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N’attendez pas avant d’acheter votre PC, les prix vont encore augmenter

La pénurie de composants de mémoire n’est pas prête de se résorber. Pire, elle devrait encore empirer ces prochaines années. Il est sans doute contreproductif d’attendre pour acheter un nouveau PC en espérant une baisse de prix.

Face à la flambée des prix des PC, causée par l’augmentation spectaculaire de certains composants (RAM et stockage notamment, cartes graphiques dans une moindre mesure), de nombreux consommateurs préfèrent reporter l’achat d’une nouvelle machine à plus tard. Mais, leur patience risque de ne pas être récompensée. Si vous estimez avoir besoin d’un ordinateur dans les 2-3 ans à venir, il est sans doute préférable d’investir maintenant, car les tarifs ne sont pas prêts de baisser. Il est même probable qu’ils continuent à augmenter.

“Mon conseil à tous nos clients : s’ils doivent acheter un PC d’ici janvier 2028, mieux vaut le faire dès aujourd’hui, car les prix ne feront qu’augmenter”, déclare Dave McQuarrie, directeur commercial du constructeur HP, dans un entretien accordé au Figaro. On pourrait penser qu’il est simplement dans son rôle en cherchant à inciter les clients à faire croître la demande pour écouler plus de PC à court terme, mais tous les analystes sont formels : la crise de la mémoire est partie pour durer, et elle pourrait même se développer jusqu’en 2030, voire au-delà. Et, quand les prix commenceront enfin à baisser, il est possible qu’on ne retrouve jamais les seuils atteints avant la pénurie.

Cette situation est causée par les entreprises d’IA, qui ont des besoins colossaux de mémoire pour leurs infrastructures afin d’entraîner et de faire tourner des modèles. Même les plus grands fabricants d’électronique du monde, comme Apple, ne sont plus en position de force face aux quelques groupes qui produisent les puces mémoire au moment de négocier les stocks et les prix. Pour les marques moins puissantes, c’est encore plus difficile et il faut se plier aux exigences des fournisseurs.

“Nous n’avons pas assisté à un événement aussi spectaculaire au cours des dernières décennies. Il y a déjà eu des pénuries d’approvisionnement, mais celle-ci atteint une ampleur sans précédent et risque de durer plus longtemps”, ajoute le cadre de HP. Les ventes diminuent ces derniers mois et devraient donc encore souffrir pendant une longue période. Cette chute des expéditions ne se reflète par contre pas dans le chiffre d’affaires, puisque les produits écoulés sont vendus à un tarif bien plus élevé qu’auparavant.

HP a jusqu’ici réussi à préserver sa marge opérationnelle. Le fabricant s’est appuyé sur des contrats passés avec ses fournisseurs avant le début de la crise pour garder la tête hors de l’eau. Ceux-ci vont bientôt expirer et il faudra s’adapter. “On ne parle pas d’année, mais de mois. De nombreuses entreprises, dont la nôtre, ont des stocks acquis à moindre coût. Mais à mesure qu’ils sont écoulés, les nouveaux produits arrivent à un coût plus élevé”, explique Dave McQuarrie.

Pour faire face à cette conjoncture défavorable, les constructeurs doivent mettre en œuvre des stratégies pour optimiser au mieux les coûts. La constitution de stocks est primordiale. Elle devient néanmoins de plus en plus compliquée, avec des fournisseurs qui imposent leurs règles et leurs prix, et refusent désormais de nouveaux contrats pluriannuels.

Samsung, SK Hynix et Micron sont les trois principaux acteurs du marché de la mémoire. Cet oligopole ne favorise pas l’industrie de la tech, qui accuse d’ailleurs les trois géants des semi-conducteurs de s’entendre sur les prix. Une solution peut provenir de la Chine. Des fabricants comme CXMT sont en train d’y émerger. Sauf qu’entre les sanctions des États-Unis sur les composants chinois, les doutes sur leurs performances, et des rendements ainsi qu’une capacité de production qui doivent encore être améliorés, les fournisseurs chinois ne semblent pas être une solution fiable à court-terme pour résoudre la crise.

HP tente aussi de rationaliser ses produits. S’il constate que sur les PC à 64 Go de RAM (32 +32), une partie de cette mémoire n’est pas utilisée, il pourrait proposer des appareils avec 48 Go (32 + 16) à la place pour réaliser des économies. On attend aussi des optimisations logicielles pour que nos ordinateurs consomment moins de RAM, ce qui compenserait la hausse des coûts. Microsoft travaille à rendre Windows 11 moins gourmand en RAM, mais est encore loin du compte.

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