Les GAFAM et les agents d'abord

Un mois après avoir demandé à effectuer une « pause » au vu des risques que poseraient les IA les plus avancées, Anthropic a rédigé un projet de loi de régulation. Il prévoit de permettre aux États-Unis de bloquer celles qui pourraient tuer ou blesser gravement « plus de 50 personnes », ou causer « plus d’un milliard de dollars de dommages », mais limite le montant des amendes à 0,2 % de leurs revenus.
POLITICO s’est procuré le projet confidentiel de régulation de la sécurité et de la sûreté des IA (« AI safety » en VO) de pointe qu’Anthropic a discrètement présenté à des représentants du Congrès états-unien. Une initiative qui intervient un peu plus d’un mois après que Dario Amodei a appelé à faire une « pause » dans le développement des IA (quand bien même leurs dépenses montrent l’inverse), puis que les patrons de l’IA ont réclamé une régulation mondiale à l’ONU.
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L’objectif serait de permettre au gouvernement d’émettre un « ordre de blocage » de mise sur le marché ou d’utilisation d’un modèle « uniquement si celui-ci présente un risque prévisible et imminent de causer plus d’un milliard de dollars de dommages, ou de tuer ou de blesser gravement plus de 50 personnes », souligne POLITICO.
Ce type de « risque catastrophique » est cela dit cantonné à trois possibilités limitatives : « fournir une assistance de niveau expert dans la création ou la libération d’un produit chimique, arme biologique, radiologique, cybernétique ou nucléaire » (NRBC), « s’engager, sans surveillance, intervention ou supervision humaine significative, dans une cyberattaque », ou bien « échapper au contrôle de son développeur ou utilisateur ». La proposition exclut en outre toute « activité légale du gouvernement fédéral ».
« En d’autres termes, si un modèle semblait susceptible de tuer ou de blesser gravement seulement quelques personnes, ou de causer des dégâts matériels d’une valeur inférieure à un milliard de dollars, le gouvernement ne serait pas en mesure de le réglementer », ironise de son côté Mother Jones.
Pour rappel, le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, qui n’avait « jamais soulevé d’objections à l’égard d’opérations militaires », avait déjà refusé, en février dernier, que ses IA puissent être utilisées pour de la surveillance de masse à l’intérieur du pays, ainsi que par des armes totalement autonomes.
Donald Trump avait alors publiquement ordonné à toutes les agences des États-Unis de cesser d’utiliser Claude et les produits d’intelligence artificielle d’Anthropic en février dernier, le qualifiant de « fournisseur à risque pour la sécurité nationale ».
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Des amendes plafonnées à 0,2 % du revenu annuel, et conditionnées
POLITICO relève par ailleurs qu’Anthropic propose aussi que des évaluateurs indépendants, enregistrés auprès du ministère du Commerce, soient par ailleurs chargés d’évaluer périodiquement le laboratoire et ses modèles de pointe. Le document précise que ces évaluateurs pourraient être rémunérés par le laboratoire lui-même, à condition que cette rémunération ne dépende pas des résultats des évaluations.
En cas de « risque imminent et précis », ces évaluateurs devraient le signaler dans les 72 heures suivant la fin de leur évaluation au ministère du Commerce. Ce dernier pourrait de son côté demander au juge de suspendre la mise sur le marché d’un modèle présentant un risque. Le texte interdit par contre explicitement à tout autre ministère, agence ou fonctionnaire de suspendre le développement, le déploiement ou l’utilisation interne d’un modèle.






