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Windows 11 supporte désormais les instructions APX, dont personne ne peut profiter

Il suffira de changer de matériel

Windows 11 supporte désormais les instructions APX, dont personne ne peut profiter

Windows 11 introduit la prise en charge d’instructions matérielles qui promettent une hausse générale des performances. Ces instructions, APX, n’équipent cependant aucun processeur aujourd’hui.

Le 23 octobre, Microsoft a publié la build 29695 dans le canal Expérimental de son programme Windows Insider. Si cette préversion contient bon nombre d’améliorations en lien avec l’accessibilité et le contrôle parental, elle présente une nouveauté nettement plus discrète, presque cachée dans les options pour développeurs : le support des instructions APX.

APX double les registres généraux

Un peu de contexte. En 2024, Intel et AMD ont formé le x86 Ecosystem Advisory Group (x86 EAG), dont l’objectif est faire évoluer le jeu d’instructions x86-64 de manière concertée, afin d’établir une plateforme matérielle cohérente. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’Intel avait abandonné son projet de x86S.

Le 27 août 2025, Robert Hormuth, vice-président d’AMD, publie un message sur LinkedIn pour informer que l’EAG a déjà produit ses premières technologies : le nouveau modèle d’interruption FRED (Flexible Return and Event Delivery), ainsi que les instructions AVX10 et APX.

Si les différentes variantes d’AVX sont orientées vers le calcul vectoriel, l’objectif d’APX est au contraire d’augmenter les performances du code général. APX n’est pas directement issu de l’EAG puisqu’Intel avait présenté ces instructions en juillet 2023. Un processeur compatible APX dispose de 32 registres généraux, contre 16 aujourd’hui.

Selon Intel, un code compilé avec APX permet de réduire les lectures de 10 % en mémoire et les écritures d’au moins 20 %, comparé à un code compilé x86_64 standard. En outre, les instructions entières peuvent désigner un registre de destination distinct via un format à trois opérandes qu’Intel nomme NDD dans sa documentation. Cet ajout permet d’éviter l’écrasement d’une des sources et de réduire les copies de registres.

En outre, le code APX compte environ 10 % d’instructions en moins, la densité du code étant similaire malgré des préfixes plus longs. Notons aussi qu’APX élargit le jeu d’instructions conditionnelles de x86 pour limiter le coût des erreurs dans la prédiction de branchement.

Retour à Windows

C’est le support de ces instructions que Microsoft vient d’ajouter à sa dernière build dans le canal Expérimental. Ce qui veut dire que la firme commence effectivement à compiler le code du système avec APX. On peut activer ce support dans les options pour développeurs, laissant une interrogation en suspens : pourquoi passer par un paramètre si le code est prêt ?

Bien que l’on puisse se réjouir d’un tel support, l’enthousiasme fait face à une barrière matérielle : aucun processeur actuel ne supporte les instructions APX.

Chez Intel, il va falloir attendre en effet la génération Nova Lake, toujours censée arriver fin 2026 (avec le nouveau socket LGA 1954). Tom’s Hardware indiquait cependant en juin dernier que, selon plusieurs sources, un lancement au premier trimestre 2027 était plus probable, via la série Core Ultra 400. Côté AMD, on ignore encore quand arrivera le support d’APX. Peut-on l’espérer pour les processeurs de bureau Zen6 ? Dans l’absolu oui, mais avec de grosses pincettes : AMD respecte habituellement la parité sur les instructions entre ses puces EPYC et Ryzen, et les puces EPYC Zen6 (Venice) ne possèdent pas (a priori) les instructions APX.

En d’autres termes, si les instructions promettent une hausse générale des performances (sans doute très variable selon les scénarios), Microsoft ne fait que préparer le terrain. On peut imaginer que le lancement des processeurs Nova Lake s’accompagnera d’une campagne marketing pour encourager le grand public (ou les entreprises) à se tourner vers de nouveaux achats, en misant sur ces améliorations.

Notez enfin que Microsoft n’est pas le premier acteur à réagir sur les instructions APX. Leur prise en charge initiale a commencé en effet dans le noyau Linux à partir de sa version 6.15.

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