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Gladiator, Alien… on a classé les 30 films de Ridley Scott du pire au meilleur

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Le problème avec Ridley Scott n’a jamais été la technique, mais la folle inconstance de ses choix de scripts. Esthète hors pair et empereur de la direction artistique, il est capable de sublimer n’importe quelle image, mais sa mise en scène tourne immédiatement à vide dès que le scénario manque d’âme. À l’inverse, lorsque sa vision rencontre un grand texte, le résultat entre directement au panthéon du cinéma mondial. De ses comédies oubliables à ses fresques historiques monumentales, voici le classement réévalué de toute sa filmographie.

Une comédie romantique un peu niaise située dans la campagne provençale où Russell Crowe joue un trader cynique réhabilité par le bon vin. Gorgé de clichés embarrassants sur la France, c’est le point de côté le plus incompréhensible de sa filmographie.

Un thriller romantique ultra-conventionnel opposant un flic de quartier à des assassins pour protéger une riche héritière. L’œuvre ressemble à une commande impersonnelle dénuée de la moindre patte scottienne.

Un drame maritime d’apprentissage où Jeff Bridges encadre de jeunes marins pris dans une tempête. Malgré quelques beaux plans de mer, le récit s’abîme dans de bons sentiments et une narration académique.

Demi Moore se rase le crâne pour affronter la tyrannie du stage d’entraînement des Navy SEALs. Le propos sur l’intégration des femmes dans l’armée est louable, mais le traitement vire au film d’action basique saturé de testostérone.

Une relecture de l’histoire de Moïse portée par Christian Bale qui peine à trouver son équilibre entre réalisme et grand spectacle biblique. Si les plaies d’Égypte en jettent visuellement, le cœur émotionnel du film reste complètement sec. Cela n’en reste pas moins un péplum qui se laisse regarder.

Sur un scénario d’une noirceur folle signé Cormac McCarthy, Scott livre un film bavard, étrange et profondément nihiliste. Malgré un casting cinq étoiles, la descente aux enfers manque singulièrement d’enjeux humains auxquels se raccrocher. C’est dommage.

Célèbre pour l’exploit technique d’avoir effacé et remplacé Kevin Spacey par Christopher Plummer en un temps record avant la sortie, ce film sur le kidnapping de John Paul Getty III reste un thriller correct mais sans grand relief.

Le dernier-né du cinéaste. Ce thriller post-apocalyptique porté par Jacob Elordi s’englue dans les clichés du genre sans jamais réussir à imposer sa propre identité, se faisant lourdement sanctionner par la presse pour son manque d’originalité et son rythme poussif.

Une plongée baroque dans la dark fantasy portée par un très jeune Tom Cruise. Si le film souffre d’un rythme bancal et d’une histoire mièvre, l’imagerie féerique et la prestation dantesque de Tim Curry en démon restent uniques. On commence à clairement monter en grade.

Scott et Russell Crowe tentent de débarrasser le mythe de Sherwood de son folklore pour en faire une fresque politique et guerrière. Si l’ensemble manque un peu de folie, la facture technique et les scènes d’affrontements militaires restent très solides.

Une saga familiale excentrique sur la chute de la célèbre maison de couture italienne. Porté par une Lady Gaga survoltée et un Adam Driver plus sobre, le film oscille habilement entre le drame luxueux et le soap-opera assumé.

Vingt-quatre ans après l’original, Scott retourne dans le Colisée avec Paul Mescal et Denzel Washington. Si le film souffre de la comparaison avec son aîné et réutilise une trame narrative très similaire, il offre son lot de batailles épiques et d’action romaine démesurée. Ça n’en reste pas moins clairement le film de trop, Gladiator aurait dû être unique.

Une fresque historique ambitieuse qui réduit la vie de l’Empereur à ses batailles spectaculaires et sa relation toxique avec Joséphine. Joaquin Phoenix livre une prestation décalée dans une œuvre qui brille surtout par la reconstitution grandiose de ses affrontements militaires. Pour le reste, si vous aimez Napoléon, l’Histoire ou les deux, c’est un mauvais biopic.

