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J’ai une relation toxique avec l’iPhone Duo

Apple a pris son temps. Samsung en est à sa huitième génération de smartphones pliants, Honor enchaîne les records de finesse avec son Magic V6 et Oppo comme Xiaomi et Huawei s’y sont mis aussi depuis quelque temps.

Cupertino, de son côté, regardait passer le train depuis sept ans et le premier Galaxy Fold. L’iPhone Duo est finalement sorti le 23 octobre 2026, à 2 339 euros en prix de base, explosant les plafonds tarifaires de la concurrence au passage.

Pour les besoins de notre test de l’iPhone Duo, je l’utilise depuis plusieurs jours. Voici mon sentiment à son sujet.

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Pour situer le contexte, je teste des smartphones Android à longueur de journée. J’en ai plusieurs en téléphones secondaires, mais mon principal reste un iPhone pour le confort d’utilisation qu’il m’apporte dans l’écosystème Apple.

Après son annonce, le 9 septembre, j’étais dubitatif, très curieux et un peu craintif. Je voyais un format passeport qui pourrait bien me plaire énormément (et c’est le cas), à moi qui n’ai jamais basculé sur un pliable jusqu’alors à cause de la trop grande taille des Fold et des limitations des Flip. Il me fallait sans doute un entre-deux, et surtout une taille exploitable au-delà de celle d’un smartphone classique (exit les Flip), mais plus compact qu’une brique carrée une fois déplié (exit les Fold). Un iPad Mini que l’on puisse plier. L’iPhone Duo tente de s’approcher de cette expérience.

Alors j’ai tout basculé dessus quand je l’ai eu entre les mains. Il est devenu mon daily à 100 %, de quoi me permettre de comprendre vraiment ses atouts et surtout ses inconvénients.

Nous voilà deux semaines après sa sortie, nous avons bouclé notre test et j’ai toujours l’iPhone Duo. Je l’ai détesté autant que je l’ai aimé, ce n’est pas un coup de cœur que je recommande, ce n’est pas l’iPhone ultime dont on peut rêver, et pourtant je ne parviens pas vraiment à m’en détacher.

J’ai une dizaine de raisons très concrètes de revenir à un iPhone classique, et je n’y arrive pas. Bref, je vis une relation toxique avec un téléphone.

Mon premier grief tient dans le bouton d’alimentation. Apple a retiré Face ID du Duo pour ressortir Touch ID, le capteur d’empreinte qu’il avait abandonné sur ses modèles phares après l’iPhone 8, en 2017.

Contrairement à cet iPhone, il n’est pas centré en bas de l’appareil, mais sur le côté droit. Une fois sur deux, je dois appuyer pour réveiller l’écran, puis laisser mon doigt en place le temps qu’il me reconnaisse, sans rester trop longtemps sinon c’est Siri qui débarque.

Surtout (et j’enrage), habitué à la vitesse de Face ID et aux lecteurs ultrasoniques des smartphones Android, je trouve ce Touch ID d’une extrême lenteur. J’ai comparé le déverrouillage avec celui du Galaxy Z Fold 8 de mon collègue Arnaud, et c’est le jour et la nuit. Chez Samsung, on effleure à peine le bouton que l’on est sur la page d’accueil. L’expérience au quotidien est 1000 fois meilleure.

Il faut aussi que j’ajoute que la disparition de Face ID fait un dommage collatéral : le bouton Action. Arrivé avec les iPhone 15, je lui ai rapidement trouvé une utilité : l’ouverture de Perplexity. Problème, sur l’iPhone Duo, il est introuvable parce qu’en réalité il nécessite de déverrouiller le téléphone pour lancer sa fonction.

Autant avec Face ID c’est ultra rapide et ne nécessite que d’appuyer sur le bouton Action, autant sur le Duo, il faudrait appuyer sur Touch ID en même temps que l’on appuie sur le bouton Action. Ça aurait été trop compliqué et pas intuitif. Seul Face ID aurait pu le sauver.

Le troisième grief est plus personnel. Je suis gaucher, comme environ 15 % des Français, et le Duo ne m’aime pas. Apple a collé le dock et les commandes sur le bord droit de l’écran externe, et avec 84,1 mm de large une fois fermé, mon pouce gauche n’atteint pas les icônes sans que je doive déplacer toute ma main, mettant dans le même temps en péril la stabilité du téléphone dans ma paume.

