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Test du Xiaomi 18 Fold : le rival du Galaxy Z Fold 8 qui devance l’iPhone Duo

Il n’y a pas d’offres pour le moment, découvrez :

Autant le dire d’entrée : ceci n’est pas un test au sens où on l’entend d’habitude sur Frandroid.

Le Xiaomi 18 Fold n’est vendu qu’en Chine, depuis le 10 septembre. Il y démarre à 10 999 yuans, soit environ 1 470 euros à la conversion. Mon exemplaire est donc un modèle d’import, livré avec la ROM chinoise de HyperOS 4, c’est-à-dire la version du système que Xiaomi destine à son marché domestique.

Acheté sur place, il coûte le prix chinois. Par un revendeur spécialisé dans l’import, comptez entre 1 650 et 1 850 euros, ce qui reste très cher pour un produit qui n’a pas été conçu pour le marché français.

Bonne nouvelle, il fonctionne bien chez nous. Les services Google sont pré-embarqués et se configurent sans bidouille. La 5G passe parfaitement sur les réseaux français. On peut configurer le smartphone en langue française. Sur l’essentiel, rien à signaler.

Le reste, ce sont des frictions. Prises une par une, elles ne sont pas forcément embêtantes. Sauf qu’il y en a un paquet :

On s’en sort. Mais je ne peux pas recommander ce produit en l’état. Si vous cherchez un Xiaomi haut de gamme, mieux vaut viser un modèle proposé en version globale, comme le Xiaomi 18 Pro, plus simple à adapter à nos exigences européennes. Prenez donc ce qui suit pour ce que c’est : le retour d’expérience d’un smartphone que très peu de gens achèteront ici, mais qui en dit long sur la direction que prennent les smartphones pliants… et surtout celle de l’iPhone Duo.

L’exemplaire utilisé pour cet article a été acheté par nos soins.

Fermé, le 18 Fold mesure 117,8 × 83,6 mm. L’iPhone Duo : 117,8 x 84,1 mm. Même hauteur, un demi-millimètre d’écart en largeur. Les écrans suivent la même logique, avec 5,38 pouces à l’extérieur et 7,58 pouces à l’intérieur chez Xiaomi, contre 5,4 et 7,6 pouces chez Apple.

Xiaomi a présenté ce quasi-jumeau le 7 septembre, deux jours avant la keynote d’Apple. Apple sait garder un secret tant que tout se passe entre ses murs. Mais il faut bien, à un moment, commander des dalles pliantes, des charnières et des châssis à des fournisseurs, et ces derniers sont moins étanches. Les cotes ont pu circuler assez tôt pour qu’un constructeur aussi rapide que Xiaomi bâtisse sa propre version avant la conférence de rentrée, dont la date est très prévisible. Le 18 Fold semble donc dessiné autour des mêmes cotes que l’iPhone, sans en être une copie parfaite.

Xiaomi parle de format « mid-fold » et revendique des proportions proches de celles d’une feuille A4, soit environ 1,4:1 sur les deux écrans. Quand on passe de l’écran externe à l’écran interne, l’interface garde la même forme, en plus grand.

Je n’ai pas encore eu l’iPhone Duo entre les mains. Mon vrai point de comparaison est le Galaxy Z Fold 8. Les deux appareils sont de la même famille, sans être identiques. Le Samsung est plus haut de 6 mm et un peu plus étroit, avec un écran externe en 10:16 et un écran interne en 4:3. Le Xiaomi est plus trapu. Ses bords sont plus arrondis, sa charnière aussi. Petit détail de style : sur l’écran externe, les coins sont arrondis à droite et carrés du côté de la charnière, comme sur un carnet de notes.

Face à l’iPhone Duo, Xiaomi a mieux fait, au moins sur le papier : 35 grammes de moins, 0,6 mm gagné en épaisseur une fois plié, et une batterie de 6 000 mAh. Pour l’iPhone, dont Apple ne communique pas la capacité, il faut compter sur une capacité de 5 400 mAh, répartis entre les deux moitiés de l’appareil.

Face au Samsung, le rapport s’inverse. Le Z Fold 8 reste plus fin et plus léger de 18 grammes, mais il se contente de 4 800 mAh. Xiaomi a fait un choix clair : accepter un peu d’épaisseur pour loger 25 % de batterie en plus. En main, 219 grammes, c’est le poids d’un grand smartphone classique. On oublie assez vite qu’on tient un pliant.

