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Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

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Qualcomm promet le support Linux pour ses puces Snapdragon X2, une préversion disponible

En plus des annonces autour de ses produits, Qualcomm a annoncé des progrès à venir sur la prise en charge de ses puces Snapdragon X2 par Linux. Le constructeur l’assure, le support de Linux fait désormais partie de ses plans, avec des étapes majeures au cours des prochains mois.

Qualcomm l’affirme : les dĂ©veloppeurs rĂ©clamaient depuis longtemps le support de Linux sur les puces Snapdragon, ils ont Ă©tĂ© entendus. Ă€ partir de la sĂ©rie X2, que l’on trouve actuellement dans les ordinateurs Copilot+ (donc avec Windows 11 Arm), Linux fait dĂ©sormais partie des plateformes Ă  prendre en charge, au mĂŞme titre que le système de Microsoft. Le constructeur ajoute que le travail a commencĂ© dès la prĂ©sentation des puces X2 en 2025.

Tout irait très vite, avec une prise en charge de Debian avant la fin de l’annĂ©e, puis une certification Ubuntu tablant sur le premier semestre 2027, en partenariat avec Canonical. En outre, des constructeurs comme HP, ASUS et HUMAIN ont annoncĂ© travailler sur des offres adaptĂ©es. Par exemple, ASUS a indiquĂ© que des versions Ubuntu des Zenbook A14 et A16 seront proposĂ©es. Aucune date n’a Ă©tĂ© annoncĂ©e, mais puisqu’il s’agit d’Ubuntu, il est probable qu’ils soient disponibles durant le premier semestre 2027, en mĂŞme temps que la certification.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Sur le plan technique, il existe dès maintenant une prĂ©version pour dĂ©veloppeurs. L’environnement de rĂ©fĂ©rence et de test associe Debian 13 Ă  un noyau spĂ©cifique. Selon Qualcomm, il est assez fonctionnel pour que des dĂ©veloppeurs contribuent, mais il faut possĂ©der un portable X2 pour y participer.

L’entreprise indique que la prioritĂ© est l’intĂ©gration en amont (upstream) des pilotes nĂ©cessaires aux charges rĂ©elles : le NPU Hexagon via fastRPC pour l’infĂ©rence locale, et le GPU Adreno via les pilotes libres de Mesa, Freedreno, Turnip et Rusticl. « En amont Â» signifie une intĂ©gration dans le noyau Linux lui-mĂŞme, contrairement Ă  l’utilisation d’un noyau spĂ©cifique.

Selon XDA Developers, les Ă©lĂ©ments fournis par Qualcomm ne sont pas encore simples Ă  utiliser, mais sont « un bon dĂ©but Â». Ils permettent le dĂ©marrage de Debian, le chargement du bureau et une utilisation classique. Qualcomm se sert notamment de systemd-boot pour le dĂ©marrage. Tous les fichiers nĂ©cessaires sont disponibles dans le dĂ©pĂ´t GitHub dĂ©diĂ© de Qualcomm.

Selon le calendrier envisagé, les modifications apparaitraient dans le noyau Linux lui-même en novembre.

Tout n’est pas rose pour autant

Il faut préciser plusieurs points importants. D’une part, comme noté par Phoronix (qui a hâte de lancer des benchmarks sur ces futures machines), une bonne part du travail est déjà en place, mais des travaux restent à mener sur la gestion de l’énergie, la gestion thermique et la fiabilité de l’ensemble. L’énergie est un facteur capital pour l’architecture Arm, qui a tendance à briller dans le domaine performances/watt.

D’autre part, même si Debian et Ubuntu sont dans la boucle, aucune annonce n’a été faite côté Red Hat et son écosystème (dont Fedora aussi). En outre, le travail lancé par Qualcomm ne concerne que les puces Snapdragon X2, rien ne sera a priori reversé sur le support de la série X1. Ce n’est pas anodin, car Qualcomm avait aussi annoncé la prise en charge en amont il y a deux ans pour ses puces X1 dans les PC, mais le support reste aujourd’hui bancal. La présence cette fois de plusieurs partenaires pourrait changer la donne.

Enfin, il reste une grande inconnue sur les microgiciels (firmwares). Certes l’inclusion dans le noyau Linux permettra à toutes les distributions de profiter de ce support, et le rôle de Mesa comme pile graphique de référence en sortira renforcé avec les pilotes Freedreno, Turnip et Rusticl. Mais les microgiciels sont indispensables pour que les différentes composantes du noyau (GPU, NPU, DSP audio, modem…) puissent fonctionner correctement.

Ces firmwares sont signés numériquement et sont propriétaires à l’heure actuelle. Or, comme Tom’s Hardware le signalait en 2024, la présence de ces microgiciels est obligatoire pour que l’ensemble fonctionne correctement. Sur le support de la première puce X, l’absence par défaut de ces fichiers avait même conduit à la désactivation dans le noyau Linux de la partie GPU.

Tout dĂ©pend en fait des constructeurs, et non de Qualcomm seul. Toutefois, l’engagement de HP, ASUS et HUMAIN et la certification Ubuntu laissent penser que les modèles concernĂ©s auront leurs micrologiciels publiĂ©s, car une certification n’aurait guère de sens dans le cas contraire.

Pourquoi maintenant ?

Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer le choix de Qualcomm. Le plus évident est de ne pas dépendre que de Windows pour écouler ses machines. L’attraction de Linux s’amplifie continuellement et la communication de Qualcomm vise clairement les développeurs. L’entreprise espère sans doute faire mouche avec des puces réputées pour leurs performances CPU et leur consommation mesurée. Avec en bonus la perspective d’ordinateurs portables capables de tenir au moins une journée de travail.

Qualcomm arriverait également sur le marché plus large des ordinateurs Arm sans Windows, largement dominé par Apple et Google. Selon la gamme de la puce et le niveau d’équipement, on pourrait ainsi voir arriver tantôt des concurrents des MacBook Pro, tantôt des concurrents des Chromebook ou des récents Googlebook.

De plus, les serveurs Arm (Graviton, Ampere, Grace, Cobalt…) sont aujourd’hui courants dans les centres de donnĂ©es. Un X2 sous Debian ou Ubuntu permettrait alors de compiler et de tester nativement du code pour arm64, sans Ă©mulation ni compilation croisĂ©e. L’accès au NPU sous Linux ajouterait une infĂ©rence locale peu gourmande en Ă©nergie. Rappelons quand mĂŞme que Windows 11 permet d’installer WSL (Windows Subsystem for Linux) sur des machines Arm, Ă  condition que la distribution utilisĂ©e soit elle-mĂŞme compilĂ©e pour Arm.

Une bonne partie de l’éventuel succès de cette initiative dépendra cependant de la gestion de l’énergie. Qualcomm, en aplanissant le terrain, pourrait proposer une alternative viable aux MacBook, dont le support par Linux fait l’objet d’un effort communautaire, via surtout le projet Asahi.

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