Encore plus sombre et nihiliste que son prédécesseur, ce volet transforme la préquelle d’Alien en une fable gothique sur la création. Michael Fassbender s’y dote d’un double rôle glaçant en androïde fou qui vole complètement la vedette aux monstrueux xénomorphes.

Attendu comme le grand retour de Scott à l’univers d’Alien, Prometheus a profondément divisé. Si le film souffre de comportements de personnages parfois absurdes, sa beauté plastique à couper le souffle et ses questionnements philosophiques sur les origines de l’humanité en font un spectacle fascinant.

Suite très attendue du Silence des agneaux, cette deuxième collaboration avec Anthony Hopkins prend le contre-pied complet de l’œuvre de Jonathan Demme. Scott délaisse le thriller psychologique étouffant pour composer une grande fresque baroque, opératique et gore au cœur de Florence. Une suite visuellement somptueuse et totalement assumée dans ses excès grand-guignolesques.

Un thriller d’espionnage incisif et glacé sur les coulisses de la guerre contre le terrorisme au Moyen-Orient. Le duel à distance entre le terrain (Leonardo DiCaprio) et la bureaucratie (Russell Crowe) est mené à un rythme d’une efficacité redoutable.

Une parenthèse intime et méconnue dans la carrière du réalisateur. Nicolas Cage y est excellent en arnaqueur souffrant de troubles obsessionnels compulsifs dont la vie est bouleversée par l’arrivée de sa fille de 14 ans. Un film drôle, touchant et habilement écrit.

Polar noir plongeant deux flics américains au cœur de la Yakuza à Osaka. Scott y applique toute l’esthétique visuelle de Blade Runner à un thriller urbain des années 80, gorgé de fumée, de néons et de motos.

L’un des plus grands succès commerciaux de sa carrière. Scott met de côté sa noirceur habituelle pour réaliser une odyssée spatiale étonnamment optimiste, drôle et portée par l’énergie communicative de Matt Damon en Robinson Crusoé de l’espace.

Premier long-métrage du cinéaste et déjà un coup de maître visuel. Récompensé à Cannes, ce film retrace l’affrontement obsessionnel entre deux officiers napoléoniens (Keith Carradine et Harvey Keitel) sur plusieurs décennies. Chaque plan ressemble à une peinture de maître.

Pourtant tièdement accueilli par la critique américaine à sa sortie, ce drame historique a acquis au fil des ans un statut culte, soutenu par la ferveur du public européen. Porté par le charisme colossal de Gérard Depardieu (bien avant ses nombreuses affaires et ses déboires), une photographie somptueuse sublimant le Nouveau Monde et la bande originale immortelle de Vangelis, le film déploie un souffle épique et romantique indéniable qui le hisse sans conteste parmi les plus grands spectacles visuels de Scott.

Un grand polar classique et tiré à quatre épingles qui oppose le parrain de la drogue Frank Lucas (Denzel Washington) au flic incorruptible Richie Roberts (Russell Crowe). Scott maîtrise parfaitement les codes du film de mafia new-yorkais et livre une fresque fluide, efficace et impeccablement interprétée.

Structure en « Rashōmon » brillante pour ce drame médiéval méconnu du grand public. En racontant le dernier duel judiciaire de l’histoire de France selon trois points de vue différents (Matt Damon, Adam Driver et Jodie Comer), Scott offre une dénonciation féroce du pouvoir masculin et du viol à travers une mise en scène sèche, brutale et brillante.

Massacré lors de sa sortie en salles à cause d’un montage amputé par les studios, ce film sur les Croisades a retrouvé toute sa grandeur dans sa version longue (Director’s Cut). Scott y livre une fresque historique d’une complexité politique et spirituelle fascinante, portée par un Orlando Bloom rattrapé par les événements et des scènes de siège spectaculaires.

En suivant la cavale désespérée de Susan Sarandon et Geena Davis à travers les grands espaces américains, le cinéaste capte avec une justesse inattendue la sororité et la révolte contre la violence patriarcale. Le découpage dynamique, la beauté des paysages sublimés par la photographie et le ton qui oscille constamment entre la comédie lumineuse et la tragédie inéluctable font de ce film un cri de ralliement féministe impérissable.

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