Après un très bon Find X9 Pro et un excellentissime Find X9 Ultra, Oppo va nous servir un Find X10 Pro Max. Plus poussé encore que sa gamme Pro, il semble se glisser entre deux gammes : les Pro et les Ultra. Quoi de mieux donc que de l’opposer en photo à ses pairs afin de juger de la pertinence de ses trois capteurs de 200 MP chacun, une première dans l’industrie.
Dans un duel à trois, chaque smartphone a été soumis exactement aux mêmes scènes, de jour comme dans la pénombre. En scrutant le rendu visuel de chaque image ainsi que les paramètres de prise de vue (focale utilisée, ouverture, temps de pose et sensibilité ISO), le verdict dessine des écarts très nets entre les trois générations.
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L’objectif principal est celui que l’on dégaine la plupart du temps, c’est le plus polyvalent. Pourtant, sur le terrain, leurs réactions face à la lumière diffèrent radicalement entre le jour et la nuit.
Pour départager nos trois concurrents en pleine journée, je les ai placés devant une scène particulièrement piégeuse : un bouquet de fleurs et des canards en bois posés au bord d’une fenêtre, en plein contre-jour avec un jardin ensoleillé en arrière-plan. C’est l’exercice type qui met à mal la mesure d’exposition et la plage dynamique d’un smartphone.
L’Oppo Find X9 Ultra choisit d’accélérer très fortement sa vitesse d’obturation jusqu’à 1/1017s tout en poussant sa sensibilité à ISO 800. Il cherche à protéger à tout prix les hautes lumières du jardin extérieur. En contrepartie, ce choix assombrit excessivement le premier plan situé à l’intérieur de la pièce qui perd en lisibilité.
L’Oppo Find X9 Pro adopte une approche beaucoup plus mesurée en déclenchant à 1/100s et ISO 320. Le cliché est globalement agréable à l’œil, mais il souffre de deux petits défauts lorsqu’on l’examine de près. D’une part, la balance des blancs dérive légèrement vers les tons chauds. D’autre part, le rendu offre moins de micro-détails lorsque l’on zoome sur les fines tiges séchées de graminées et sur les pétales roses en plastique.
Sur cette scène, l’Oppo Find X10 Pro Max met tout le monde d’accord. Il est le seul du trio à maintenir sa sensibilité au plancher, à ISO 200, avec un temps de déclenchement de 1/67s. À l’écran, la dynamique est nettement supérieure à celle de ses deux prédécesseurs. À travers la vitre, le toboggan vert baigné de soleil dans le jardin est parfaitement exposé et ne brûle pas. Simultanément, à l’intérieur, le veinage du bois des canards pourtant placés à contre-jour reste clair, parfaitement débouché et naturel. Le gain de piqué est tout aussi évident sur les fines tiges et les petites fleurs roses, qui se détachent avec précision sans le moindre halo d’accentuation artificielle. Enfin, sa gestion colorimétrique délivre la balance des blancs la plus neutre des trois sur l’encadrement blanc de la fenêtre.
En basse luminosité, nous changeons de décor pour nous installer devant une table de billard nichée dans mon grenier. Ici, le rapport de force s’inverse au profit du Find X9 Ultra.
Ce dernier shoote plus de trois fois plus vite que le nouveau modèle tout en montant beaucoup moins haut dans les ISO. Le résultat visuel est impeccable : le grain du tapis vert est très propre, les ombres portées sous les billes sont denses et le bruit numérique est quasi absent.
En face, l’Oppo Find X10 Pro Max et l’Oppo Find X9 Pro doivent fournir beaucoup plus d’efforts pour exposer le grenier. Tous les deux sont contraints de faire grimper les ISO et de ralentir sensiblement leur obturation.
Entre ces deux modèles, le Find X10 Pro Max s’en sort mieux et décroche la deuxième place. Il conserve un plus joli micro-contraste sur le feutre vert bien texturé du billard et affiche une meilleure netteté sur le chiffre de la bille noire que le Find X9 Pro. Cependant, face à la propreté du Find X9 Ultra, le X10 Pro Max laisse poindre un moutonnement et un bruit de luminance plus marqués dans les zones sombres des poutres de la charpente. Surtout, il met du temps à déclencher, ce qui impose de ne pas bouger pour éviter le flou.
Souvent considéré comme le parent pauvre, l’ultra grand-angle réserve ici le plus grand écart de notre comparatif. Logique, le Find X10 Pro Max utilise un 200 MP contre du 50 MP pour les deux autres.
