Au-delà de la 4K, c’est bien le HDR qui a révolutionné la qualité de rendu de nos contenus vidéo (et photos) sur nos téléviseurs, écrans de PC et même smartphones. Mais il reste compliqué de s’y retrouver devant toutes ces normes, mais aussi face à des promesses parfois trompeuses des constructeurs.
Heureusement, il existe une certification qui permet d’identifier instantanément les performances en HDR d’un système d’affichage. À l’instar de l’indice IP pour l’étanchéité des smartphones ou même du Wi-Fi, il existe un organisme indépendant qui mesure le niveau de luminosité et de contraste d’un écran HDR pour lui apposer sa certification. Son nom, vous le connaissez peut-être, c’est VESA DisplayHDR.
VESA (pour Video Electronics Standards Association) délivre plusieurs certifications et labels de performance destinés aux écrans (PC portables, moniteurs, TV) et à la connectique. Vous avez sûrement entendu parler du standard de montage VESA, certifiant qu’un écran peut être vissé à certains bras articulés et supports muraux. Avec sa certification DisplayHDR, VESA nous permet d’y voir plus clair sur les vraies performances visuelles d’un écran.
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Depuis l’arrivée de la technologie HDR sur les écrans de PC et téléviseurs, les fabricants mettent surtout en avant le pic de luminosité de leur dalle avec les mentions « 400 cd/m² », « 400 nits » ou encore « HDR 400 ». Cette valeur indique bien un pic, mais celui-ci est loin de raconter toute l’histoire.
En premier lieu, si un écran supporte bien un signal HDR10 (la norme HDR de base sur PC) mais seulement un pic de 400 cd/m², alors il est très loin de proposer une expérience HDR différenciante face au SDR, qui offre bien souvent la même luminosité.
De plus, elle n’indique bien souvent pas si l’écran est capable d’offrir cette luminosité en plein écran, ou seulement sur de petites zones. C’est notamment le cas sur les écrans Oled, qui peuvent booster la luminosité sur des détails lumineux, mais dont les différents algorithmes se chargent de la baisser lors de scènes très lumineuses pour préserver la dalle.
La norme DisplayHDR teste ainsi de nombreux critères pour apposer son logo : luminosité maximale en plein écran, luminosité sur de petites zones (2% APL), niveaux de noirs, espaces colorimétriques ou encore profondeur des couleurs.
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À la manière du Wi-Fi, la mention DisplayHDR dans la fiche technique indique que les performances HDR d’un écran ont été testées et certifiées par l’organisme VESA. Toutes les valeurs sont précisées sur le site officiel de l’organisme, nous vous les avons résumées ici. Elles se divisent en deux catégories : la gamme dite « Classique » et la gamme « TrueBlack ».
On classe ici généralement les écrans LCD, qu’ils se basent sur un rétroéclairage Led ou Mini-Led. Ce sont des écrans qui peuvent offrir un grand pic de luminosité, notamment en plein écran, mais qui n’offrent pas tout le temps le meilleur contraste.
Leur niveau de noir n’équivaut souvent pas à celui des écrans Oled ou des modèles Mini-Led plus haut de gamme et ne peut donc prétendre à la mention TrueBlack. Voici leurs caractéristiques :
Vous remarquerez que la luminosité en plein écran doit être aussi importante que sur une petite zone. La luminosité peut cependant baisser au bout de plusieurs heures sur ces écrans, surtout sur les plus lumineux, un phénomène qu’a prévu DisplayHDR dans sa certification.
Ici, les niveaux de noirs sont dégressifs plus la luminosité maximale est élevée, afin d’offrir un contraste toujours plus important. Enfin, l’espace de couleur BT.709 (ou sRGB sur PC) doit sans surprise atteindre les 99% alors que le DCI-P3, connu des professionnels de l’image, peut être couvert à 90% en DisplayHDR 400, mais devra dépasser les 95% pour les autres niveaux.
Vous noterez que VESA a pour l’instant décidé d’exclure le Rec.2020 de son programme de certification. S’il s’adresse avant tout aux professionnels de l’image HDR, il s’agit d’un espace utilisé par quasiment tous les fournisseurs de contenu HDR, que ce soit en streaming ou en support physique Blu-ray. Les écrans et téléviseurs s’améliorent d’année en année et on imagine donc que VESA prendra en compte cet espace dans de futures versions.
Cette catégorie est dédiée aux écrans équipés de technologies auto-émissives, tels que les pixels de l’Oled. Ici, ce sont les niveaux de noirs qui importent avec une valeur maximale autorisée de 0,0005 cd/m², proche du noir absolu donc.
Ces écrans offrent une expérience HDR optimale avec leur contraste quasi-infini, permettant ainsi de conserver les détails dans les zones sombres tout en sublimant les détails lumineux.
Afin de préserver leur dalle, et notamment prévenir des marquages pour l’Oled, ces écrans sont équipés de technologies pour abaisser la luminosité lors de scènes très lumineuses. Vous verrez donc un écart plus conséquent entre la luminosité maximale mesurée sur une petite fenêtre et celle en plein écran.
VESA a pris en compte cette différence dans son processus de certification par rapport à la gamme classique. Le pic de luminosité n’est donc pas, dans ce contexte, une valeur absolue et dépendra du contenu affiché sur la dalle.
Maintenant qu’on a évoqué les caractéristiques principales de la certification VESA, comment s’en servir pour choisir un écran, un PC portable ou un téléviseur avec une expérience HDR convenable pour son budget ?
Pour les écrans LCD LED classiques ainsi que modèles Mini-Led, il faut éviter les très répandus modèles HDR 400 / DisplayHDR 400. Cette certification est loin d’offrir une luminosité suffisante pour le HDR et ne nécessite aucun contrôle local des zones de rétroéclairages et donc de la lumière.
On peut ici fixer le seuil minimal à la certification DisplayHDR 600 qui offre une gradation locale minimale pour une expérience HDR déjà plus satisfaisante.
En Oled dans la catégorie TrueBlack, on privilégiera au minimum les certifications DisplayHDR TB 400 ou TB 500 qui offrent déjà une bonne expérience grâce au contraste infini de la technologie. Si la luminosité maximale est plus modérée en plein écran, c’est une bonne porte d’entrée. C’est à partir de la certification DisplayHDR TrueBlack 600 que le HDR prend alors tout son sens.
Dans les deux cas de figure, le rendu HDR gagnera en impact avec un pic de luminosité à 1000 cd/m² ou plus, mais les écrans certifiés DisplayHDR 1000 ou 1400 sont bien souvent les plus chers.
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Journaliste et Chef de rubrique PC, Hardware & Gaming
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