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On pourrait presque passer à côté sans rien remarquer. De l’extérieur, l’Audi Q4 e-tron restylé ressemble énormément à celui lancé en 2021. Quelques retouches de style et de nouvelles signatures lumineuses que seuls des yeux experts remarqueront, et le tour semble joué. Mais en réalité, c’est un peu plus profond que ça.
Car si Audi n’a pas vraiment cherché à redessiner son SUV électrique, la marque a préféré s’attaquer à ce qui commençait à vieillir plus vite que le reste : l’habitacle, le système multimédia, les technologies embarquées et même la gestion de l’énergie. Un choix logique pour un modèle qui reste l’un de ses plus gros succès électriques.
Après deux jours d’essai en Normandie, au volant des trois principales motorisations, nous avons voulu vérifier si cette profonde mise à jour suffisait à remettre le Q4 e-tron dans la course.
Contrairement au Q6 e-tron ou à l’A6 e-tron, Audi ne cherche pas à réinventer le style de son SUV compact. Le Q4 e-tron conserve les proportions et la ligne qui ont largement fait son succès depuis son lancement en 2021.
Sans même chercher à reprendre les codes stylistiques les plus récents de la marque, ce restylage se concentre sur une série de retouches assez discrètes : une face avant légèrement redessinée, une calandre Singleframe désormais assortie à la carrosserie (mais toujours très plastique), des boucliers ajourés ou encore les éléments précédemment noir mat qui passent en noir laqué.
Pas de quoi révolutionner le modèle, pas plus que les quelques optimisations aérodynamiques qui permettent de réduire légèrement le coefficient de traînée de 0,1 (Cx de 0,27 sur le SUV et 0,26 sur le Sportback).
Et puis il y a l’éclairage, qui constitue sans doute la nouveauté la plus visible. Les phares Matrix LED et les nouveaux feux OLED de deuxième génération peuvent désormais afficher jusqu’à quatre signatures lumineuses différentes, sélectionnables directement depuis le système multimédia.
Une fonctionnalité qui n’est pas nouvelle chez Audi, un peu gadget, mais qui a le mérite de changer le regard de la voiture. À noter qu’à l’arrière, la signature lumineuse peut même être animée pendant la conduite. Trois nouvelles teintes de carrosserie font aussi leur apparition au catalogue, dont le très réussi et discret Vert Sauge.
On rentre dans cette version restylée du Q4 e-tron, et c’est bien là que ça change le plus. Particulièrement alambiqué visuellement lors de sa sortie en 2022, avec une planche de bord chargée, anguleuse, une console centrale « flottante », des écrans séparés, sans grande cohérence si ce n’est peut-être dans la complexité visuelle, le modèle évolue vers plus de simplicité, de fluidité. Et ça fait du bien.
La planche de bord est entièrement repensée, avec une nouvelle console centrale, des matériaux plus valorisants, davantage de surfaces moussées et un traitement plus premium. Exit le noir laqué, on revient à des matériaux davantage adaptés au quotidien. Mais pas moins valorisants.
Et puis la marque aux Anneaux de se féliciter d’avoir écouté les retours clients et d’avoir ajouté une double zone de recharge à induction (et ventilée) pour poser son smartphone. Disons simplement que les propriétaires de Tesla Model Y (pour ne citer que lui) ne seront pas dépaysés sur ce point.
Si esthétiquement tout semble plus cohérent, niveau espace disponible, le Q4 e-tron ne change rien. Et tant mieux, car sa plateforme électrique lui permet toujours d’afficher une habitabilité de premier ordre.
Malgré ses 4,60 mètres de long, il offre un bel espace arrière, digne d’un segment supérieur (et Audi d’ajouter « digne d’un Q7 » !), avec de l’espace aux genoux, notamment grâce à une banquette bien creusée et un généreux empattement de 2,76 mètres.
Le SUV offre un plancher parfaitement plat, environ 24 litres de rangements répartis dans l’habitacle et jusqu’à 515 litres de coffre sur la version SUV. Et même plus en Sportback, à 527 litres.