Apple a bien ajouté une fonction Accès facile dans iOS 27.3, en bêta pour les développeurs, mais je trouve que c’est un pis-aller. Elle décale simplement tout l’affichage vers un côté quand on glisse le doigt depuis le bord gauche ou droit de l’écran externe, ce qui rapproche les icônes du pouce. Le même système utilisé en vertical depuis l’iPhone 6. Je trouve ça moche, bricolé et paresseux. D’ailleurs, l’option se cache dans Réglages > Accessibilité > Toucher, et non dans un menu général. Apple aurait bien mieux fait de proposer d’agencer le dock à droite, à gauche ou même au centre, mais sans doute était-ce donner trop de libertés aux utilisateurs.

Toujours dans les soucis d’ergonomie, je veux parler des boutons de volume. Ils sont posés sur la tranche supérieure et ne s’inversent pas selon l’orientation. J’entends que lorsque le Duo est en portrait avec ces boutons en bas, le bouton du haut continue de faire baisser le volume. Ce n’est pas très logique. Bon, ce n’est pas insurmontable non plus.

Je gardais le meilleur pour la fin : l’appareil photo. Sur un smartphone à 2 339 euros, Apple n’a mis que deux capteurs de 48 mégapixels, un principal et un ultra grand-angle, sans téléobjectif. Encore mieux, le capteur principal est plus petit que celui des Pro (1/1,56 pouce contre 1/1,28 pouce sur l’iPhone 17 Pro).

Bref, c’est un sous-iPhone haut de gamme en photo si l’on excepte l’ultra grand-angle. Et ça me chagrine parce qu’à ce prix on peut réclamer la polyvalence complète et pas juste un grossissement x4 « de qualité optique » obtenu par recadrage. D’ailleurs c’est totalement faux, allez voir le test du Duo face au 17 Pro, il se fait nettement distancer sur la partie zoom.

Moi qui aime prendre des portraits et photographier mes enfants de loin pour capturer le naturel de l’instant, eh bien je suis en panne avec le Duo. Ceci dit, il me donne l’occasion de sortir le si bon Find X9 Ultra.

Voilà tout ce que je déteste dans l’iPhone Duo. Je passe sur les applications pas encore optimisées, ce sera réglé avec le temps.

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Pourtant, il suffit que je l’ouvre pour oublier tout ça. La charnière faite de plus d’une centaine d’éléments mécaniques et d’aimants est une merveille d’ingénierie. Elle s’ouvre avec douceur, tient n’importe quel angle sur une table et se referme dans un « clac » travaillé comme Rolls-Royce doit soigner le bruit de ses portières.

Le film mat nanotexturé de l’écran interne rend la pliure quasiment invisible de face, avec un toucher feutré qui rappelle celui d’une liseuse. D’ailleurs quel bonheur de bouquiner sur cette liseuse à plus de 2 000 euros !

On a des écrans lumineux à souhait, très bien calibrés, les meilleurs du genre.

Et ce grand écran de 7,6 pouces fait prendre la poussière à bien des appareils chez moi : iPad, Kindle, Switch, tout est au repos depuis le 23 octobre, je fais tout avec le Duo. Je lâche même mon Mac de plus en plus pour bosser sur le Duo en Split View (qui pourrait accueillir plus de fenêtres, au passage).

Oui parce qu’iOS 27 made for Duo m’apporte aussi ce que j’attendais depuis des années sur un iPhone : deux applications côte à côte. J’ai Slack d’un côté et une vidéo YouTube de l’autre, ou un Gemini Studio et un navigateur pour vibecoder sans faire d’allers-retours.

Le summum, c’est la réserve de puissance. Là, je n’ai rien à redire. Le Duo embarque la puce A20 Pro des iPhone 18 Pro, sans le cœur graphique en moins qu’Apple avait retiré à l’iPhone Air, et son conduit en graphite qui traverse la charnière pour répartir la chaleur entre les deux moitiés se marie parfaitement avec la chambre à vapeur. Ce combo offre un SoC toujours tempéré. Jouer à des gros jeux sur le Duo comme No Man’s Sky, c’est un bonheur. On a de la place sur l’affichage et le framerate est constant. C’est largement plus confortable que sur ma Switch 2.

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