Avec la pliure et l’épaisseur, la charnière est le troisième sujet délicat des téléphones pliants. Xiaomi utilise ici une nouvelle génération de sa charnière « Dragon Bone », une structure à trois biellettes qui enveloppe l’écran et qui a fait l’objet de 492 modifications selon le constructeur. La dalle interne est protégée par un verre ultrafin à double couche.

La charnière émet quelques légers craquements à l’ouverture.

Sur mon exemplaire, il a surtout fallu un peu de patience. Après quelques jours d’ouvertures et de fermetures, la charnière a pris le pli, au sens propre, et elle est devenue très souple. Impossible en revanche de dire comment elle vieillira : il faudrait des mois pour vous le certifier.

Contrairement à ce que vous pouvez penser, c’est loin d’être le premier smartphone pliant de Xiaomi. La marque a déjà sorti des pliants au format livre classique, comme le Mix Fold 4 présenté en juillet 2024, resté cantonné à la Chine, et elle propose un format flip vendu en France. Xiaomi n’est donc pas un débutant en la matière.

Le vrai bon point, c’est le mode Flex, cette capacité à rester ouvert à mi-course sans se refermer ni s’ouvrir complètement. Samsung l’a abandonné sur le Galaxy Z Fold 8, dont la charnière ne tient plus les positions intermédiaires, alors que le Z Fold 8 Ultra et le Z Flip 8 le conservent. Xiaomi le conserve.

Je m’en sers souvent pour poser le téléphone sur une table et regarder une vidéo sur l’écran externe. On peut aussi le placer en mode tente, en V inversé, mais je trouve cette position posée plus pratique.

Le 18 Fold tient bien en main. À une seule main, le pouce atteint presque toute la surface de l’écran externe, ce qui devient rare sur un smartphone haut de gamme. Les coins asymétriques ne gênent pas du tout, et les bordures d’écran sont très fines.

Au quotidien, je l’ouvre finalement assez peu. J’utilise surtout l’écran externe, et plusieurs utilisateurs de Z Fold 8 m’ont décrit la même habitude. C’est plutôt bon signe : on n’ouvre le téléphone que lorsqu’on a une raison de le faire, pour afficher plusieurs applications ou regarder une vidéo.

Ce format a quand même un défaut, et il concerne le clavier. Sur l’écran externe, il occupe la moitié de la hauteur. Il m’est arrivé plusieurs fois qu’il cache le formulaire que j’étais en train de remplir. Dans certaines applications mal fichues, il faut même le refermer pour vérifier ce qu’on vient de saisir.

Une fois déplié, l’écran de 7,58 pouces se prête à deux usages différents. En paysage, on affiche deux applications côte à côte, on joue, ou on regarde une vidéo qui occupe une grande partie de la dalle.

En portrait, c’est une autre affaire : on a l’impression de tenir un énorme téléphone. La plupart des applications s’y adaptent sans broncher. Les jeux verticaux fonctionnent bien, tout comme les applications faites pour scroller, TikTok et Instagram en tête. Mon usage préféré : lancer une vidéo sur la moitié haute de l’écran et garder le bas pour lire des infos ou répondre à un message.

Le multitâche réserve une bonne surprise. Quand on divise l’écran interne en deux, HyperOS traite chaque moitié comme un écran à part entière. On peut donc balayer vers la gauche ou la droite dans l’une ou l’autre pour changer d’application, sans toucher à la voisine. S’ajoutent les fenêtres flottantes, que l’iPhone Duo ne devrait pas proposer puisqu’Apple se limite pour l’instant à deux applications côte à côte.

Il y a un revers. Chaque moitié de l’écran interne a à peu près les proportions de l’écran externe. Le souci du clavier qui mange la moitié de l’affichage revient donc dès qu’on écrit en écran partagé.

C’est le point qui m’a le plus agacé. Toutes les applications ne savent pas quoi faire de ce grand écran, et certaines ne se comportent pas deux fois de la même façon. L’application du Monde en est un bon exemple. Parfois, elle occupe toute la dalle et la lecture est très agréable. Parfois, elle s’ouvre dans une colonne étroite, entourée d’énormes bandes noires, et elle perd tout son intérêt.

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