Mais attention, le double fond de coffre est en option à minimum 6 450 € car le Pack rangement (avec la prise 230V dans le coffre) n’est dispo que dans le pack option Business Executive (avec caméra de recul, régulateur de vitesse adaptatif, clé digitale…). De quoi faire substantiellement grimper la facture !
Quid de l’infodivertissement ? C’est là aussi probablement l’une des parties les plus importantes de cette mise à jour du Q4 e-tron. Audi a fait descendre le cockpit numérique d’un Q6 e-tron sur le petit frère.
Derrière le volant, on trouve désormais un écran panoramique réunissant une instrumentation numérique de 11,9 pouces et, au centre, un écran tactile MMI de 12,8 pouces. Le tout sous une même dalle OLED incurvée, aux contours arrondis. Belle évolution par rapport au Q4 pré-restylage.
Mais il faut bien avouer aussi qu’esthétiquement, l’instrumentation « Digital Cockpit » paraît un peu perdue, sans remplir l’espace, au milieu d’une dalle qui laisse beaucoup d’espaces noirs sur les contours. Ce qui se comprend pour ne pas que la jante de volant vienne cacher des infos. Mais la dalle fait surdimensionnée.
Dans le détail, les graphismes gagnent en modernité et l’ensemble paraît bien plus cohérent que sur l’ancien modèle. Plus simple. Et cela s’explique par la véritable évolution qui se cache sous cette interface : le système fonctionne désormais sous Android Automotive OS, ce qui ouvre l’accès à une boutique d’applications directement intégrée au véhicule, sans dépendre du smartphone du conducteur. Navigation, musique ou autres services peuvent ainsi être installés nativement. Et Audi d’en profiter pour glisser quelques options. Payantes forcément.
Sur le modèle de 340 ch que nous avions entre les mains, en très belle finition S Line, affiché à 66 990 € de base, mais rempli d’options au point d’être finalement facturé 86 390 €, il reste encore des moyens de faire dépenser plus au conducteur.
Comme avec ce Pack Fonctions audio qui permet de « profiter de basses puissantes, dynamique et pures » ou encore « optimiser les pistes audio pendant la lectures ». En gros, juste libérer le son franchement médiocre de la sono Sonos déjà embarquée dans votre voiture. Et ce pour 3,50 € par mois ! Vous avez dit « mesquin » ? Sur un véhicule qui approche les 90 000 €, c’est peut-être même pire que ça.
Et ce n’est pas tout car un Pack Confort est aussi activante via l’écran. Et pour 8 €/mois, à quoi avez-vous le droit ? Et bien tout simplement à des fonctions que la plupart des constructeurs de voitures électriques proposent de série, comme le fait de définir la température intérieure souhaitée avant de commencer un trajet depuis l’application smartphone. Ou encore le chauffage des sièges ou du volant…
Audi inaugure également un nouvel assistant vocal enrichi par ChatGPT. Le constructeur utilise le modèle de langage pour prendre le relais lorsque les commandes vocales classiques atteignent leurs limites. On peut ainsi poser des questions plus naturelles ou demander certaines informations sans passer par des formulations précises. Dans les faits, cela ne nous a pas paru particulièrement convaincant.
Il faut aussi parler de l’écran passager de 12 pouces, disponible en option (800 €), constitue également une nouveauté importante. Grâce à un filtre de confidentialité, son contenu reste invisible pour le conducteur pendant la conduite. Ce dernier peut ainsi continuer à utiliser la navigation principale pendant que son passager consulte d’autres contenus ou prépare un itinéraire.
C’est d’ailleurs sans doute là que ça peut apporter une vraie plus-value : quand sur un long trajet, le passager avant peut régler le planificateur d’itinéraire sans gêner le conducteur.
C’est aussi de là que votre copilote peut télécharger des apps, ou même activer les basses de votre sono pour 3,50 €/mois… Alors qu’Audi fasse payer au prix fort sa présentation intérieur premium, la qualité des matériaux, ça se comprend. Mais ça…
Au menu de cet Audi Q4 e-tron restylé, trois motorisations pour le moment, et deux batteries. Nous avons commencé notre essai par la version « e-tron », comprenez par là petite batterie (63 kWh/59 kWh net), petite puissance (204 ch) et petite autonomie (441 km).






