© Seedance / Neill Blomkamp – Le film Nightborne de Neill Blomkamp a été généré par intelligence artificielle.
En 2009, le réalisateur Neill Blomkamp marquait les esprits avec l'excellent District 9, qui abordait la question de l'apartheid sud-africain via le genre de la science-fiction.
À des kilomètres de cette proposition inventive, intelligente et éminemment politique, Blomkamp a dévoilé cette semaine un court-métrage entièrement fait par intelligence artificielle, créé grâce au générateur de vidéos Seedance 2.0 de la firme chinoise Bytedance.
Intitulée Nightborne, ce court-métrage de 13 minutes a été partagé par Blomkamp via un post sur son compte personnel X (anciennement Twitter), où il en a profité pour expliquer son intention :
"J'expérimente l'IA depuis quelques années et je souhaite désormais m'attaquer à un long-métrage dans ce format. Réalisé avec de véritables concept artists, il met en scène les visages et les voix de 32 personnes réelles."
NIGHTBORNE is the first full test AI film I have made. It was made using Seedance 2.0.I've been experimenting with AI for a couple of years, and it's now at the point where I want to tackle a full feature in this format. This is a 13-minute test start.It was made with real… pic.twitter.com/mtnGt12qfP
Le film raconte l'histoire d'une pilote américaine qui se retrouve gravement blessée au combat. Si son corps est majoritairement détruit, son cerveau reste intact et elle devient ainsi la parfaite candidate du "Projet Nightborne", qui transforme les soldats en zombies armés et contrôlables à l'envie.
Un pitch digne d'un médiocre direct-to-video, et dont le rendu final n'est pas vraiment mieux, présentant tous les défauts d'une création Seedance : histoire simplissime, plans très courts, aberrations visuelles et des dialogues sans inflexions ou émotions, mixés à la truelle… Bref, un résultat à peine meilleur que de "l'AI slop", la bouillie numérique qui inonde Internet.
Nightborne a utilisé l'apparence et l'identité vocale de 32 véritables acteurs humains.© Neill Blomkamp
Nightborne a utilisé l'apparence et l'identité vocale de 32 véritables acteurs humains.
Neill Blomkamp, qui s'est rendu célèbre avec District 9 donc, mais aussi avec les films Elysium, Chappie ou la récente adaptation de Gran Turismo, se targue en plus d'avoir utilisé l'apparence et les voix de 32 personnes bien humaines. Une humanité qui semble pourtant avoir été dissoute totalement dans le processus.
Le plus frappant est sans doute que Nightborne n'a rien d'exceptionnel à proposer, à part un processus de production "dans l'air du temps". Mais même s'il avait été tourné de manière traditionnelle, le film aurait aussi été jugé sans grand intérêt. Au final, son utilisation de l'intelligence artificielle générative le dessert encore plus.
Au-delà se facture technique relativement "propre", Nightborne est aussi et surtout un mauvais film.© Neill Blomkamp
Au-delà se facture technique relativement "propre", Nightborne est aussi et surtout un mauvais film.
À l'instar de la série YouTube de Darren Aronofsky, Neill Blombkamp est donc le dernier réalisateur à sauter dans le train (sans conducteur ?) de l'intelligence artificielle. Mais comme il l'explique dans son texte, Nightborne lui sert aussi avant tout de carte de visite, et pour montrer ce que peut produire Barley Studios, son nouveau studio d'IA dédié à la création de ses propres films.
Il reste à voir si des spectateurs seraient vraiment prêts à payer pour voir de pareilles productions… À suivre.
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