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L’écran de l’iPhone Duo est-il lisible en plein soleil ? Nos mesures

Apple entre enfin dans la danse du pliant avec son iPhone Duo. Pour équiper son nouveau format hybride, la firme de Cupertino aligne deux dalles OLED Super Retina XDR ProMotion : un écran externe de 5,4 pouces et un grand affichage pliant de 7,6 pouces.

Pour chasser les reflets sur cette dalle souple et supprimer visuellement la pliure induite par les écrans pliables, Apple a eu l’idée d’y coller en usine un film nanotexturé mat. Une trouvaille séduisante sur le papier, mais qu’en est-il sous un soleil de plomb ?

Armé de ma sonde colorimétrique et du logiciel Calman de Portrait Displays, j’ai passé les deux dalles sur notre banc d’essai pour vérifier si ce grand écran reste lisible en extérieur et passer au crible l’ensemble de nos mesures de laboratoire.

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L’iPhone Duo repose sur une cohabitation asymétrique. En façade fermée, on dispose d’un écran rigide de 5,4 pouces au format plus carré qu’à l’accoutumée, ce qui donne cet aspect passeport au Duo. Sa définition atteint 1398 x 2034 pixels pour une résolution de 460 ppp. Il est protégé par un verre Ceramic Shield 2 avec traitement anti-reflet, dans la droite lignée des finitions réservées aux modèles Pro.

Une fois le terminal ouvert, on change d’univers avec une dalle pliable de 7,6 pouces. Elle dégage une surface utile de 175,4 cm², soit un ratio écran/corps d’environ 90,4 %. Sa définition grimpe à 1878 x 2670 pixels, maintenant une densité confortable de 430 ppp. C’est sur cette surface que prend place le revêtement nanotexturé mat appliqué en usine.

Les deux dalles profitent de la technologie LTPO avec rafraîchissement adaptatif ProMotion de 1 à 120 Hz. Côté plage dynamique, la compatibilité avec les flux HDR10 et Dolby Vision répond présent.

Pour la partie logicielle, pas de surprise chez Apple. iOS confie l’intégralité du rendu au moteur ColorSync. Le système bascule automatiquement entre le Rec.709/sRGB et l’espace étendu Display P3 selon la nature des photos ou des vidéos consultées. Il n’y a aucun réglage manuel de profil « Vif » ou « Naturel » à activer dans les sous-menus.

Passons au nœud du problème : la lisibilité en extérieur. Je me permets ici de citer nos confrères de 01net. Ils ont mis à profit un outil de mesure de la réflectance. Leurs mesures relèvent 72 GU (Gloss Units) pour l’écran externe et seulement 2 GU pour l’écran mat de l’iPhone Duo. C’est ridiculement peu. Cela signifie que les reflets sont annihilés sur cette surface. Un très beau travail. Concernant l’écran externe, en revanche, Samsung semble faire mieux sur son Galaxy Z Fold 8 avec seulement 60 GU. Néanmoins, dans les deux cas, on est sur de très belles performances, plus que les smartphones traditionnels, même les plus haut de gamme.

Ça, ce sont les mesures labo. Sur le terrain, la réalité est nettement moins rose. Ce film mat ne fait pas disparaître les photons, il les diffuse. Plutôt que de subir un reflet net et localisé que l’on esquive d’un léger mouvement de poignet, toute la dalle interne transforme les rayons du soleil en un voile blanc un peu laiteux. Le contraste infini de l’OLED en prend un coup immédiat. Pas sous la sonde, mais au niveau du rendu qu’il renvoie à nos yeux. Les noirs infinis virent au gris délavé en plein jour.

Sous un soleil direct, l’écran déplié n’est pas des plus flatteurs. Ça peut même être compliqué de le consulter surtout si comme moi vous utilisez le mode sombre d’iOS.

Durant mon test, j’ai rapidement pris une habitude : en extérieur, dès que le soleil tape trop fort, je referme l’iPhone Duo pour repasser sur l’écran externe de 5,4 pouces. Dépourvu de cette texture mate, il se montre bien plus lisible en plein jour. En revanche, de nuit ou en intérieur, ce désagrément disparaît totalement et j’ai même un contraste parfait quand je me regarde une série au fond du lit, à la nuit tombée.

Cela ne concerne que le film mat. Parce que la luminosité, elle, est excellente sur les deux écrans :

Apple annonce 3000 nits en pic et on s’en approche vraiment. En revanche, comme je l’ai dit, si les 1 313 nits suffisent à l’écran externe en plein soleil, les 1 300 nits de l’écran interne s’épuisent à compenser le voile laiteux créé par la nanotexture.

À noter que le film mat n’est pas fait pour être retiré à la main, mais il peut être remplacé en Apple Store en cas d’usure prématurée contre 55 euros (alors que chez Samsung, c’est offert la première fois). Et Apple ne propose pas d’alternative brillante si vous vous posiez la question.

