© Lucille Cottin/Shutterstock – Les hybrides rechargeables polluent plus à cause de leurs conducteurs, qui oublient de les recharger pour rouler en électrique
Souvent présentées comme la solution idéale pour ceux qui trouvent la voiture électrique limitante en matière d’autonomie, les voitures hybrides rechargeables ne sont pas plus écologiques. Bien que cela soit le cas sur le papier, les mauvaises habitudes des conducteurs rendent en effet ces véhicules particulièrement polluants dans la réalité. Une information confirmée par une vaste étude européenne, qui constate d’ailleurs que la pollution de ces modèles augmente année après année.
L’International Council on Clean Transportation (ICCT), ONG déjà à l’origine du fameux Dieselgate, vient d’analyser les données de plus de 900 000 véhicules hybrides rechargeables immatriculés en Europe entre 2021 et 2023. Les résultats montrent que ces modèles ont émis en moyenne 4,6 fois plus de CO2 que les valeurs officielles d’homologation, contre 3,5 fois plus en 2021. Un décalage qui s’aggrave étonnamment au fil du temps, malgré des progrès techniques notables.
Des batteries plus grosses, mais moins branchées Paradoxalement, l’autonomie électrique théorique de ces voitures a augmenté, passant de 58 à 68 km en moyenne. Un gain important qui ne s’est toutefois pas traduit par un changement des habitudes des conducteurs. L’étude démontre notamment que la part des trajets effectués en mode “zéro émission” a reculé, chutant de 26 % pour les modèles de 2021 à seulement 17 % pour ceux de 2023.
Les automobilistes profitent donc de batteries plus imposantes, mais s’abstiennent de les brancher régulièrement pour rouler à l’électrique. Les hybrides rechargeables se transforment dès lors en de lourdes voitures thermiques qui surconsomment du carburant et, de facto, polluent plus que prévu.
C’est pourquoi la Commission européenne a annoncé revoir sa copie en 2027 avec un mode de calcul officiel réajusté pour mieux refléter les conditions réelles d’utilisation. Une révision réglementaire qui devrait logiquement réduire l’attrait de cette motorisation de transition (entre le thermique et le 100 % électrique) pour les constructeurs, qui s’en servaient pour abaisser artificiellement la moyenne des émissions de leur flotte.
Reste maintenant à savoir comment évolueront les consommateurs. Ces derniers se rabattront-ils sur le thermique ou l’hybride classique ? Tenteront-ils quand même l’expérience de l’hybride rechargeable, quitte à trop polluer, ou à enfin adopter les bonnes pratiques ? Feront-ils le grand saut vers les modèles entièrement électriques ?
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