Pour se développer, l’IA a besoin d’énergie. Attention cependant à ce que l’accès à cette ressource ne devienne pas une barrière à l’entrée, alerte l’Autorité de la concurrence. Elle appelle à garantir un accès équitable à l’énergie et plaide pour la frugalité comme atout concurrentiel.
GenAI et agentique bouleversent le numérique et font exploser l’usage d’équipements et infrastructures énergivores aux impacts environnementaux importants, rapporte l’Ademe. L’Arcep, elle aussi, se préoccupe de ces effets.
Dans son domaine de compétences, l’Autorité de la concurrence fait quant à elle part de sa vigilance vis-à-vis de l’accès à une ressource essentielle des infrastructures IA : l’énergie. Dans leur quête de croissance, les fournisseurs multiplient les créations de datacenters et les contrats pour les alimenter.
Pour le régulateur, se joue ici un enjeu de concurrence. C’est ce qu’il développe dans son dernier rapport d’activité annuel. Tous les acteurs ne sont pas égaux dans ce domaine. Or, sans disposer de l’énergie suffisante, une entreprise peut se trouver désavantagée sur le marché.
En effet, “l’accès au réseau électrique, les délais de raccordement et surtout le prix de l’électricité peuvent influencer la capacité” des fournisseurs à croître, souligne l’Autorité de la concurrence. Et entre grands et petits, les cartes en main diffèrent.
“Les plus grands groupes sont en mesure de sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme, parfois directement liés à des sources d’énergie bas carbone comme le nucléaire ou les renouvelables”, constate le régulateur.
Une telle asymétrie est synonyme de “conditions avantageuses” et potentiellement aussi de “barrières à l’entrée pour des acteurs plus petits ou innovants.” En conséquence, l’Autorité “appelle à une vigilance particulière pour garantir un accès équitable à l’énergie.”
Le principe de frugalité, plus souvent abordé à l’époque du seul Machine Learning, a paru un peu délaissé depuis l’émergence des LLM. Il retrouve quelques couleurs, par nécessité. L’Ademe estime que du fait de l’IA, la consommation des datacenters devrait doubler d’ici 2030.
En raison de l’impact environnemental de ces technologies (GES, serveurs, artificialisation des sols, eau), il serait souhaitable que la frugalité se diffuse durablement et largement. Des aspects financiers pourraient l’encourager.
Composante de l’IA responsable, la frugalité “consiste à concevoir des systèmes d’IA plus sobres, mieux dimensionnés et moins gourmands en ressources.” Or, la sobriété peut rimer avec coûts moindres et donc compétitivité.
C’est du moins ce que veut croire l’Autorité de la concurrence. Elle estime ainsi que la “frugalité peut devenir un moteur de concurrence et d’innovation”, voire même “un paramètre de concurrence à part entière.”
Mais pour éviter le greenwashing en IA, encore faut-il que “la communication sur l’empreinte environnementale repose sur des méthodologies fiables et transparentes”, concède le régulateur. Cela suppose surtout des données réelles, aux mains de quelques intermédiaires incontournables.
Problème, note l’Ademe, la transparence est tout sauf la norme dès qu’il s’agit de GenAI. Le marché du cloud avant elle avait déjà donné le ton. Des années plus tard, et malgré sa maturité, le cloud reste peu transparent et précis sur sa facture environnementale.
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