De jour, on se met face à mon vaisselier. Cette scène permet de juger à la fois le recul offert par la focale, la distorsion géométrique sur les lignes droites du meuble et la tenue de la netteté sur les bords du cadre.
Le Find X9 Pro montre immédiatement des signes de faiblesse. Même en intérieur de jour, il s’affole et fait grimper sa sensibilité jusqu’à ISO 5000. Son cadrage en 15 mm est le plus étriqué des trois appareils, et l’image s’effondre dans les coins : la pile d’assiettes située sur le bord gauche a un aspect mou et la théière verte à droite manque de netteté.
Le Find X9 Ultra limite mieux la montée en sensibilité en s’arrêtant. De fait, son image est plus propre et mieux définie.
Mais ça ne suffit pas à égaler le Find X10 Pro Max qui écrase littéralement ses deux prédécesseurs. Il maintient ses ISO au plus bas, à ISO 2500 — soit une sensibilité deux fois inférieure à celle du Find X9 Pro. Sa focale de 13 mm offre un champ nettement plus large tout en redressant très correctement la distorsion. Surtout, le piqué est impeccable du centre jusqu’aux bords de l’image. Les ciselures et rainures de la théière argentée au milieu ainsi que les motifs des saladiers placés tout en bas à gauche sont nettement plus ciselés et tranchants que sur les deux Find X9.
En mode nocturne, on passe dans ma cave éclairée par un simple soupirail.
Le Find X9 Pro est le plus mal en point dans cet espace. Son cliché est très bruitée : les étiquettes des boîtes de conserve posées sur l’étagère centrale sont tout simplement illisibles.
De son côté, le Find X9 Ultra profite de son ouverture à f/2,0 pour plafonner à ISO 8000. Mais cette prudence pour contenir le bruit numérique se retourne contre lui : l’exposition globale est beaucoup trop sombre. Les tomettes au sol ainsi que les solives en bois sont pas mal bouchées.
À l’inverse, le Find X10 Pro Max assume de pousser sa sensibilité à ISO 12800 pour capter un maximum de lumière et déboucher toute la scène. Du coup, on gagne largement en lisibilité sur tous les bords. Au centre, le piqué sur les étiquettes des conserves ainsi que sur le jambon suspendu est nettement supérieur. On relève certes un grain de luminance un peu rugueux dans certaines ombres à cause des ISO, mais c’est de loin le cliché le plus détaillé des trois.
Le mode portrait est un juge de paix impitoyable pour évaluer la précision du détourage, la progressivité du flou d’arrière-plan (bokeh) et surtout le respect des teints de peau.
En plan buste à x1 de jour, le Find X9 Pro est un peu trop lumineux. Il est net bien que le Find X9 Ultra soit le meilleur sur cet exercice. On tire en revanche un peu sur le rouge et le chaud sur ces deux smartphones.
Le Find X10 Pro Max se détache en corrigeant cette dominante trop rougeaude pour offrir une carnation beaucoup plus fidèle. C’est moins attractif, mais bien plus naturel aussi.
En passant au plan serré à x3 on conserve cette philosophie. Le Find X9 Pro a la main trop lourde sur l’accentuation : il durcit les pores de la peau sur le front et sur le nez. Le Find X9 Ultra propose à l’inverse un traitement très doux, mais sa colorimétrie est légèrement chaude. En revanche, c’est lui qui offre la meilleure netteté. Idem pour le détourage et ça se constatent sur les petits poils de l’écharpe qui ne sont pas du tout gommés.
Le Find X10 Pro Max est le moins net, mais c’est aussi lui qui donne le rendu qui colle le plus à la réalité. Le grain de peau reste parfaitement naturel avec une colorimétrie très juste.
Pour le portrait nocturne, je me suis mis en situation de clair-obscur. Dans ces conditions difficiles, les trois smartphones abaissent leur vitesse d’obturation à un temps de pose assez long en main levée. De fait, les photos des X9 Ultra et X10 Pro Max sont un poil floues.
Sur cette scène, l’Oppo Find X9 Ultra se saborde complètement et termine bon dernier. Il a voulu trop éclairer la scène sans la comprendre. On a trop de bruit et l’appareil lisse sauvagement l’image. On a de beaux aplats sur la moustache notamment, la luminosité est trop rehaussée et la colorimétrie tire un peu sur le jaune/vert.






