Remplaçant la vieillissante Bravia 9, la Bravia 9 II est enfin arrivée. S’appuyant sur la nouvelle technologie RGB LED, censée combiner luminosité, contraste et contrôle colorimétrique, la Bravia 9 II se positionne d’emblée sur le segment haut de gamme, à un prix de plusieurs milliers d’euros. Le RGB LED répond-il à toutes les promesses ? Le prix en vaut-il la chandelle ? Réponse dans ce test complet.
Début 2025, nous avons publié notre premier article sur une nouvelle technologie pour les télévisions : le RGB LED. Pour plusieurs marques, notamment Sony, cette dernière représente la nouvelle étape dans la restitution d’image, car elle combine les atouts des dalles QLED à certains avantages de l’OLED. Ces diodes ne sont plus uniquement blanches ou bleues, mais rouges, bleues et vertes (d’où le terme RGB), ce qui renforce les couleurs affichées et étend les possibilités du téléviseur.
Lire aussi – Test Hisense U7Q Pro : cette télé est faite pour le gaming et ça se voit
En 2026, plusieurs marques ont présenté des téléviseurs utilisant cette technologie : Hisense, dont nous avons essayé la UR9S, TCL, Samsung, LG et bien sûr Sony. La stratégie « RGB LED » de chaque marque est différente. Opportuniste pour certains. Véritable engagement commercial pour d’autres. Sony, fidèle à ses principes, vise vers le haut avec deux télévisions haut de gamme : la Bravia 7 II et la Bravia 9 II. Le second modèle remplace la Bravia 9 de 2024 et devient le nouveau « flagsip » de la marque japonaise. La Bravia 9 II a-t-elle les moyens de cette ambition ? Réponse dans ce test de la version 65 pouces.
La Bravia 9 est disponible en France depuis juin 2026. Vous pouvez la retrouver chez la plupart des enseignes spécialisées, en ligne ou non. La Bravia 9 II se décline en quatre tailles : 65 pouces, 75 pouces, 85 pouces et, nouveauté de 2026, 115 pouces. La Bravia 9 de 2024 ne se déclinait qu’en trois tailles.
Le prix public conseillé du Bravia 9 II en 65 pouces s’élève à 2999 euros. Cela correspond à une augmentation de 200 euros par rapport au Bravia 9. Si la version 75 pouces ne voit pas son tarif augmenté, ce qui est une très bonne nouvelle, ce n’est pas le cas de la version 85 pouces dont le coût augmente de 1000 euros. Même si les tarifs en magasin sont moins élevés, retrouvez ci-dessous la grille tarifaire par taille de la Bravia 9 II :
La Bravia 9 II est une télévision très ambitieuse, destinée à affronter d’autres modèles haut de gamme. Parmi ses concurrents, nous intégrons l’UR9S de Hisense (2199 euros en 65 pouces), la R95H de Samsung (3799 euros en 65 pouces), la MRGB96 de LG (4999 euros en 75 pouces), la MLED981 chez Philips (4499 euros en 85 pouces) et la RM9L de TCL (5499 euros en 85 pouces). Et à taille égale, Sony n’est pas le plus cher.
Vous pouvez également intégrer à cette liste des télévisions haut de gamme dans d’autres technologies (SQD-LED et OLED) : Bravia 8 II, LG OLED evo G6, Samsung S99H, Philips OLED+951 et TCL X11, toutes vendues entre 2000 et 3200 euros en 65 pouces. Ici encore, Sony n’est pas le plus cher. C’est assez rare pour le noter.
Commençons ce test par un petit tour du propriétaire. Notons tout d’abord que nous testons ici la version 65 pouces de la Bravia 9 II. Il n’existe que très peu de différences ergonomiques entre celle-ci et les autres tailles. Nous vous signalerons les exceptions. Tout d’abord, la télévision est très sobre, comme toujours chez Sony. Le cadre rectangulaire est métallique. Il mesure 3 mm d’épaisseur sur toutes les bordures, sauf celle en bas qui mesure 12 mm. Vous y retrouvez le capteur infrarouge et le micro pour les commandes vocales.
Si le cadre est métallique, le dos du téléviseur est en polycarbonate. Vous pouvez y voir de nombreux éléments techniques, dont des haut-parleurs sur lesquels nous reviendrons. Vous pouvez voir que la télévision est légèrement bombée (plus épaisse au centre que sur les côtés). La Bravia 9 II mesure entre 3,2 et 4,5 cm d’épaisseur. Sur les flancs du téléviseur, vous retrouvez deux haut-parleurs. Et sur la gauche de la tranche inférieure du téléviseur, vous avez le bouton de mise en marche, si jamais la télécommande est inaccessible.
