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Le domaine t.me utilisé par Telegram a été temporairement suspendu

Extension du domaine de la lutte

Le domaine t.me utilisé par Telegram a été temporairement suspendu

Le domaine t.me, utilisé par la messagerie Telegram, a été placé pendant plusieurs heures en pause par le registre chargé de l’extension nationale du Monténégro. L’incident, qui a handicapé les échanges et les partages de fichiers pendant plusieurs heures, découle d’une sanction prise par les États-Unis à l’encontre de First VPN, pourtant démantelé quelques semaines plus tôt.

Un domaine vous manque et tout est dépeuplé. Entre lundi 13 et mardi 14 juillet, les utilisateurs de la messagerie Telegram ont constaté des dysfonctionnements au niveau des liens courts, utilisés soit pour renvoyer vers des canaux internes à la messagerie, soit pour pointer vers des ressources externes (des images par exemple).

t.me passé en serverHold

Les soupçons se sont rapidement portés vers le nom de domaine t.me, utilisé par Telegram comme raccourcisseur d’URL. À juste titre : comme l’a par exemple documenté Stéphane Bortzmeyer, le domaine t.me a tout simplement cessé de répondre aux requêtes.

L’examen du whois associé a révélé que le domaine en question avait été placé en statut serverHold, qui correspond à une interdiction temporaire prononcée par le registre en charge de l’extension concernée. « Il s’agit d’un statut inhabituel qui est généralement mis en œuvre lors de litiges juridiques ou lorsque votre domaine est susceptible d’être supprimé », précise à ce sujet la documentation de l’Icann.

Fallait-il voir dans cette suspension une censure, comme l’ont suggéré certains internautes sur X ? Le patron de Telegram, Pavel Durov, qui dénonçait quatre jours plus tôt la remise au goût du jour de la dérogation Chat Control par le Parlement européen, n’aurait sans doute pas manqué de réagir si tel avait été le cas.

À la place, il a interpellé, mardi 14 juillet, le compte X associé au domaine .me, qui dépend pour rappel du Monténégro : « Les liens t.me ont cessé de fonctionner, pouvez-vous regarder ? ».

Le registre en question s’est exprimé le même jour vers 19 heures, soit quelques heures après la reprise d’activités du domaine t.me. Il a indiqué avoir répondu à une injonction du département du Trésor des États-Unis : « Le registre .ME travaille en étroite collaboration avec les forces de l’ordre pour surveiller et traiter les problèmes liés au domaine .ME conformément aux lois applicables, y compris les exigences en matière de sanctions ».

Une sanction émanant des États-Unis

L’injonction en question émane plus précisément de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), l’agence rattachée au Trésor chargée d’administrer et d’appliquer les sanctions économiques ou commerciales. Lundi 13 juillet, l’OFAC a désigné de nouvelles cibles de sanctions, parmi lesquelles figurent plusieurs actifs associés à First VPN, un service qui était « presque exclusivement » promu sur les forums de cybercriminels russophones, récemment démantelé par les autorités.

L’OFAC place à cette occasion plusieurs adresses e-mail, des portefeuilles de cryptomonnaie et plusieurs noms de domaine sur liste noire. Dans le lot figure une URL, t.me/FirstVPNService, qui semble avoir été interprétée de façon expéditive par les services monténégrins.

« Une chaîne Telegram utilisant le domaine http://t.me figurait parmi l’infrastructure identifiée de 1VPNS. En conséquence, le domaine http://t.me a été suspendu. Le 14 juillet, Telegram a confirmé avoir supprimé tous ses liens et affiliations avec 1VPNS. Après vérification de cette confirmation, la suspension du domaine http://t.me a été levée », justifie le registre.

Telegram a de son côté temporairement basculé ses liens vers le domaine telegram.me. Durov, d’humeur badine, a profité de l’occasion pour s’offrir le domaine t.you.

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