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En 2024, l’arrivée d’Amflow a fait l’effet d’une bombe chez les fabricants historiques de vélos électriques. Adossée à DJI, dont elle utilise les moteurs Avinox, la marque chinoise amorce une seconde phase en 2026. Après le duo 100 % VTTAE PX et PR dévoilé en avril, cette nouvelle génération se voit épaulée d’un TL Carbon polyvalent.
Tout-suspendu et bien équipé, sans oublier ses gènes de VTT, peut-il vraiment cocher toutes les cases ? Son moteur Avinox M2, si bon sur le papier et qui nous avait bluffés lors de notre prise en main à l’Eurobike, est-il à l’aise partout ? Nous avons mené l’Amflow TL Carbon sur tous les terrains, pendant plusieurs semaines. Voici notre verdict.
Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.
Pas de folie côté look pour l’Amflow TL Carbon. Son cadre en carbone profite d’une finition beige mat assez flatteuse, mais il garde des lignes classiques. Cela n’empêche pas la firme de Shenzhen de chouchouter son cycliste, et ce dès la sortie du carton où tout est empaqueté avec soin.
L’assemblage est aussi sans faille, tout comme l’équipement. À un détail près, l’éclairage arrière n’est pas relié à la batterie du vélo : il fonctionne sur sa propre batterie, avec une faible autonomie (3 heures). On attendait mieux sur ce point. Notons l’absence de feu-stop, dommage.
Sur le reste, rien à redire : l’éclairage avant est puissant pour un usage hors route, avec un allumage automatique, des garde-boues enveloppants, quoiqu’un peu courts. On prend un peu d’eau ou de terre, et ça demande plus de nettoyage ! La béquille est de la partie, comme le porte-bagages arrière bien pensé, pour porter ses sacoches en plus d’un panier avec une fixation MIK ou un siège enfant.
Amflow annonce d’ailleurs un poids total autorisé de 200 kg, vélo, cycliste et bagages compris, avec jusqu’à 27 kg sur le porte-bagages arrière et 20 kg sur le porte-bagages avant proposé en option. De quoi envisager sans crainte les trajets chargés du quotidien ou une randonnée avec sacoches.
Si l’on veut chipoter, on aurait aimé avoir un antivol de roue, mais cela reste peu fréquent sur ce type de vélo électrique. Malgré les accessoires inclus, le poids ne s’envole pas : seulement 26,5 kg sur notre balance avec le porte-bidon (inclus !), excellent pour un tout-suspendu.
Pour comparaison, Amflow annonce 22,6 kg pour le TL Carbon en taille M, en précisant que ce chiffre varie selon la configuration (éclairage, pédales, garde-boue, porte-bagages, béquille). Notre pesée, vélo tout équipé, ajoute donc près de 4 kg par rapport à la fiche technique.
Ses origines de VTTAE se voient surtout à son écran. Sa position sur le tube supérieur est typique de la catégorie : c’est bien pour épurer le guidon, moins pour la visibilité loin du champ de vision. Surtout, il est tactile, et demande à être manipulé hors pédalage. Le plus récent écran DP200 aurait peut-être été plus adéquat. Dommage, car l’écran OLED DPC100 de 2 pouces est superbe : très fluide, bien défini, avec le plein de fenêtres à faire défiler pour les informations de conduite.
On peut aussi les personnaliser via l’application, pour n’afficher que ce dont on a besoin, et dans l’ordre voulu. On déverrouille l’Amflow TL Carbon au choix avec un code ou avec son smartphone, et une alarme se déclenche en cas de tentative de vol (assez dissuasive !). Un traceur compatible Apple Find My est également intégré, mais il est réservé aux possesseurs d’un appareil Apple. Une prise USB-C couronne le tout, afin de charger le smartphone si l’on souhaite installer un compteur sur le cintre.
L’application Avinox est du même niveau que l’écran, très fluide et avec une myriade de données. On peut y paramétrer chaque mode de conduite avec une grande finesse, même le temporaire Boost. Encore plus poussé, on consulte les statistiques de trajets (enregistrés automatiquement) avec des distinctions cycliste/moteur/combiné. Le VTTiste appréciera, le geek urbain aussi. Le premier adorera aussi la possibilité d’importer des fichiers GPS ou son compte Komoot pour se lancer sur des itinéraires inédits.
Amflow équipe tous ses vélos de moteurs Avinox, développés par DJI. Le récent Avinox M2 trouve ici sa place dans le pédalier. C’est assez discret visuellement, mais il regorge de ressources. Sur le papier, il affiche 110 Nm de couple et 1 100 W de puissance en pic.
Cela vaut pour le mode maximal Turbo, qui propulse effectivement le TL Carbon à 25 km/h sans aucune peine, et ce même en pente raide. Il est aussi très progressif et naturel au pédalage, donnant une impression de facilité déconcertante, le tout dans un quasi silence (sauf à pleine charge en tout début d’accélération).