Toujours à l’arrière, nous retrouvons une connectique assez classique. La Bravia 9 II est équipée de deux ports USB-A, quatre ports HDMI, un emplacement CI+ pour les abonnés à un bouquet payant, une sortie audio hybride sous la forme d’un port jack 3,5 analogique (qui remplace le port optique), un port Ethernet, trois ports antennes (un pour la TNT et deux pour le satellite). L’ensemble de ces connectiques sont orienté vers le côté du téléviseur. Samsung en positionne certains vers le bas pour gagnant quelques précieux centimètres si les accessoires (décodeur, console, boitier numérique) sont un peu éloignés. Ajoutons à cela la connectivité WiFi, ici en version 6e tri-band.
Trois remarques sur la connectique. D’abord, le câble d’alimentation est fixe. Ensuite, il n’y a que deux ports HDMI 2.1 (dont un supportant l’eARC), sur les quatre. Pour 3000 euros, nous attendons à ce que les quatre ports soient compatibles HDMI 2.1. La plupart des concurrents font mieux. Troisième remarque, le port jack 3,5 mm présent ici ne sert pas à brancher un casque. Le Bluetooth est là pour ça. Cette connectique « hybride » sert à Acoustic Center Sync, qui sert à combiner les haut-parleurs de la Bravia 9 II à un système home cinéma. Mais il y a deux contraintes : le système audio doit être signé Sony et doit être assez récent (après 2021).
Côté support, la Bravia 9 II repose sur un support central (sauf pour le modèle 115 pouces qui conserve les pieds latéraux). Ce support, qui surélève la télévision de 8 cm, est très qualitatif et élégant. La base métallique, assez lourde, est plate, facilitant l’installation d’une barre de son. Elle mesure entre 34,3 cm et 44,3 cm en largeur et entre 34,1 cm et 44,1 cm en profondeur, selon les tailles d’écran.
La partie verticale est composée de deux montants en métal, d’une petite plaque semi-transparente et d’un support en plastique qui conduit les branchements. Grâce à la partie semi-transparente et à la finition brillante des montants, la Bravia 9 II donne l’illusion de n’avoir aucun branchement. C’est très élégant. Deux concessions de ce pied par rapport aux supports latéraux historiques des Bravia : le montage nécessite de fixer le pied avec un tournevis et il n’y a qu’une seule position.
La télévision est livrée avec deux télécommandes. Une première très classique, avec une grosse vingtaine de boutons, dont certains sont programmables, et un fonctionnement sur des piles LR3. Et une seconde moderne avec beaucoup moins de boutons. C’est évidemment elle que vous retrouvez dans les photos ci-contre.
Cette dernière propose des raccourcis vers les services de streaming vidéo les plus courants (ainsi que Bravia Core, positionné tout en haut, à l’écart des autres raccourcis) et les contrôles courants pour Google TV. Compatible Bluetooth, elle est habillée d’une coque en plastique recyclée. Les touches sont rétroéclairées. Elle intègre un micro pour les commandes vocales (même si la télévision aussi profite d’un micro) et un petit haut-parleur. Et elle est rechargeable via un port USB-C. Sony ajoute cette année une touche programmable pour y assigner votre service de streaming préféré.
La Bravia 9 II est une télévision « LCD », mais elle s’appuie sur une technologie de rétroéclairage différent : le fameux RGB-LED, appelé ici « True RGB ». Petit rappel des différences avec le mini LED classique : la lumière émise par les diodes présentes à l’arrière n’est plus blanche ou bleue, mais composée des trois couleurs primaires. Pour une diode blanche auparavant, vous avez aujourd’hui une diode bleue, une diode rouge et une diode verte.
Cette lumière passe ensuite par différents filtres, dont le panneau LCD (dont les « portes » sont ici verticales). L’ensemble est ici recouvert d’un filtre antireflet. La Bravia 9 II est évidemment 4K et son taux de rafraichissement peut monter à 120 Hz. Le rendu de l’image est contrôlé par un processeur XR. Notez que la dalle présente une petite bordure autour de l’affichage. Elle mesure 3 mm, quel que soit le bord.
Prenons la sonde et examinons que ce propose la Bravia 9 II dans la réalité. La colorimétrie de la dalle est très bien maitrisée. Vous avez plusieurs modes, comme toujours. Nous avons effectué nos mesures en mode professionnel, qui présente le blanc le plus pur (6390°). Avec un contenu SDR, la Bravia 9 II propose une colorimétrie très fidèle, atteignant un delta E moyen de 1,8 seulement et une température moyenne à 6574°. D’excellents chiffres qui cachent de petits défauts sur certaines teintes. En outre, les couleurs ne débordent que très finement les unes sur les autres, Sony réussissant à contenir un défaut inhérent au LCD.
