Trois adolescents de 17 ans, tout juste arrêtés, sont accusés d’avoir été derrière ce genre de service qui agrège dans l’illégalité des données personnelles qui ont fuité.
L’étau judiciaire se resserre contre les services douteux de « look-up », ces portails destinés à vendre des renseignements personnels agrégés à partir de données collectées dans des fuites de données. Après une première mise en examen au printemps dernier dans un dossier de ce type, la justice parisienne vient d’annoncer un nouveau coup de filet contre trois adolescents âgés de 17 ans.
Suspectés d’être derrière un portail de ce genre, dénommé d’abord « Reacher » puis rebaptisé « Stryx », ils vont être jugés le 14 janvier prochain par le tribunal pour enfants de Paris.
Ils sont poursuivis pour recel d’extraction frauduleuse de données de système de traitement automatisé, de détention et transmission frauduleuse de données, le tout en bande organisée. Résultat, ils encourent une peine de 10 ans d’emprisonnement.
Comme le précise sur le réseau social LinkedIn Nicolas Guidoux, le chef de l’office anti-cybercriminalité, ce portail de look-up créé en mars 2026 revendiquait 730 millions de lignes de données indexées. Autant d’informations allant de l’Iban au numéro de téléphone en passant par l’immatriculation de véhicule qui avaient intéressé un vaste public, avec trois millions de requêtes enregistrées.
Sans doute à la fois des personnes mal intentionnées mais aussi des curieux inquiets voulant vérifier leur présence dans cette base de données illicite.
L’enquête avait été lancée à la suite d’un signalement effectué par l’association e-enfance. Une dizaine d’enquêtes sont actuellement en cours contre des portails de ce genre. La ministre déléguée à l’intelligence artificielle et au numérique, Anne Le Hénanff, avait elle même saisie le parquet au début du mois d’octobre.
« Ceux qui font commerce de nos données devront répondre de leurs actes, avertissait-elle. Aux personnes concernées, ne payez jamais pour faire retirer vos données. » La Cnil avait également signalé faire des signalements systématiques au parquet.
Le gardien des données personnelles faisait toutefois remarquer que, pour les personnes visées par des fuites, ce type de service répondait à « un véritable besoin ». Ce dernier permet en effet de « savoir si les données personnelles ont été exposées et lesquelles ». L’autorité administrative indépendante précisait alors réfléchir avec d’autres acteurs aux conditions permettant à ce genre de moteur de recherche d’être « légalement mis en œuvre ».
Un travail peu susceptible de changer quelque chose aux poursuites actuellement lancées. Spoiler : les portails mis anonymement en ligne par des personnes mineures ont peu de chance d’être dans les clous d’une éventuelle future législation.
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