États-Unis et Europe, bientôt même combat ? Le combat, c’est contre la voiture chinoise qui, si elle n’a pas (encore ?) envahi les routes américaines, occupe de plus en plus de place en Europe. Évidemment, certains voient tout ça d’un mauvais œil, entre protection de leur industrie et risque en matière de sécurité (pas au sens où ces voitures seraient dangereuses à conduire, bien au contraire).
Ce mercredi 4 novembre, quatorze eurodéputés ont adressé des questions écrites à la Commission européenne, rapporte Reuters. À leur tête, le socialiste français François Kalfon (S&D) demande si la Commission compte saisir l’ENISA, l’agence européenne de cybersécurité, pour évaluer le niveau de menace. Le cas échéant, BYD serait inscrit sur la liste des fournisseurs à haut risque.
Il s’appuie sur la loi chinoise de 2017 sur le renseignement national, qui oblige les entreprises du pays à coopérer avec l’État. Selon lui, laisser des véhicules connectés issus de pays tiers accéder à des infrastructures européennes sensibles représente un risque « inacceptable » pour la sécurité.
Le même jour, l’élu a aussi écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu, dans un courrier cosigné par huit autres eurodéputés, pour que le gouvernement prenne des mesures contre l’espionnage lié aux véhicules connectés chinois, BYD en tête de liste.
Le dossier repose pour l’instant sur peu d’éléments vérifiables. Dans ses questions à la Commission, François Kalfon évoque des mesures prises par la Pologne, le Royaume-Uni et Israël, sans les détailler. Son courrier à Matignon est à peine plus précis : la Pologne interdit depuis février 2026 les véhicules chinois sur ses sites militaires protégés, le Royaume-Uni restreint l’accès à certains sites depuis avril 2025 et Israël les a bannis de ses bases.
Il cite aussi des soldats norvégiens qui auraient constaté que des véhicules chinois loués pendant un exercice les avaient filmés, ainsi que leurs codes d’accès aux bases, mais sans nommer de marque. Rien n’établit donc, à ce stade, que BYD soit concerné par cet épisode.
Du côté américain, l’armée de l’air a interdit fin octobre tous les véhicules de la marque (voitures particulières, taxis et véhicules de livraison compris) sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, jugeant le risque « inacceptable et impossible à atténuer ». Elle n’a toutefois pas précisé la nature de ses craintes, ce qui laisse la porte ouverte aux interprétations les plus loufoques.
Dans une déclaration à Reuters, le constructeur assure qu’aucune donnée, qu’elle soit traitée dans le cloud ou stockée dans le véhicule, ne peut être consultée à distance depuis la Chine. Selon BYD, les clients restent maîtres de leurs informations, et BYD Europe affirme « ne les transmettre ni à des entités du groupe ni à des tiers en Chine ».
Les eurodéputés veulent savoir si la Commission compte limiter l’accès des véhicules chinois aux infrastructures stratégiques à double usage et exclure BYD de la commande publique. Or la tâche s’annonce délicate.
La proposition de règlement sur les marchés publics, présentée par la Commission le 9 septembre, ouvre la porte à une préférence européenne dans les appels d’offres. Elle doit encore passer par le Parlement et le Conseil, et BYD pourrait malgré tout candidater : la marque a une usine à Szeged, en Hongrie, et prévoit d’autres usines sur le continent.
La Commission a en général six semaines pour répondre aux questions écrites des eurodéputés. Sa réponse est donc attendue vers la mi-décembre.
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Journaliste automobile. Yann est passé par plusieurs rédactions de renom et est l'auteur d'un ouvrage sur certaines des Porsche 911 les plus exclusives. Sur Frandroid, il met son expertise technique et ses milliers de kilomètres d'essais au service de la transition électrique. De l'analyse du marché au test grandeur nature des derniers modèles, il décortique pour vous la mobilité de demain avec la plus grande transparence, sans jamais oublier l'essentiel : le plaisir au volant.
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