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Anthropic propose au Congrès américain un projet de loi pour bloquer les IA jugées dangereuses

Anthropic aurait soumis à des élus américains un projet de loi permettant de bloquer un modèle d’IA en cas de risque imminent de plus d’un milliard de dollars de dégâts ou de 50 morts ou blessés graves.

Un laboratoire d’IA peut-il écrire la loi qui l’encadre ? Anthropic a présenté à des parlementaires américains un projet de texte qui permettrait de bloquer un modèle jugé dangereux, y compris parmi les plus puissants du marché. Alors que le Congrès peine à s’accorder sur l’encadrement de l’IA, l’entreprise cherche à peser sur le contenu des règles à venir.

Selon Politico, qui cite trois personnes au fait du dossier, des représentants d’Anthropic ont discrètement présenté à des élus du Capitole un projet de loi sur la sécurité et la sûreté des modèles d’IA de pointe. Le texte n’a pas été rendu public.

Le gouvernement ne pourrait bloquer la sortie ou l’utilisation d’un modèle que s’il présente un risque prévisible et imminent de plus d’un milliard de dollars de dommages, ou de mort ou de blessures graves pour plus de 50 personnes.

Ce risque doit en outre découler de l’une de trois causes : la création ou la diffusion d’une arme biologique, un modèle qui échappe au contrôle de son développeur, ou une cyberattaque. Les deux conditions, l’ampleur des dégâts et l’origine du danger, doivent être réunies.

Le texte confie au département du Commerce le pouvoir de demander à un juge de suspendre un modèle une fois le risque établi. Un juge de la cour fédérale du district de Columbia pourrait alors ordonner la suspension. Le projet interdit explicitement à tout autre ministère, agence ou responsable américain d’interrompre le développement, le déploiement ou l’usage interne d’un modèle.

Selon le porte-parole d’Anthropic cité par Reuters, le texte oblige aussi les développeurs à tester leurs modèles de pointe, à rendre leurs conclusions transparentes et à les faire évaluer par des tiers. Ces évaluateurs indépendants seraient enregistrés auprès du département du Commerce et examineraient périodiquement le laboratoire et ses modèles.

Les laboratoires pourraient les rémunérer, à condition que la rétribution ne dépende pas des résultats de l’évaluation. Si un évaluateur conclut à un « risque imminent » relevant des catégories prévues, il devrait le signaler au Commerce dans les 72 heures suivant la fin de son évaluation. Le texte prévoit aussi des cadres de sécurité, des rapports de transparence pour les nouveaux modèles, une protection des lanceurs d’alerte et le signalement des incidents graves.

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Anthropic indique que le projet reprend les propositions de son Advanced AI Framework, publié plus tôt cette année et défendu depuis juin auprès d’élus fédéraux et d’États. Politico y voit un effort notable du laboratoire pour influencer les règles qui encadreront sa technologie.

La Maison-Blanche, de son côté, s’oppose à une régulation obligatoire de l’IA, et Reuters jugeait mi-septembre qu’un texte sur le sujet avait peu de chances de devenir loi.

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