C'est le 23 juillet 2026 que Renault a présenté ces résultats. Ivan Segal a écarté toute course aux remises devant la presse. "Nous ne voulons pas nous lancer dans de grands rabais", a expliqué le dirigeant. La raison donnée touche à la revente, "vous payez l'addition en termes de valeur résiduelle quelques mois ou années plus tard". En gros : Renault préfère protéger la valeur de revente de ses voitures.
La valeur résiduelle mesure le prix d'une voiture à la revente après quelques années. Une remise de plusieurs milliers d'euros à l'achat fait chuter ce prix de revente sur tout le parc. Il faut dire que les mensualités de location dépendent directement de cette valeur de revente. Une voiture qui se revend bien coûte moins cher chaque mois en location longue durée. Exemple concret, une compacte reprise à 60 % de son prix après trois ans finance une mensualité plus basse qu'une rivale reprise à 50 %.
Cette stratégie s'appuie sur des chiffres précis. La valeur résiduelle moyenne des Renault atteint 53,4 %, soit cinq points au-dessus des concurrents directs. Sur les cinq grands marchés européens, 60 % des voitures Renault partent chez des clients particuliers. Ce taux dépasse la moyenne du marché de 17,7 points.
À la fin du mois de juin, le carnet de commandes a atteint 2,1 mois de ventes en Europe. Les segments C et D font 37,4 % des ventes en Europe, une part stable qui soutient les prix moyens.
Le refus des remises passe par les loueurs. Renault réduit ses ventes aux loueurs de courte durée, un canal rempli de voitures très remisées. Ces voitures reviennent vite sur le marché de l'occasion et tirent les prix de revente vers le bas. Les Constructeurs chinois s'engouffrent dans ce canal délaissé selon Ivan Segal.
La pression sur les prix ne vient pas que de Chine. L'agence Reuters cite Stellantis parmi les concurrents agressifs depuis peu sur les prix. Au deuxième trimestre, la part de marché du groupe Renault a reculé en France, en Italie et en Espagne.
Les constructeurs chinois avancent au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et en Pologne. La part de marché mondiale du groupe Renault glisse de 2,7 à 2,6 % sur un an. Sur le semestre, Renault a progressé de 2,6 % avec 829 518 véhicules vendus.
"En Europe, nous avons été portés par les ventes de la Scandinavie, du Royaume-Uni et de l'Allemagne", a précisé Ivan Segal. Les utilitaires ajoutent 135 700 ventes, en hausse de 11,7 %, avec une deuxième place en Europe et 14,3 % du marché. Le fourgon Master est premier de son segment sur ce marché.
Le groupe Renault termine le semestre à 1 165 133 véhicules dans le monde, en repli de 0,4 %. Au deuxième trimestre, les ventes ont rebondi de 2,3 % après une baisse de 3,3 % au premier trimestre.
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