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Test Motorola Razr Fold : l’écran géant dont on rêvait, le prix qu’on redoutait

Après avoir affronté les Galaxy Z Flip, Motorola s’attaque aux Galaxy Z Fold avec le Razr Fold. Alliant le design typique de Motorola à l’un des plus grands écrans dans un smartphone pliant, le Razr Fold ne veut pas réinventer la roue, mais il veut faire bien. Mais cette bonne volonté est-elle suffisante pour justifier un prix qui dépasse largement les 2000 euros ? Réponse dans ce test.

Sur le segment des smartphones pliants, Motorola s’est fait connaitre avec les Razr, une interprétation moderne du téléphone à clapet qui portait ce nom en 2004, le Razr V3. Concurrent direct des Galaxy Z Flip de Samsung, le Razr est devenu une référence des smartphones pliants grâce à son écran géant en façade. Ce qui a d’ailleurs forcé Samsung à intégrer une dalle similaire dans le Galaxy Z Flip 7.

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Sur le segment des Flip, Motorola n’a donc plus rien à prouver. Mais la marque veut cette année s’attaquer à un autre marché : celui des Fold. Ainsi, début 2026, la marque a présenté son nouveau smartphone pliant : le Razr Fold. Un lancement qui pose plusieurs problèmes et interrogations. D’abord, la concurrence est plus forte sur les Fold que les Flip : Samsung, Xiaomi, Huawei, Honor, Oppo, OnePlus ou encore Google. Et Apple devrait débarquer avant la fin de l’année.

Deuxièmement, le Razr Fold est le smartphone le plus cher jamais lancé par Motorola : 2199 euros. Auparavant, son téléphone le plus onéreux était le Razr 60 Ultra, vendu 1300 euros à son lancement. Et contrairement aux Razr, même les Ultra, le Razr Fold n’est pas le moins cher de sa catégorie, bien au contraire : il subit fortement la hausse des prix des composants. Troisièmement, plusieurs mois se sont écoulés entre l’annonce et la commercialisation du Razr Fold. Une lenteur étonnante pour un produit que nous avions pourtant hâte de tester. Alors, déception ou bonne surprise ? Réponse dans ce test.

Le prix public conseillé du Razr Find s’élève à 2199 euros. C’est le smartphone le plus cher de Motorola à date, loin devant le Razr 60 Ultra. Il n’existe qu’une seule configuration avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage. Soit l’une des meilleures configurations dans un smartphone pliant à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Les concurrents du Razr Fold sont le Magic V6 de Honor, vendu 2299 euros, le Mate X7 de Huawei, proposé à 2099 euros, le Pixel 10 Pro Fold de Google, commercialisé à 1899 euros et le Galaxy Z Fold 7 de Samsung, cédé à partir de 2100 euros (mais vendu à plus de 2200 euros avec le même volume de stockage). Notez que les deux derniers modèles de la liste seront logiquement renouvelés dans le courant de l’été. Et qu’Apple arrivera sur ce segment à la rentrée à en croire les rumeurs.

Le Razr Fold est d’ores et déjà disponible à la vente en France. Il se décline en trois coloris : bleu, la couleur de notre version de test, blanc et noir. Cette dernière couleur est exclusive à la version « Coupe du Monde » et elle profite de quelques ajouts esthétiques, matériels et logiciels. Notez que la version « Coupe du Monde » est vendue au même prix que les autres.

Dans la boîte, le smartphone est accompagné d’une coque de protection, d’un câble USB-C vers USB-C, d’un stylet Moto Pen Ultra et d’un étui de transport très sympa pour ce dernier. Et comme tous les Razr, celle du Fold est légèrement parfumée. Vraiment, y a que Moto pour faire ça !

Entrons dans le vif du sujet avec le tour du propriétaire. Le Razr Fold reprend de nombreux éléments ergonomiques des Razr et Edge qui l’ont précédé. Le module photo carré surélevé et déporté sur le côté gauche. L’intégration douce du module dans la coque. La plaque de métal pour protéger cette protubérance des chocs. Les quatre éléments (trois objectifs et le flash) séparés. Nous sommes en terrain connu.

Nous retrouvons également un revêtement en polycarbonate à l’arrière. Ce n’est pas tout à fait le même que celui du Motorola Signature, très proche du tissu, ou des Edge 70 et Edge 70 Fusion. Il s’agit d’un plastique nervuré avec un motif croisé assez élégant qui ne retient pas les traces de doigts, mais qui assure une bonne préhension même quand les mains sont moites ou mouillées.

