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Actualité : Billets d’avion : avec la "tarification continue", l’IA fait disparaître les bonnes affaires sur vos vols

© AF-Photography – Classe économique, prix sur mesure : les compagnies aériennes déploient des algorithmes capables d'ajuster le tarif de chaque siège à la seconde.

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Air France-KLM, Lufthansa Group et la plupart des low-cost européennes remplacent progressivement leurs anciennes grilles tarifaires par des systèmes de tarification continue pilotés par intelligence artificielle. Le principe : au lieu de puiser dans une vingtaine de paliers de prix figés, l'algorithme calcule un tarif à la volée en intégrant la demande instantanée, le taux de remplissage, les tarifs concurrents, la saisonnalité et les historiques de réservation.

Lufthansa a renouvelé en janvier 2026 son partenariat stratégique avec l'éditeur américain PROS pour déployer la tarification dynamique en temps réel sur ses sept marques, y compris sur les services annexes : bagages, sièges, surclassements. Air France-KLM distribue désormais ses offres NDC à tarification continue via Sabre et Travelport. Le programme Flying Blue fonctionne déjà sur ce modèle : un Amsterdam-Toronto en Business peut coûter 60 000 miles un lundi et bondir à 483 500 miles le week-end suivant.

C'est la recette secrète ultime du point de vue d'une compagnie aérienne. Aujourd'hui, il est plus facile d'augmenter les revenus que de réduire les coûts.

Côté startups, l'israélienne Fetcherr, dont la plateforme sert une dizaine de compagnies mondiales, ajuste les tarifs en continu. "Nos modèles analysent des dizaines, voire des centaines de catégories de variables pour produire un tarif. Seule l'IA rend cela possible aujourd'hui", résume Uri Yerushalmi, cofondateur et directeur IA de Fetcherr, dans les colonnes de Bloomberg.

La frontière entre optimisation tarifaire et pratique abusive se dessine en ce moment même. Le 10 juillet, la DGCCRF a enjoint Volotea de cesser son dispositif de "surcharge carburant équitable", qui permettait d'ajouter jusqu'à 14 euros par passager après l'achat du billet. L'Italie et l'Espagne ont agi dans le même sens. Le continuous pricing, lui, reste légal : le prix est calculé dynamiquement avant la vente, pas après.

Volotea a dû renoncer à son dispositif de majoration tarifaire après achat, interdit par le règlement européen 1008/2008.© Rafal Rutkowski

Volotea a dû renoncer à son dispositif de majoration tarifaire après achat, interdit par le règlement européen 1008/2008.

La nuance est décisive, et les régulateurs européens la surveillent de près : le 15 juin, le Conseil de l'UE et le Parlement ont acté un renforcement des droits des passagers aériens, imposant l'affichage par défaut du tarif incluant le bagage cabine avant toute réservation. Margrethe Vestager, alors qu'elle était encore commissaire à la Concurrence, aurait par ailleurs plaidé pour étendre les exigences de transparence tarifaire du ferroviaire à l'aviation. Le voyageur, lui, a tout intérêt à réserver tôt, en semaine, sur des dates flexibles : ce sont les dernières failles que les algorithmes n'ont pas encore colmatées.

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