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En France, on peut se réjouir de la progression de la voiture électrique dans la part des immatriculations. Au fil des mois, la représentation de la motorisation ne cesse de grimper : +127 % de VE en juillet 2026 comparé à l’année dernière. C’est simple, une voiture immatriculée sur trois le mois dernier est électrique, impressionnant.
C’est bien, mais il y a d’autres marchés qui nous feraient passer pour des retardataires tant ils sont en avance. C’est le cas de la Norvège. Ça tombe bien, car il s’agissait du pays choisi par Volkswagen pour organiser les essais de leur nouvelle ID.3 Neo. Lorsque Numerama a reçu l’invitation pour y participer, je n’ai pas pu cacher mon enthousiasme. Pas nécessairement pour la nouvelle compacte allemande, dont mon essai arrive bientôt, mais plutôt pour l’environnement automobile si particulier dans le pays (et pour ses fjords aussi évidemment).
96 %. Telle la part de la voiture électrique en Norvège. Le constat débute dès mon arrivée à Bergen, à l’ouest du pays. Nous avions rendez-vous au parking de l’aéroport où nous attendaient nos montures pour les prochaines 24 heures. Hormis une Rolls-Royce Wraith (le somptueux coupé) et une Porsche 911 Targa, aucune thermique à l’horizon. Seuls le crissement typiques des pneus sur le revêtement au sol et les « AVAS » (le système d’avertissement sonore) se font entendre.
Direction le centre-ville pour aller se restaurer. Après avoir déposé la voiture, je marche sur le trottoir et… quelle quiétude ! La dernière fois que j’ai eu ce sentiment (dans une plus grande mesure certes), c’était lors d’un voyage en Chine, à Shanghai. Vivant à Paris, même si j’apprécie la traversée de quelques vieux bolides le dimanche, je ne peux que souhaiter un tel silence dans les rues le reste du temps.
Alors en quoi en roule l’automobiliste norvégien ? Déjà, on observe nettement la différence en termes de pouvoir d’achat avec la France. Les modèles dits « abordables » sont quasiment absents ici et j’aurais presque pu compter les citadines sur les doigts de mes deux mains. Toujours est-il que l’on voit pas mal de petites BMW i3 (la citadine), mais surtout, un nombre inimaginable de Nissan Leaf de première génération. Un véritable retour dans le temps. D’ailleurs, j’aurais été curieux de voir l’autonomie d’un tel modèle aujourd’hui. Bien évidemment, je n’ai pas compté les Tesla, la marque est tellement omniprésente que l’on croirait qu’il s’agisse du constructeur national.
Pour en revenir au niveau de vie, je n’ai justement aperçu aucune version entrée de gamme de la Model 3 ou du Model Y, à tel point que j’ai vérifié si ces deux modèles étaient bien vendus dans le pays. Et oui, ils le sont. Les Polestar 2 et Polestar 4 sont partout, tandis que l’on croise pas mal de modèles du constructeur chinois Nio et même quelques Hongqi (principalement des taxis). Bref, les modèles premium sont plébiscités par une grande partie de la population.
Pendant la petite conférence post essai, Volkswagen nous expliquait que le groupe avait complètement arrêté la vente de ses modèles thermiques, excepté des véhicules utilitaires. La plupart des Golf ont laissé place aux ID.3 et les Passat se sont transformés en ID.7. Revers de la médaille, j’ai eu un sentiment de lassitude à mesure de croiser constamment les mêmes autos sur la route. Sans oublier l’absence presque totale de voiture « passion ». Du pragmatisme automobile à l’état pur.
Un tel florilège de voiture électrique doit obligatoirement être associé à une infrastructure adaptée. C’est l’un des arguments les plus répandus chez les détracteurs de la motorisation, ou du moins les plus réfractaires. En Norvège, la peur de la panne sèche n’a pas lieu d’être puisque les bornes de recharge sont présentes à tous les coins de rues, sur les parkings publiques ou encore sur des petites aires au bord de la route. Si le pays nordique est moins peuplé, il compte quand même deux fois plus de bornes par habitant par rapport à la France, où nous sommes déjà bien équipé.
Compte tenu de son parc automobile plus important, l’Hexagone n’est donc pas (encore) prêt d’offrir une expérience aussi fournie sur le point de la recharge, mais c’est en (très) bonne voie. Pour l’électrification d’une manière générale, la mentalité change et ça se voit. Mais de là à atteindre le sens du collectivisme des Norvégiens, ce n’est pas gagné.
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Crédit photo de la une : Robin San Vicente pour Numerama