Le Razr Fold reprend également les contours du Signature : l’aluminium est donc de retour, avec une finition brossée plus élégante qu’une version brillante. Nous retrouvons aussi les boutons du Signature, dont celui dédié par défaut à l’IA. Il est bien sûr personnalisable. Le bouton de mise en marche cache évidemment le lecteur d’empreinte.

Le téléphone est assez fin, même s’il n’atteint pas les records de Honor : 4,7 mm d’épaisseur quand il est ouvert et 10,1 mm d’épaisseur quand il est fermé. Par rapport à son concurrent direct, le Razr Fold est également plus lourd : 243 grammes, contre 219 grammes. Même s’il est étanche, il est moins bien protégé contre la poussière (certification IP48/49).

Il y a deux raisons qui expliquent le poids du Razr Fold. D’abord, son épaisseur, ce qui implique plus d’éléments à l’intérieur. Ensuite sa grandeur : il dépasse largement le Magic V6. Pourquoi est-il plus grand ? Parce que Motorola a intégré deux dalles très grandes. L’écran externe mesure 6,6 pouces et l’écran interne 8,1 pouces. Le Razr Fold rejoint ainsi Oppo et le Find N6 et devient le smartphone avec l’écran interne le plus grand parmi ceux officiellement vendus en France.

La charnière est de bonne qualité. Elle est solide, sans pour autant être trop ferme. Elle permet d’ouvrir partiellement le téléphone, comme les Razr précédents, afin d’utiliser autrement le système d’exploitation et les applications. En mode « tente » pour afficher l’heure et des widgets. En mode « mini laptop » pour séparer les contrôles de certaines applications et rédiger des messages en posant le téléphone sur une table comme un ordinateur portable, l’écran externe servant de base. C’est malin, même si ce n’est pas vraiment nouveau.

Le stylet est très similaire à ce que propose Samsung avec le Galaxy S26 Ultra, par exemple. Il dispose d’un bouton pour ouvrir un menu contextuel. Il gère plusieurs dizaines de niveaux de pression. Il se recharge grâce à un étui de transport. Le stylet est plus grand que celui d’un S26 Ultra. Mais il est évidemment plus petit qu’un Magic Pencil 3 chez Honor par exemple. Une solution ambiguë donc : pas vraiment ergonomique, mais pas intégrée au produit non plus.

Une fois le téléphone allumé, nous tombons sur Android 16 avec la surcouche Moto UI habituelle, à laquelle s’ajoutent quelques spécificités dues au form factor du Razr Fold. Nous avons déjà évoqué la prise en charge de l’écran interne semi-ouvert et du stylet tactile dont l’intégration au système d’exploitation est complète (menu dédié, raccourci avec le bouton, gestes interactifs). Il est amusant de constater que le système étend la prise en charge de l’état semi-ouvert à bien d’autres applications que l’habituelle suite Google.

Pour le reste, Moto UI est similaire à l’interface croisée avec le Signature. Nous retrouvons deux écrans d’accueil (qui n’en devient qu’un quand le téléphone est ouvert), un tiroir des applications activé par défaut, un écran « Discover » et un volet partagé entre les réglages rapides et les notifications. Ce volet est très intéressant quand le téléphone est ouvert, puisqu’il affiche les notifications sur un côté de l’écran et les réglages sur l’autre partie. Quand le Razr Fold est ouvert, les raccourcis permanents en bas de l’écran deviennent une barre d’application similaire à ce que vous retrouvez sur tablette.

Côté logiciel préinstallé, Moto UI n’a pas trop forcé. Outre les apps de Google et de Motorola, nous comptons huit partenaires commerciaux. Facebook, Instagram, LinkedIn, Adobe Scan, Opera, Perplexity, Clip Studio et MyScript Notes. Ces deux derniers sont intéressants pour le Razr Fold : le premier est une application de dessin et le second est outil de prise de note avec outils d’intelligence artificielle. Les deux peuvent être utilisés gratuitement, mais sont alors assez limités.

Côté intelligence artificielle, nous retrouvons Moto AI qui compte Image Studio (création d’images), Playlist Studio (création automatique de playlists thématiques sur Spotify) et les outils de productivité classiques. Moto AI propose un outil pour mémoriser des informations personnelles afin que les recommandations et les informations soient plus « personnalisées ». Une sorte de mémoire qui s’apparente à une « Gem » dans Gemini. Dernière remarque sur Moto UI, Motorola annonce 7 ans de mise à jour pour Android et les patchs de sécurité. C’est très bien.

