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Pour aider son fils dyslexique, ce père a créé un jeu gratuit qui apprend à taper au clavier

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Détruire des ennemis en tapant les bonnes lettres : c’est le principe de Fort-Dactylo, un jeu gratuit imaginé par Nicolas Drolo pour apprendre à son fils dyslexique, Charlie, à utiliser un clavier. Ancien développeur et amateur de jeux vidéo, ce père a voulu transformer un apprentissage laborieux en partie d’arcade.

Tout commence avec l’arrivée d’un ordinateur à l’école, censé faciliter le travail de Charlie. « Le premier jour où il l’amène en classe, son institutrice lui fait faire une dictée sur l’ordinateur. Évidemment, c’est le drame : là où il n’était pas bon, il devient mauvais parce qu’il ne sait pas taper sur un clavier », raconte Nicolas Drolo à Numerama.

Suspectant être lui-même dyslexique, ce père cherche alors comment aider son fils à maîtriser cet outil. Mais les exercices qu’il trouve peinent à l’intéresser. « Je fais souvent l’analogie avec le piano ou la guitare : on vous apprend le solfège, mais pas la musique tout de suite ». Il profite donc de ses vacances pour créer un jeu de tir dans lequel chaque lettre ou mot correctement saisi permet de détruire un bloc à l’écran.

Au fil des niveaux, les exercices se compliquent, avec des combos pour augmenter son score et des boss à affronter. Charlie a directement participé à la conception. « On est vraiment co-développeurs », explique son père. C’est notamment l’enfant qui a demandé les boss de fin de niveau et défini le code couleur du clavier visuel : du bleu et de l’orange pour distinguer les touches destinées à chaque main. Ces affrontements permettent aussi de ménager des pauses. « Après chaque boss, le jeu s’arrête pour qu’il puisse respirer », précise Nicolas Drolo.

D’abord parti de son expérience et de ses recherches, le créateur explique avoir reçu des suggestions de parents, d’orthophonistes et d’ergothérapeutes. Selon lui, un dictionnaire de mots complexes pour les enfants dyslexiques a notamment été conçu avec des ergothérapeutes.

Le jeu propose aussi la police OpenDyslexic, permet d’importer ses propres listes de mots pour préparer une dictée et adapte la vitesse des ennemis au rythme de frappe.

Chez Charlie, son père dit avoir constaté une frappe plus rapide et la disparition des allers-retours du regard entre l’écran et le clavier. Il s’en amuse : son fils utilise désormais davantage de doigts que lui pour taper au clavier.

Mais c’est surtout au retour de l’école qu’il mesure le changement : auparavant, les difficultés à trouver les touches revenaient systématiquement dans leurs échanges. « Aujourd’hui, quand il rentre le soir, on n’en parle plus du tout. »

Pour construire Fort-Dactylo, Nicolas Drolo s’est d’abord appuyé sur Gemini, l’IA de Google, puis sur Claude, celle d’Anthropic. « Des modules qui m’auraient pris deux mois à coder tout seul ont été faits en deux ou trois jours », estime-t-il.

Le créateur tient à rendre le jeu accessible sans multiplier les contraintes : aucun compte à créer, aucun mot de passe à retenir et une progression sauvegardée sur l’appareil. « Je ne récolte aucune donnée personnelle », assure-t-il.

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