Il grimpe partout dans les passages techniques ( merci aussi aux pneus Maxxis), et ne nécessite que rarement l’emploi du mode Boost éphémère, avec 125 Nm de couple pendant 60 secondes. Ce mode Boost donne le petit plus nécessaire sur les rares endroits où il atteint ses limites.
On le prendrait presque pour un véritable VTTAE, mais on sent une légère tendance à décrocher de l’arrière par endroits, venant nous rappeler qu’il reste un VTC très, très polyvalent. Sa position de conduite semi-active reporte en effet une partie du poids sur la selle (télescopique, au passage), tandis que le guidon légèrement courbé n’est pas aussi efficace qu’un cintre droit traditionnel (ni repose-paumes pour être totalement compatible avec un usage urbain).
Sa suspension, de « seulement » 120 mm de débattement à l’avant et 105 mm à l’arrière, ne permet pas tout. La fourche pneumatique et l’amortisseur Fox offrent pourtant de belles capacités hors bitume, avec un excellent confort au quotidien, d’autant que leur réglage permet de tempérer les rebonds généreux.
L’Amflow TL Carbon ne s’arrête pas là, avec un dérailleur électronique. Nouveau, le TRP E.A.S.I. passe ses 10 vitesses (cassette 11-43) via une commande au guidon franchement bluffante de réactivité. La latence est quasi nulle, de quoi suivre la fougue de l’Avinox M2. Le vélo électrique continue en s’immobilisant net via ses freins hydrauliques Tektro, dotés d’étriers 4 pistons et des disques de 180 mm.
Ce dérailleur inaugure aussi la technologie SmoothShift d’Avinox : le moteur détecte le changement de rapport et réduit son couple pendant le passage, pour limiter les contraintes sur la transmission, et l’on peut même changer de vitesse sans continuer à pédaler.
Le TL Carbon veut donner beaucoup sur tous les points, jusqu’à la batterie. On le croit à peine, mais c’est bien la grande Avinox RS800 avec 800 Wh de capacité (22,3 Ah) qui loge dans le tube diagonal. Avec tant d’énergie, Amflow annonce jusqu’à 172 km d’autonomie en mode Eco, un chiffre mesuré sur route plate, avec un cycliste de 80 kg roulant à 21 km/h.
Nous avons testé l’inverse en mode Turbo, sur des parcours urbains, et mixte avec du tout-terrain, dans des conditions estivales (20 °C à 30 °C), avec une charge de 80 kg. Nous enregistrons une autonomie réelle de 85 km par charge en fonction du terrain, 92 km en Auto et plus de 120 km en mode Sport. Le moteur M2 se montre donc aussi performant qu’efficient.
Pour ceux à qui cela ne suffirait pas, Amflow propose une batterie secondaire Avinox de 480 Wh, vendue séparément, qui porte la capacité totale à 1 280 Wh.
La batterie est amovible, certes par le bas du cadre, ce qui n’est pas l’emplacement le plus pratique pour l’extraction. Elle pèse aussi son poids (4,07 kg), et est imposante pour le transport. On apprécie la serrure placée sous le cache-batterie, ainsi qu’un petit support en silicone pour le stockage vertical, mais on aurait aimé en plus une petite poignée.
Le suivi de recharge passe par une jauge à 4 voyants sur la batterie, mais il est préférable de la laisser sur le vélo pour profiter du pourcentage précis avec sa durée de charge restante sur l’écran ainsi que sur l’application. Le chargeur livré est rapide (4 A, 168 W), de quoi reprendre 30 % en 1h30, 50 % en 2h45, 80 % en 4 heures, pour un plein en 5h15.
L’Amflow TL Carbon est le vélo électrique le plus abordable de la marque. Il est disponible depuis cet été 2026, dans le seul coloris beige mat, en deux tailles : S/M (1m55 à 1m75) et L/XL (1m75 à 1m95). Au prix de 3 499 €, il comprend bien les garde-boue, le porte-bagages arrière, la béquille et le porte-bidon. Seul le porte-bagages avant est en option, et il ne figure pas encore sur le site officiel.
Pour situer ce tarif, l’Amflow PR Carbon, un VTTAE qui utilise le même moteur Avinox M2, démarre à 4 499 €, tandis que le PX Carbon, équipé du plus puissant Avinox M2S, est vendu à partir de 6 999 €. Le TL Carbon coûte donc 1 000 € de moins que le VTTAE le plus abordable de la marque.
La firme chinoise vend le TL Carbon sur son site officiel, mais aussi via son réseau de revendeurs agréés, au même prix. On peut ainsi l’essayer avant achat chez l’un des 185 revendeurs partenaires actuels. En cas de commande en ligne, le vélo est livré à domicile, et il faut finir de l’assembler soi-même.