Restons à l’extérieur du smartphone et observons les deux écrans. Comme nous l’avons signalé, le Razr Fold profite de deux dalles assez grandes. 6,62 pouces à l’extérieur et 8,1 pouces à l’intérieur. Ce sont deux dalles P-OLED LTPO fournies logiquement par LG Display. Les deux écrans profitent d’une compatibilité HDR10+ et Dolby Vision. Voilà pour les caractéristiques communes entre les deux. Pour le reste. Les deux dalles profitent de caractéristiques différentes.

Outre la taille, l’écran interne reste assez classique. Définition 2K pour une résolution de 410 pixels par pouce. Taux de rafraichissement maximal à 120 Hz, avec possibilité de réglage fin en fonction du contenu. Luminosité maximale à 6200 nits en pointe locale avec du contenu HDR et en mode automatique. Nous avons mesuré une luminosité maximale en mode manuel de 490 nits. Côté colorimétrie, cette dalle est bien calibrée : température moyenne à 6394°, delta E moyen à 1,7 et gamma moyen à 2,1 (avec une perte d’homogénéité sur les gris clairs). Il manquerait juste qu’une seule fonction : un filtre antireflet.

L’écran externe est assez proche de la dalle du Signature. Définition Full HD+ et résolution de 412 pixels par pouce. Ratio d’écran 21/9e. Taux de rafraichissement maximal à 165 Hz (ce qui n’est pas très utile). Et luminosité maximale à 6000 nits en pointe locale avec du contenu HDR et en mode automatique. Nous avons mesuré une luminosité maximale en mode manuel de 490 nits également, ce qui est dans la moyenne, mais guère plus. Conclusion : restez sur le mode auto. La colorimétrie de cet écran est également bonne même si elle l’est un peu moins que l’écran interne : température moyenne à 6350°, delta E moyen à 1,9 et gamma moyen à 2,2 (bonne séparation de tous les niveaux de gris).

Sous le capot, nous retrouvons un SoC haut de gamme de Qualcomm. Mais ce n’est pas le meilleur non plus dans le catalogue du fondeur. Il s’agit du Snapdragon 8 Gen 5, accompagné ici de 16 Go de RAM auxquels s’ajoutent 4 Go de RAM virtuelles activés par défaut (que vous pouvez désactiver ou étendre jusqu’à 16 Go). Pas de Snapdragon « Elite » ici, donc, contrairement au Magic V6 chez Honor. Motorola préfère ainsi être raisonnable en optant pour un processeur moins puissant qui n’aura pas besoin d’être bridé. Nous sommes donc à l’opposé du Magic V6.

Ici, ce n’est pas vraiment le cas. Les performances sont à la hauteur du SoC, lequel est loin d’être un empoté. Nous retrouvons d’ailleurs des résultats dans les benchmarks assez proches du Signature et un peu au-dessus du OnePlus 15R, par exemple. En usage standard, le système est fluide. Le multitâche est agréable. Le multimédia est évidemment très appréciable. Le gaming est permis (avec quelques petites concessions, mais rien d’important).

La chaleur émise par le SoC est élevée, mais moins que d'autres téléphones dotés d’un Snapdragon de la série 8. Nous avons mesuré avec notre caméra thermique une température de 53°C environ sur la coque et sur l’écran interne quand le Razr Fold est ouvert. La température n’est pas beaucoup plus élevée quand il est fermé. La stabilité est, sans surprise, plutôt bonne dans ces conditions. Nous avons dépassé les 60% dans tous les stress tests. Et nous avons même dépassé les 80% sur certains d’entre eux.

Pour alimenter cette plate-forme, Motorola opte ici pour une batterie de 6000 mAh. C’est aussi bien que le Find N6. C’est beaucoup mieux que le Galaxy Z Fold 7. Mais c’est moins bien que le Magic V6, qui est en pole position du classement des plus grosses batteries dans un smartphone pliant (6660 mAh). Cependant, il n’arrive ni en première, ni en seconde position de nos tests d’endurance.

PC Mark nous indique en effet une autonomie de 16 heures et 8 minutes en utilisant uniquement l’écran externe et 11 heures et 11 minutes seulement en utilisant uniquement l’écran interne. C’est moins bien que les Mate X7, Magic V6 et autre Find N6. Notre avis pour expliquer cette différence : Motorola n’a pas eu besoin de brider le Snapdragon 8 Gen 5 qui s’exprime ici entièrement. Nous traduisons ces résultats par une autonomie comprise entre 1 jour et demi et 2 jours, selon la proportion d’usage de l’écran interne.

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