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Avec cette imprimante 3D, Bambu Lab joue une nouvelle carte sur le marché des imprimantes ouvertes accessibles. La Bambu Lab A2L se veut être une imprimante 3D accessible capable d’imprimer de grosses pièces, mais aussi de découper ces dernières.
Avant d’entrer dans le détail, voici ce que Bambu Lab annonce et ce que nous avons pu vérifier au banc d’essai :
Le contenu du carton confirme ce que le prix laissait deviner : exit les boîtes d’accessoires rigides des modèles précédents, outils et consommables arrivent en sachets souples.
Surtout, le portique n’est pas monté. Là où une A1 sortait du carton prête à imprimer, l’A2L demande une trentaine de minutes : dresser la colonne, la visser au bâti, router les nappes, fixer le support de bobines, brancher l’AMS Lite. Les instructions sont claires, les outils fournis, et un seul point de vigilance mérite d’être signalé : plusieurs connecteurs se ressemblent, et une nappe engagée à l’envers vous vaudra un démontage.
Une partie de l’assemblage a donc été transférée à l’acheteur. C’est l’un des postes sur lesquels Bambu Lab a rogné pour tenir son tarif, et sans doute le plus honnête : mieux vaut une demi-heure de tournevis qu’un compromis sur la mécanique.
Une fois montée, la machine fait son travail, calibration automatique, mesure de la résonance, réglage du décalage en Z : aucune intervention manuelle, aucune feuille de papier à glisser sous la buse. La première impression part dans la foulée et elle est bonne. Sur ce terrain, l’écosystème Bambu Lab reste sans rival pour qui débute.
Sur le papier, l’A2L occuperait moins de volume qu’une machine à enceinte fermée, mais dans l’espace, c’est l’inverse.
Le plateau va et vient sur toute sa profondeur : dégagez 65 centimètres devant le meuble, sous peine de voir la pièce en cours d’impression percuter un obstacle. Ajoutez l’AMS Lite sur le côté, et prévoyez près de 80 centimètres de large. Mesurez votre espace avant de commander la machine ! Sur nos photos, l’imprimante et son chargeur occupent à eux seuls une table de salon entière et il ne reste pas de quoi poser une pince…
Ce va-et-vient secoue aussi le support : les outils posés à proximité bougent, une bobine finit par tomber, et l’AMS Lite glisse s’il n’est pas calé. Une machine de ce format demande un plan de travail stable et profond, pas une table d’appoint.
Le reste tient ses promesses : le châssis en aluminium ne vibre pas, l’écran tactile reste lisible de loin, et le plateau PEI texturé se retire d’une main. Des aimants de coin haute puissance verrouillent la plaque, un détail qui prend tout son sens sur une grande pièce en PETG dont les angles ont tendance à se relever. La tête d’impression, enfin, se démonte sans outil : un capot amovible donne directement accès au bloc de chauffe.
L’interface embarquée est entièrement traduite en français, claire, et donne accès à l’essentiel depuis l’écran d’accueil : gestion du filament, contrôle manuel des axes, réglages et assistant de détection d’anomalies.
Côté préparation, Bambu Studio reste l’un des slicers les plus aboutis du marché : profils prêts à l’emploi pour chaque filament maison, prévisualisation fidèle, et la possibilité d’importer vos propres profils.
Pendant notre test, une mise à jour a introduit un mode « Fast » qui optimise les transitions de filament en multicouleur. Le gain n’est pas cosmétique : sur une même pièce, le temps d’impression est passé de 3 h 53 à 2 h 40, soit 31 % de moins, et les déchets de purge ont reculé d’un quart. Nous y revenons plus bas, chiffres en main.
Deux réserves, toutefois : primo, la détection d’accumulation de plastique sur la buse ne s’active que pendant les purges de changement de couleur. Une impression monochrome de quinze heures n’est donc surveillée par personne, ce qui est précisément le cas où cette détection serait la plus utile.
Secondo, par carte microSD, la caméra est désactivée, les notifications disparaissent et l’application mobile ne suit plus rien ! À 379 euros hors option, cela peut se comprendre, mais faites l’achat en connaissance de cause.
