Une coupure d'électricité de trois jours a mis en évidence des problèmes que je n'aurais jamais pu détecter en consultant la fiche technique de mon système d’alimentation à batterie.
Centrale électrique avec batteries Bluetti, Ph. Adrian Kingsley-Huges/ZDNET.
Je dispose chez moi d’une autonomie de 11 kWh, suffisante pour alimenter un petit foyer pendant plusieurs jours. Elle pèse environ 136 kg. Je l’appelle la « Tour de puissance », un système constitué de la batterie Bluetti Apex 300 et trois batteries d’extension. Et quand une véritable coupure de courant s’est produite, cela n’a pas suffi à m’empêcher de gaspiller de l’électricité, de faire surchauffer une batterie et de perdre le contenu de mon réfrigérateur.
Il s’avère que trois problèmes se sont combinés à mon encontre, sans compter le fait que je n’ai pas encore terminé mon installation.
Les pannes électriques surviennent sans crier gare. Une minute, tout fonctionne, la suivante, plus rien.
Et cela est arrivé souvent, ces temps-ci notamment avec la canicule.
J’ai souvent testé et anticipé ce genre de situation, mais une véritable panne d’électricité a mis en évidence certaines faiblesses dans ma planification.
La première faiblesse a été mise en évidence par le fait que cela s’est produit alors que j’étais absent de chez moi : je n’étais donc pas là pour appuyer sur des boutons et actionner des leviers afin de remettre les choses en marche. Le problème, c’est que la coupure de courant a également coupé Internet. Non, pas mon routeur, car celui-ci était connecté à l’alimentation de secours, mais parce que la coupure a brièvement mis hors service l’infrastructure locale de fibre optique et de téléphonie mobile.
L’infrastructure semble s’être remise en marche rapidement, mais pas avant que mon routeur ne subisse une sorte de « blocage mental » et ne décide qu’il ne voulait plus se connecter au monde extérieur.
Je me suis donc retrouvé dans l’impossibilité de gérer quoi que ce soit à distance sur mon réseau. Cela signifiait que de l’électricité était gaspillée pour faire fonctionner des appareils qui auraient pu être éteints (je n’avais pas besoin de recharger les batteries de mes outils électriques, par exemple) et que d’autres appareils n’étaient pas alimentés (j’avais dépriorisé mon réfrigérateur et mon congélateur, donc dès que le courant a été coupé, le compte à rebours a commencé : quatre heures pour un réfrigérateur non ouvert et 24 à 48 heures pour un congélateur, selon l’USDA).
Il m’a fallu environ huit heures pour que le courant revienne, et à cause de la canicule et du fait que j’ai probablement besoin d’un nouveau réfrigérateur, j’ai fini par jeter une grande partie de son contenu car la température avait dépassé 8 °C.
L'accès à Internet par satellite est bien plus fiable. Adrian Kingsley-Hughes/ZDNET
Sinon, un routeur ou un modem cellulaire plus robuste pourrait être une option. J’envisage également un appareil tel que l’iSocket Plug-n-Go, qui dispose de sa propre carte SIM interne. Cela me permettrait à la fois de surveiller et d’accéder à la prise à distance sans dépendre du Wi-Fi local.
L’application Bluetti dispose bien d’une « alerte météo extrême » qui recharge automatiquement les batteries avant une tempête, afin que l’appareil dispose d’une réserve maximale en cas de coupure de courant, mais rien de tout cela n’était applicable dans cette situation.
On a tendance à penser que les coupures de courant sont un phénomène hivernal.
Elles se produisent aussi en été. Les tempêtes hivernales sont certes à l’origine d’un plus grand nombre de coupures d’électricité, mais une étude évaluée par des pairs a révélé que les coupures les plus longues et les plus dangereuses[aux Etats-Unis] se produisent en réalité en été (et les coupures de courant sont en hausse partout).
Et la température peut dépasser la température de fonctionnement de votre centrale. Si la pire chose que vous puissiez faire à votre centrale est de la recharger lorsque les températures sont inférieures à 0 °C, la chaleur constitue également un problème potentiel.
Les centrales ont une limite de température maximale pour la recharge et la décharge. Ainsi, mon l'usage de mon Apex 300 est plafonné à 40 °C tant en charge qu’en décharge bien que, comme le montre le tableau ci-dessous, il s’agisse en réalité de la valeur la plus prudente. Les concurrents Jackery et EcoFlow sont conçus pour fonctionner à une température supérieure de 5 °C.
Ici, au Royaume-Uni, nous avons déjà connu des températures extérieures proches de cette valeur, mais si vous placez une station d’alimentation en fonctionnement dans une pièce déjà chaude, la température ambiante peut dépasser cette limite, auquel cas la station d’alimentation réduira sa puissance, voire s’éteindra.
Ce n’est qu’au beau milieu de la coupure de courant que je me suis rendu compte que la pièce où se trouvait ma Tour de puissance était devenue trop chaude, ce qui poussait la station d’alimentation à se mettre en mode prudence, à réduire sa puissance et à interrompre la recharge. Je ne me suis pas retrouvé à court d’énergie, mais cela aurait pu poser problème si la coupure de courant et la vague de chaleur avaient duré plus longtemps.
Je dois réfléchir à l’emplacement de ma Tour de puissance.
Si vous recherchez des stations d’alimentation, voici quelques données relatives à la température pour différents modèles disponibles sur le marché :
La Tour de puissance est un équipement impressionnant à plus d’un titre. Mais elle pèse environ 136 kg au total. Même si je m’efforce de prendre un petit-déjeuner copieux tous les jours, ce n’est pas le genre de poids que j’ai envie de trimballer partout. Et cela pose un problème lorsqu’il s’agit d’acheminer l’énergie là où elle est nécessaire.
Les roulettes et la poignée sont une excellente idée ! Adrian Kingsley-Hughes/ZDNET
Les rallonges électriques sont une option, mais les lecteurs réguliers savent que je ne suis pas fan, car elles présentent des inconvénients. Il y a une lacune dans la documentation des fabricants, car je n’ai jamais vu un fabricant publier de consignes explicites sur l’utilisation ou non des rallonges avec ces appareils. Ce n’est pas que les stations d’alimentation présentent en elles-mêmes un risque particulier avec les rallonges : c’est plutôt qu’elles introduisent un point faible dans le circuit électrique.
En résumé : ce ne sont pas des éléments que je souhaite laisser traîner partout en permanence, car ils présentent à la fois des risques de trébuchement, d’incendie et d’électrocution. Je n’hésite pas à utiliser des rallonges de manière temporaire, mais cela implique que je doive être présent pour les brancher là où elles sont nécessaires.
Disposer de la Bluetti Elite 400, une centrale électrique équipée de roulettes et d’une poignée télescopique de type valise, devient alors géniale, mais avec ses 39 kg, elle est elle aussi un sacré poids à transporter dans certains endroits.
Le système solaire « plug-in » pourrait bien être la solution à mon problème de distribution d’électricité. Adrian Kingsley-Hughes/ZDNET






