Un chèque massif pour enterrer le procès

Meta a accepté de verser 18 milliards de dollars pour mettre fin aux plaintes de quatre États américains l’accusant d’avoir rendu Facebook et Instagram addictifs pour les mineurs.
Deux semaines après l’ouverture du procès qui l’oppose à quatre États américains, Meta a trouvé un accord avec les plaignants. Le géant des réseaux sociaux paiera 18 milliards de dollars pour régler les plaintes, selon Reuters. Elles accusaient l’entreprise d’avoir développé des fonctions addictives pour les enfants, et de collecter des données personnelles d’utilisateurs mineurs de manière inappropriée.
Meta s’engage à limiter les usages
La société a toujours nié les accusations, en faisant valoir que l’addiction aux réseaux sociaux n’est pas une pathologie psychiatrique reconnue. Malgré tout, Meta a accepté de procéder à des changements sur Facebook et Instagram pour les utilisateurs les plus jeunes sur une période de dix ans. Dans le détail, l’entreprise s’engage sur les points suivants, qualifiés de « standard de l’industrie » :
- une limite d’usage quotidienne de deux heures par défaut pour les adolescents (cumulée entre Instagram et Facebook) ;
- un mode nuit qui bloque les apps entre minuit et 6 h du matin ;
- un mode « école » qui désactive les notifications entre 8 h et 15 h ;
- des rappels après chaque période de 15 minutes d’utilisation continue de Facebook ou d’Instagram ;
- l’affichage d’un fil non algorithmique, que l’ado devra activer ;
- la désactivation de la lecture automatique, là aussi une option ;
- la désactivation des filtres de chirurgie esthétique et de maquillage extrême ;
- la vérification de l’âge, la détection et la suppression des comptes de mineurs trop jeunes ;
- la restriction de contenus adaptés à l’âge ;
- le renforcement du contrôle parental.
L’accord prévoit également la création d’une fondation indépendante de recherche sur les réseaux sociaux, avec laquelle Meta partagera des données d’utilisateurs ayant donné leur consentement. Un auditeur indépendant vérifiera chaque année pendant cinq ans le respect de l’accord par Meta et en rendra compte aux États.
Une somme bien plus faible que prévu
La somme annoncée est très loin des calculs apocalyptiques de Meta : l’entreprise avait en effet affirmé que les 4 États (California, Colorado, Kentucky et New Jersey) cherchaient à obtenir jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités. Ces mêmes États avaient chiffré le montant autour des 200 milliards.
L’accord a été signé par un groupe de 52 procureurs généraux. Tous les États participants recevront 70 % de la somme allouée, soit environ 12,7 milliards. Les 30 % restants (5,3 milliards) ne seront débloqués que si YouTube et TikTok s’engagent à implémenter des fonctions pour restreindre l’usage chez les mineurs : limite quotidienne de deux heures, un « mode nuit » et des mesures pour la vérification de l’âge. Les deux plateformes devront aussi accepter de verser un montant équivalent à 5,3 milliards de dollars, donc en quelque sorte de rembourser Meta des 30 % restants.
Meta en appelle en effet à ses rivaux, qui sont dans le même sac : des milliers de plaintes engorgent le système judiciaire américain non seulement contre Facebook et Instagram, mais aussi contre Snap, YouTube et Alphabet, TikTok et Bytedance. Il leur est reproché d’avoir conçu des plateformes ayant propulsé une crise de santé mentale chez les jeunes.
Meta a ainsi publié une lettre ouverte à YouTube et TikTok pour qu’ils mettent en œuvre des mesures destinées à protéger les enfants.