J’ai installé l’iPhone Duo sous notre sonde Calibrite couplée au logiciel CalMAN Ultimate de Portrait Displays pour disséquer les performances de la dalle externe de 5,4 pouces. Les résultats confirment l’excellente maîtrise technique d’Apple sur ses écrans rigides.

Pour la fidélité des couleurs, c’est un carton plein. Notre sonde relève un DeltaE moyen de 1,82 en sRGB et de 1,78 en Display P3. Pour faire simple, l’œil humain ne fait plus la différence. Les visages ont une teinte naturelle, les paysages ne sont pas fluo et les couleurs que vous voyez à l’écran sont exactement celles de la réalité. L’écran couvre d’ailleurs 99,4 % du sRGB et 99,1 % du P3. Il affiche tout le spectre sans manquer une seule nuance.

Le seul vrai défaut concerne l’affichage des blancs et des niveaux de gris. Avec un DeltaE moyen qui monte à 3,4 sur les gris et un pic à 5,7 sur le blanc pur, la dalle triche un peu. Dès que l’image devient très claire (au-delà de 70 % de luminosité), l’écran force sur le bleu et retire une pincée de vert. Mesurée à 6 643 K pour une cible parfaite à 6 500 K, la température des couleurs trahit ce choix : le blanc tire très légèrement vers le froid, avec un très discret voile bleuté. Rien de méchant à l’œil, mais ce n’est pas un blanc parfaitement neutre.

La courbe gamma moyenne (2,226) fait du très bon travail. La gradation entre les zones sombres et claires reste fluide jusqu’à 85 % de luminosité. Passé ce cap, l’écran freine un peu l’intensité pour ne pas abîmer ses diodes OLED. Enfin, la dalle est capable de descendre à seulement 1 nit en luminosité SDR. C’est un vrai bonheur pour lire dans le noir complet sans se faire agresser les yeux.

Ouvrons l’iPhone Duo pour ausculter sa grande dalle pliable de 7,6 pouces. L’exercice est complexe pour Apple en raison de la structure souple.

Sur le grand écran de l’iPhone Duo, la précision d’affichage fait pratiquement jeu égal avec la dalle externe. Le DeltaE moyen descend à 1,81 en sRGB et tourne autour de 1,80 en Display P3. Pour une dalle souple, c’est une excellente performance, on a un affichage très juste. Les couleurs sont très naturelles, sans dérive visible. La régularité est remarquable sur tout le spectre et les deux espaces de référence sont couverts sans le moindre manque : 99,7 % pour le sRGB et 99,2 % pour le DCI-P3.

Le constat sur le blanc est identique à celui de l’écran externe. L’écart maximal se concentre sur le blanc pur. Quand on regarde les niveaux de couleurs de plus près, la dalle manque un peu de vert et pousse le bleu dès que la luminosité dépasse les 30 %. Avec une température moyenne relevée à 6 625 K pour une cible à 6 500 K, le blanc est très propre, mais garde une pointe de fraîcheur.

La courbe gamma moyenne, quant à elle, est un peu raide sur les premiers paliers de gris. En clair : dans les scènes très sombres, l’écran a tendance à boucher les ombres sous les 20 % de luminosité en avalant quelques petits détails, avant de s’éclaircir sur les hautes lumières. Enfin, comme pour l’écran interne, celui-ci descend à 1 nit en luminosité. Idéal pour lire la nuit, surtout que l’écran mat se prête à merveille à dévorer des bouquins, BD ou mangas plutôt que de ressortir sa liseuse.

Sur le plan de l’étalonnage pur, Apple réussit une copie remarquable avec l’iPhone Duo. Les deux écrans OLED Super Retina XDR délivrent une colorimétrie exemplaire, avec des DeltaE moyens systématiquement sous la barre des 1,9 et une couvertures quasi intégrale des gamuts sRGB et Display P3. La puissance lumineuse est aussi un atout que je leur trouve avec plus de 1 300 nits en SDR et des pics HDR frôlant les 2 800 nits.

Le bémol ne vient pas de la sonde, mais du ressenti utilisateur. Sous la lumière du jour, la dalle interne montre un autre visage. Si le film nanotexturé mat fait chuter la brillance à 2 GU sur le papier, il diffuse les rayons solaires sur toute la surface de l’écran. Ce voile blanchâtre dégrade le contraste et complique sérieusement la lisibilité en plein soleil, particulièrement avec le mode sombre. En extérieur lumineux, c’est à mon sens l’écran externe de 5,4 pouces qui offre la meilleure expérience de lecture.

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Journaliste spécialisé depuis 2007, je me suis intéressé à tous les sujet technologiques à travers différentes rédactions. Attaché aujourd'hui à Frandroid, je m'occupe de la gestion de la rubrique smartphones, une entité historique et toujours aussi cruciale de notre média.

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