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Scale AI, spécialiste du travail du clic, visé par plusieurs plaintes RGPD

La société américaine Scale AI est visée par une plainte déposée en France, en Italie, au Pays Bas et en Autriche par des employés soutenus par l'association noyb. Les plaignants estiment que les conditions de travail imposées par la plateforme ne respectent pas le RGPD.

Comment s'attaquer au sujet des conditions de travail des employés à la tache de l'industrie de l'intelligence artificielle? L'association autrichienne noyb fondée par Max Schrems a décidé d'aborder la question au travers du prisme du cadre légal des données personnelles, en accompagnant plusieurs plaignants souhaitant déposer plainte contre Scale AI.

Cette société américaine propose une plateforme, baptisée Outlier AI. Elle met à disposition des travailleurs des micro tâches fréquemment utilisées par les fournisseurs de modèles d'intelligence artificielle pour entraîner et affiner les résultats de leurs outils.

Cela consiste par exemple à noter les réponses fournies par un LLM afin de vérifier sa fiabilité. Ou bien de rédiger des prompts à destination des modèles.

Cette plateforme emploie des travailleurs à travers le monde en les rémunérant à la tâche. Les utilisateurs s'inscrivent sur la plateforme et peuvent ensuite se voir attribuer différents travaux qui sont ensuite rémunérés à la fin du mois. Selon noyb, l'entreprise compterait ainsi plus d'un million de travailleurs enregistrés.

La question des conditions de travail de ces plateformes n'est pas nouvelle. Elle est déjà au centre de plateformes comme Uber ou Deliveroo qui fonctionnent sur des principes similaires.

Mais ces plaintes souhaitent s'attaquer à un autre aspect : celui du respect du RGPD par ces plateformes.

L'association noyb souligne que l'enregistrement des travailleurs sur la plateforme les expose à un suivi très intrusif de leurs activités. Selon l'association, le fait de travailler sur Outlier AI impose aux utilisateurs l'installation d'outils de pistage appartenant à "TikTok, LinkedIn, Facebook, la plateforme d’enquêtes Sprig et la société d’analyse de données Datadog" sur leurs appareils.

En outre, la plateforme impose également à ses utilisateurs le recours à un processus d'authentification biométrique, délégué à la société américaine Persona.

En France, l'utilisation de la biométrie par une entreprise pour authentifier ses employés est un sujet très encadré par les directives de la CNIL. Celle-ci demande notamment de privilégier des approches permettant aux employés de garder le contrôle sur leurs données et de limiter l'utilisation de ces outils aux cas strictement nécessaires.

noyb dénonce ici l'obligation pour les employés de se soumettre à ces contrôles et fournir les éléments nécessaires.

DiPLab, un laboratoire de recherche associé à l'initiative de noyb et spécialisé dans l'étude et l'analyse du travail numérique, a publié de son côté un rapport analysant la collecte de données menée par Scale AI. Dans leur communiqué, les chercheurs invitent les autorités à s'emparer de la question et alertent sur les débats en cours au sein des institutions européennes autour du Digital Omnibus.

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