L’application Bambu Handy reste l’un des atouts les plus sous-estimés de la marque : lancer une impression depuis son canapé, vérifier une première couche, recevoir une alerte, tout fonctionne sans configuration.
Sur l’A2L, la caméra n’est pas intégrée au châssis comme sur les modèles supérieurs : elle est déportée sur le portique. La qualité suffit pour surveiller une impression et lever un doute, pas pour produire un timelapse flatteur.
Commençons par le rituel. Le 3DBenchy sort en 39 minutes en PLA sur profil normal, et le résultat est irréprochable : aucun ringing visible sur les flancs, aucun défaut de surface, une extrusion d’une régularité exemplaire jusqu’aux zones en surplomb de la cheminée. En profil rapide, le même bateau tombe à 23 minutes avec une unique marque visible sur la proue : un défaut cosmétique qu’il faut chercher pour le voir. En TPU 90A, comptez 1 h 13, à condition d’utiliser un filament correctement séché ; le résultat est propre, ce qui n’allait pas de soi sur une machine à entraînement déporté.
Côté précision, l’équerrage des axes X et Y accuse 0,04 degré d’écart. C’est excellent dans l’absolu, et il faut le souligner sur une machine de ce prix. Nuance : cette valeur n’est pas corrigeable manuellement depuis le micrologiciel, ce qui signifie qu’une machine moins bien lotie à la sortie d’usine ne pourra pas être rattrapée par l’utilisateur.
Sur les jeux de pièces mobiles imprimées en un seul bloc, 0,2 mm de tolérance passent sans difficulté sur les géométries simples : charnières, engrenages, boîtiers à glissière se libèrent d’une pression du pouce. Sur des ensembles plus complexes, il nous est arrivé de rester bloqués aussi bien à 0,1 qu’à 0,2 mm, ce qui invite à prévoir large sur les mécanismes ambitieux.
Le plateau, bridé à 80 °C, affiche une homogénéité thermique remarquable : 3 °C d’écart maximum relevés sur toute sa surface. Sur 330 millimètres de côté, c’est une performance, et cela se traduit directement par une adhésion identique au centre et dans les angles.
Ce plafond de 80 °C est un choix assumé, destiné à ne pas surcharger un circuit électrique domestique : la machine grimpe déjà à 900 W pendant la chauffe initiale, avant de redescendre à 120 W en régime établi en PLA, et 140 à 150 W en PETG. Conséquence directe et non négociable : PLA, PETG et TPU sont au programme, l’ABS et l’ASA non.
Le mode multicouleur mérite qu’on s’y arrête, car c’est là que se cache le potentiel surcoût : sur une figurine de panda de 15 grammes, l’AMS Lite a généré 84 grammes de purge en mode standard, et 64 grammes une fois le mode Fast activé. Cinq à six fois le poids de la pièce, jetés à la poubelle.
Mais le chiffre serait trompeur si on s’arrêtait là. Sur une seconde pièce, un écureuil volant articulé : 50 grammes d’objet fini, 44 grammes de purge. Cette fois le gâchis est inférieur au poids de la pièce.
L’explication tient en une phrase : la purge dépend du nombre de changements de couleur, pas du volume imprimé. Chaque transition vide la buse, quelle que soit la taille de l’objet. Une figurine de quelques grammes multipliant les changements paie donc un tribut disproportionné, là où une grande pièce amortit les mêmes purges sur bien plus de matière.
La conséquence pratique est simple, et aucune fiche produit ne vous la donnera : le multicouleur se justifie sur les grandes pièces et ruine les petites. Groupez vos impressions colorées, et méfiez-vous de la figurine de 15 grammes en quatre teintes : elle vous coûtera plus cher en purge qu’en matière utile.
Le mécanisme de changement, justement, mérite un mot. Les quatre filaments restent engagés dans leurs tubes PTFE au plus près de la tête, ce qui rend les transitions sensiblement plus rapides qu’avec un AMS fermé classique. La coupe et la purge, elles, s’effectuent à l’extrême gauche de l’axe X, contre une butée dédiée.