Avec du contenu HD, cette maitrise est encore meilleure. Le delta E moyen passe sous la barre des 1,5, toujours en mode professionnel. Et les petits défauts observés précédemment ont disparu. La télévision est compatible HDR10 (mais pas HDR10+), HLG, Dolby Vision 1 et IMAX Enhanced. Sony ne confirme pas si la télévision sera capable de supporter le format Dolby Vision 2 grâce à une mise à jour. Attention cependant aux angles de vision : si vous êtes vraiment sur le côté, les couleurs (et la lumière) vont être altérées, malgré la présence du dalle VA.
Côté luminosité, là encore, c’est presque parfait. Avec un contenu SDR, nous relevons une luminosité maximale de 480 nits en mode professionnel (le moins lumineux ici) et 740 nits en mode standard. Avec du contenu HDR, le téléviseur monte à 1000 nits sur l’ensemble de la dalle et peut atteindre des pics supérieurs à 4000 nits. C’est l’un des téléviseurs les plus lumineux du marché. Sinon le plus lumineux. Une belle performance.
Les teintes de gris sont très bien séparées les unes des autres : le gamma moyen est de 2,2. Selon les modes et en HDR, vous pourriez voir de très légers défauts sur les teintes très claires (à cause de la forte luminosité). Mais c’est très limité. Le taux de contraste de la Bravia 9 II est très bon, même s’il n’est pas infini (contrairement aux dalles OLED) : pratiquement 13000/1 en SDR.
Autre défaut de la technologie LCD que la RGB LED ne peut corriger totalement, la Bravia 9 II est sujette au blooming. Mais le halo lumineux caractéristique est très faible et bien maitrisé. En revanche, les dégradés de couleurs sont homogènes. Et les fuites de lumière sont quasiment inexistantes.
La Bravia 9 II est équipée d’un nouveau filtre antireflet largement meilleur que celui de la Bravia 9 et tout aussi impressionnant que celui de la S92H de Samsung. Permettant à la Bravia 9 II d’être à l’aise quelle que soit la pièce et quel que soit le moment de la journée, il gère très bien les reflets et la luminosité ambiante, sans pour autant rendre les noirs visuellement gris. La réflectance est très faible, donnant une très belle impression de contraste des noirs. Un seul vrai défaut à cette dalle : elle retient excessivement les traces de doigt.
Évoquons enfin le mode jeu, puisque la télévision est certifiée « Parfaite pour la PS5 ». Ce mode s’active quand une console est détectée (Xbox, PS ou Switch). À ne pas confondre avec le mode PC, qui sert davantage à utiliser la télévision comme second écran. Ce mode propose plusieurs options selon le type de jeu (RTS, FPS ou standard), avec un contraste et une luminosité différente à chaque fois. La colorimétrie du mode jeu est assez proche du mode professionnel avec un delta E moyen légèrement au-dessus de 2 en SDR et en dessous de 2 en HDR.
La Bravia 9 II reprend évidemment tous les atouts gaming des télévisions Bravia. ALLM pour réduire la latence. VRR pour adapter le taux de rafraichissement à ce que la console est capable de produire. La TV peut monter jusqu’en 120 Hz, sans surprise. Ce qui est très bien pour une console, mais qui frustrera certainement les joueurs PC. Sur la Bravia 9 II, Sony a amélioré la latence, passant sous la barre des 10 ms en 60 Hz et frôlant la barre des 5 ms en 120 Hz. Le ghosting est parfois perceptible dans certaines conditions. Mais il est extrêmement léger (moins de 20 ms).
Côté audio, la Bravia 9 II profite d’un ensemble qui, théoriquement, est extrêmement qualitatif. Nous retrouvons huit haut-parleurs répartis sur le châssis à l’arrière. Le système est composé de deux caissons de basses (avec des évents), deux haut-parleurs à large bande positionnés à côté des caissons de basse, deux tweeters cachés dans les tranches et deux tweeters à faisceaux pour la voie montante. L’ensemble délivre une puissance de 80 watts. Si cette description correspond aux modèles 65, 75 et 85 pouces, la Bravia 9 II 115 pouces profitent de huit haut-parleurs à large bande, deux caissons de basse et deux tweeters pour un système 8.2.2 qui atteint 85 watts.
L’expérience audio proposée par cette configuration est très convaincante. Il s’agit certainement de l’une des meilleures testées sur Phonandroid. Elle remplace aisément une barre de son dénuée de caisson de basse. Et même avec un système 2.1 avec caisson déporté, vous pourriez ne pas voir de vraies différences. Grâce à ses haut-parleurs répartis à l’arrière, la Bravia 9 II profite d’une scène sonore ample et équilibrée, avec beaucoup de détails sur l’ensemble du spectre sonore. Les aigus sont audibles même au-delà des 15 kHz et les basses peuvent descendre jusqu’à 35 Hz. Les plus pointilleux pourraient regretter une voie montante un peu timide, car elle n’est pas vraiment orientée vers le haut. Mais la spatialisation reste bonne.






