabarit, l’alimentation n’est pas intégrée. Il est donc accompagné d’un gros bloc pas évident à cacher.

Le mélange de matières et de finitions aurait pu virer au fouillis, mais l’ensemble est finalement très cohérent. Le modèle prêté par la marque pour réaliser ce test proposait des finitions absolument parfaites et un assemblage exemplaire. On regrettera simplement que le poids rende les déplacements moins aisés que sur un modèle plus modeste, même si la valise fait bien son travail.

Le XR10 propose une palette de connectiques particulièrement complète pour un modèle de salon, avec trois entrées HDMI plutôt que les deux habituelles. Deux d’entre elles sont au standard HDMI 2.1, dont une compatible eARC pour renvoyer le son vers une barre de son ou un amplificateur, tandis que la troisième reste au standard HDMI 2.0 et se limite à de l’Ultra HD à 60 Hz. Elle suffit pour un lecteur Blu-ray ou un boîtier de streaming. Pour une console, mieux vaut un port HDMI 2.1, le seul qui accepte le 1440p à 120 Hz (la 4K reste limitée à 60 Hz sur toutes les entrées, voir plus bas). Les deux ports HDMI 2.1 acceptent la fonction ALLM qui bascule automatiquement en mode jeu.

Bien entendu, il s’agit d’un modèle connecté et le XR10 embarque une connectivité Wi-Fi 7 ainsi que du Bluetooth 5.4, ce dernier servant à connecter un casque ou à utiliser le projecteur comme enceinte sans fil. Il est compatible avec le standard AirPlay 2 pour lui envoyer des contenus audio et vidéo depuis un iPhone, un iPad ou un Mac, et le partage d’écran sans fil est également prévu.

La télécommande livrée avec le XR10 est une bonne surprise, même si elle est un peu en retrait par rapport à la finition de l’appareil. Réalisée en plastique, elle paraît légère et moins premium que le projecteur lui-même, mais sa prise en main est agréable avec ses bords arrondis et l’organisation des touches est claire. Elle propose des touches d’accès direct à plusieurs plateformes de streaming (Netflix, YouTube, Prime Video et Disney+), ainsi que des boutons pour la sélection des entrées, le réglage de la luminosité du laser et la mise au point.

J’ai beaucoup apprécié le fait qu’elle soit rétroéclairée, ce qui n’est pas le cas de (trop) nombreux vidéoprojecteurs : dans une salle plongée dans le noir, on retrouve immédiatement la touche voulue.

Un microphone est intégré et permet de dicter des commandes vocales avec l’assistant de Vidaa, une fonction pratique pour lancer une recherche sans avoir à saisir un titre lettre par lettre. Les touches d’accès rapide aux réglages d’image et de son évitent d’avoir à parcourir plusieurs menus pour changer de mode.

Le vidéoprojecteur Hisense XR10 est livré sans écran. Cela laisse le choix, mais si le budget est limité, on peut aussi être tenté de l’installer sans écran (en se servant d’un mur comme surface de projection) et donc perdre le bénéfice (relativement important) d’avoir une surface optimisée pour la projection. Comptez entre 500 et 2 700 euros environ pour des écrans de différentes tailles dont la surface profite d’un traitement spécifique.

Contrairement aux modèles à ultra courte focale qui ont vocation à s’installer à quelques centimètres du mur ou de l’écran, le XR10 se place à bonne distance, ce qui offre une grande liberté : sur une table basse, sur une étagère ou au plafond. Pour obtenir une image de 100 pouces en diagonale, il suffit de le positionner à environ 1,90 m de la surface de projection, et le zoom optique motorisé, très étendu (x2,38), permet d’ajuster très précisément la taille de l’image sans bouger l’appareil.

Si vous l’installez à 1,5 m de distance, vous obtenez, zoom en position grand-angle, une image d’environ 2 m (80 pouces) de diagonale. La mise au point et le décalage de l’objectif sont également motorisés, avec une plage de décalage vertical et horizontal très généreuse qui évite de recourir à la correction du trapèze, laquelle dégrade toujours un peu la qualité d’image.

Pour ceux qui veulent aller vite, l’installation automatique s’appuie sur quatre caméras de 8 mégapixels et sur deux capteurs de temps de vol. Le projecteur ajuste seul la taille de l’image, la correction du trapèze et la netteté, tient compte des obstacles éventuels et fonctionne même lorsqu’il est placé de biais par rapport à l’écran.

On le sort de sa valise, on le pose à peu près au bon endroit, on le dirige vers l’écran et il s’occupe du reste. Les résultats sont très satisfaisants, plus convaincants que sur la majorité des projecteurs lifestyle, et la netteté est homogène sur l’ensemble de la surface. Pour une installation permanente, on peut aussi passer par les réglages manuels et soigner chaque paramètre. C’est l’un des gros atouts de ce modèle, qui s’adapte à presque toutes les pièces.

Le XR10 utilise une puce DMD de 0,47 pouce développée par Texas Instruments, avec une matrice native Full HD, associée à une source triple laser RGB (rouge, vert et bleu). Comme tous les vidéoprojecteurs DLP équipés de cette puce de 0,47 pouce, il simule une définition Ultra HD grâce à la technologie XPR, qui consiste à projeter plusieurs images Full HD légèrement décalées à très haute fréquence. L’illusion est excellente et il faut être un expert pour percevoir la différence avec une image nativement Ultra HD : le piqué est naturel, dense et riche en textures.

Le grand objectif tout verre y est pour beaucoup, avec une netteté homogène jusque dans les angles.

Plusieurs modes d’image sont disponibles, pour le SDR comme pour les différents formats HDR : Dynamique, Standard, Filmmaker, Cinéma Jour, Cinéma Nuit, Sport ou encore IMAX Enhanced. En Dolby Vision, on peut choisir entre les modes Lumineux et Sombre, et le HDR10+ dispose de son propre trio de modes.

Il y a de quoi faire et chacun peut trouver celui qui convient à sa pièce. Les modes sont accessibles depuis la télécommande, ce qui évite de passer par les menus.

J’ai diffusé mes séquences de test, des contenus de plateformes de streaming et des disques Blu-ray. Avec les modes les plus dynamiques, les images HDR sont éclatantes et conservent leur impact même avec un peu de lumière ambiante. Les couleurs sont vives, riches et nuancées, mais restent crédibles, sans cet aspect de dessin animé que l’on rencontre sur certains projecteurs concurrents. Le mode Filmmaker est celui que je recommande pour les films : l’image est plus sage, plus proche de ce qu’a souhaité le réalisateur, avec des noirs parfois un peu gris au départ qu’un passage de l’iris en réglage manuel sur un niveau faible permet de corriger.

Les scènes sombres sont particulièrement bien gérées. Les zones de nuit gardent leurs détails sans écrasement et les scènes mêlant parties sombres et très lumineuses profitent d’une belle profondeur. En Dolby Vision, il vaut mieux privilégier le mode Sombre, car le mode Lumineux par défaut sature trop certaines teintes, avec des verts dominants et des peaux trop rouges. Ce dernier est surtout conçu pour les pièces éclairées, qui ne constituent pas les conditions idéales pour un vidéoprojecteur.

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