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L’IA au travail rime très souvent avec plus de travail

73% des salariés français utilisent l’IA dans leur activité professionnelle et 75% témoignent de gains de productivité. Toutefois, 71% précisent que le temps libéré est immédiatement réabsorbé par des nouvelles tâches.

L’IA est-elle synonyme de travailler plus ? Indéniablement, selon les résultats de la 2e édition de l'observatoire Greenworking x Ipsos bva. Mené en mai auprès 1.100 salariés et de 474 managers, il constate une accélération de l’adoption parmi les collaborateurs du privé.

Ils sont 73% parmi le panel à déclarer utiliser l'IA au travail (+10 points en un an). Parmi ces eux, 55% témoignent d’un usage régulier ou quotidien (+13). Ce rythme d’adoption est largement tiré par les salariés eux-mêmes.

Car officiellement, 45% des entreprises indiquent avoir officiellement déployé de l’IA (+9). En clair, la pratique la plus courante de l’IA au travail est celle du Shadow AI. Ainsi, pour les auteurs, les résultats illustrent sans ambiguïté un retard d'intégration par les entreprises.

“L'émergence de pratiques autonomes et informelles affranchies des cadres réglementaires internes” est plus notable dans les organisations de 50 à 99 salariés. Parmi elles, 41% pilotent l’intégration de l’IA au travail.

Cette part grimpe à 51% dans les entreprises de 250 salariés et plus. Le secteur d’activité influe également sur l’implication du management dans le déploiement. Les entreprises de services enregistrent un taux d'intégration de 52%.

Au contraire, les secteurs de l'enseignement, de la santé humaine et de l'action sociale accusent un retard marqué à 28%. Tous les collaborateurs ne sont donc pas logés à la même enseigne en termes d’acculturation à l’IA.

Autre constat dressé par l’observatoire : 75% des utilisateurs observent un gain de vitesse opérationnel permis par le recours à l’IA. Ce temps libéré ne rime pas avec oisiveté. Au contraire, 71% des sondés précisent que ce gain est immédiatement réabsorbé par de nouvelles tâches.

Ces pratiques sont-elles identifiées par le management alors que seuls 37% des utilisateurs professionnels recourent systématiquement à des outils homologués par leur employeur ? 54% informent leur manager de l'usage de l'IA.

Pourtant, les managers ne sont pas en reste. Cette population se compose d'utilisateurs intensifs (83% d'usage, dont 43% de manière systématiquement homologuée). Selon Greenworking, les managers sont pris en étau entre la nécessité d'expérimenter pour maintenir les cadences et l'obligation d'imposer des règles de conformité.

Comment expliquer la prééminence du Shadow AI ? Pour l’observatoire, elle trouve sa source dans les limites de l’intégration technologique actuelle. Les cas d'usage institutionnels restent cantonnés à des fonctionnalités élémentaires.

L’étude insiste en particulier sur la surcharge de travail générée par l’IA, plus encore pour les utilisateurs les plus assidus. Résultat, l'intégration de l'IA ne se traduit pas par une respiration cognitive. 52% des utilisateurs observent une diminution effective de leur charge mentale.

Les raisons sont notamment à chercher du côté des obligations de contrôle. Le gain de temps initial se trouve ainsi contrebalancé par l'émergence d'exigences méthodologiques liées à la vérification des données produites.

“La posture de création cède progressivement la place à une posture de supervision critique, déplaçant le centre de gravité de l'effort cognitif de la production directe vers l'audit systématique des livrables algorithmiques”, soulignent les auteurs.

Ces tâches d'arbitrage et de contrôle se traduisent par une pression accrue sur le management intermédiaire – dont les effectifs sont les plus susceptibles de diminuer d'ici 2030 du fait de l'IA d’après un rapport du BCG présenté le 30 septembre.

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