
Amazon ferme la porte de son magasin à Muse, l’agent IA de Meta. Ce dernier est capable de fureter dans les allées virtuelles du géant du commerce en ligne pour y faire les emplettes de l’utilisateur. Mais Amazon n’a jamais donné son accord.
Le client est toujours roi, sauf quand il se cache derrière une IA. Amazon fait la guerre aux agents qui ne se déclarent pas comme tels. En novembre dernier, l’entreprise portait ainsi plainte contre Perplexity : l’agent intégré à Comet, le navigateur maison, est soupçonné de violer les conditions d’utilisation de la boutique en ligne.
Amazon ne veut pas d’agents incognito
C’est le cas aussi pour Muse, l’agent IA lancé le 8 septembre. Il est en mesure de faire les courses pour le compte de l’utilisateur, y compris donc sur Amazon. Ça n’a pas duré longtemps : depuis ce dimanche 20 septembre, les utilisateurs de Muse qui le lâchent dans le supermarché en ligne se font accueillir par une fenêtre les informant qu’un agent non autorisé enfreint les conditions d’utilisation d’Amazon.
« Nous estimons qu’il est assez évident que les applications tierces proposant d’effectuer des achats auprès d’autres entreprises pour le compte de clients doivent agir en toute transparence et respecter la décision des fournisseurs de services de participer ou non à ce type d’expérience », a déclaré un porte-parole du groupe à Geekwire.



Pour Amazon, l’enjeu est de taille. L’activité publicitaire représente une manne pour le groupe : 68,6 milliards de dollars générés durant l’exercice 2025. Or, ce ne sont pas les agents qui vont cliquer sur les produits sponsorisés et les acheter.
Au moment de la plainte contre Perplexity, Amazon expliquait qu’un agent ou plus largement un service qui effectue des achats au nom d’un client doit fonctionner de manière transparente et respecter les décisions des fournisseurs sur leur participation. Des agences de voyage en ligne, ou encore des plateformes de livraison de repas acceptent ces conditions d’utilisation.
Meta défend la sécurité de Muse
Amazon estime que les agents qui ne respectent pas ses règles sont susceptibles de dégrader fortement l’expérience d’achat et le service client : manque de personnalisation et d’historique d’achat, erreurs dans les estimations des tarifs de livraison…Il y a également une problématique de sécurité. Puisque l’agent ne s’identifie pas, l’entreprise considère qu’un tiers non déclaré fouine dans les comptes des clients, réalise des transactions et exploite des données sensibles sans le consentement d’Amazon.
« Les applications tierces dotées de capacités agentiques, comme Muse, sont soumises aux mêmes obligations, et nous avons demandé à Meta de retirer Amazon de l’expérience », conclut le porte-parole.
Lors de la présentation de Muse, Meta a expliqué que son assistant IA fonctionnait dans une machine virtuelle sécurisée avec son propre navigateur web, et demandait l’autorisation de l’utilisateur à chaque étape sensible comme un achat en ligne. Un second agent, Sentinel, est chargé de surveiller les moindres faits et gestes de Muse et il doit autoriser tout ce qu’il envoie sur internet.
Meta a ajouté que Muse n’avait accès ni aux mots de passe, ni aux moyens de paiement de l’utilisateur. Les identifiants fournis par ce dernier sont hébergés dans un espace sécurisé, ce qui permet à Muse de « les utiliser sans les voir ». Des discussions ont lieu entre Amazon et Meta depuis dimanche soir au sujet de Muse.
L’ironie de l’histoire, c’est qu’Amazon a été pris les doigts dans le pot de confiture en lançant ses propres agents à l’assaut des petites boutiques en ligne qui refusent de vendre leurs produits dans les linéaires du mastodonte.






