Accueil / Smartphones / J’ai testé l’iPhone Duo : un produit qui éblouit pour faire oublier ses compromis

J’ai testé l’iPhone Duo : un produit qui éblouit pour faire oublier ses compromis

Apple a pris son temps. Alors que Samsung en est déjà à la huitième génération de ses smartphones pliants et que le marché chinois multiplie les prouesses de finesse avec notamment le Magic V6 de Honor, Cupertino était jusqu’alors resté en retrait.

Sept ans après le premier Galaxy Fold, voici donc l’iPhone Duo, premier smartphone pliable d’Apple. Il arrive avec de belles innovations, mais aussi des défauts de jeunesse.

Malgré la puissance de frappe d’Apple, l’iPhone Duo n’en reste pas moins une V1. Il impose ainsi pas mal de compromis. Plutôt lourd et épais, il perd FaceID, n’a pas de téléobjectif et son interface n’est pas toujours optimale.

À côté de ça, il innove en étant le premier smartphone pliable avec un écran central mat qui gomme la pliure. C’est aussi le premier iPhone qui permet d’afficher deux apps côte à côte.

Ni tout à fait un iPhone classique, ni totalement un iPad mini, le Duo tente le grand écart entre compacité et surface de productivité. Proposé au tarif élitiste de 2 339 euros pour 256 Go, que vaut véritablement l’iPhone Duo une fois confronté à la réalité du quotidien ?

NB. Ce test est réalisé à partir d’un iPhone Duo prêté par Apple. Pour des raisons logistiques, il est co-signé par Édouard Le Ricque, responsable smartphone au sein de la rédaction Frandroid.

Dès la sortie de boîte, l’iPhone Duo ne trompe pas sur ses intentions. Le niveau d’assemblage et la qualité des finitions témoignent du savoir-faire d’Apple. L’iPhone Duo repose sur un châssis en titane de grade 5, garantissant une très bonne rigidité. Les deux moitiés s’alignent au millimètre près, sans le moindre jeu mécanique.

Côté prise en main, l’iPhone Duo est lourd, très lourd. Il affiche 254 grammes. C’est même plus que les 249 grammes de l’iPhone 18 Pro Max et cela surpasse très largement un rival direct comme le Samsung Galaxy Z Fold 8 et ses 200 grammes.

Une fois replié, le Duo accuse une épaisseur de 11,3 mm. Bien qu’il soit plus court qu’un smartphone traditionnel avec ses 117,8 mm de hauteur, ce profil ramassé et asymétrique (droit d’un côté, courbé de l’autre) lui confère une silhouette très dense. Dans ma poche de pantalon, le Duo se place assez mal ; son embonpoint et son épaisseur se rappellent constamment à moi. Et encore, ce n’est que lorsqu’il es sans protection. Lorsque je lui ajoute sa coque Folio, c’est encore pire.

En main, il est assez imposant avec son format large. Cela demande un petit temps d’adaptation pour l’utiliser correctement. J’ai dû chercher un peu avant de me rendre compte que le panneau des réglages se baissait depuis la bande noire placée sur le côté droit de l’affichage en mode fermé.

Et puis il y a l’ergonomie. Bon, la France ne compte que 15 % de gauchers, mais mon collègue Édouard (qui a grandement participé à ce test) en fait partie et il en a gros sur la patate. « Pour nous, l’ensemble des menus, raccourcis et éléments logiciels clés sont ancrés sur la droite de la dalle externe sans aucune possibilité de bascule dans les réglages actuels », me dit-il.

« Naviguer d’une seule main avec le pouce gauche relève de la véritable purge anatomique parce qu’avec ses 78 mm de large et bien mon pouce n’atteint pas le côté opposé. Durant ce test, c’est clairement ce qui m’a le plus bloqué. En format ouvert, en revanche, puisqu’on le manipule à deux mains, l’expérience est meilleure ». Merci Édouard.

La charnière est quant à elle un petit bijou d’ingénierie. Composée de plus d’une centaine d’éléments mécaniques et d’aimants, elle pivote avec douceur et offre un claquement de fermeture très net. On sent qu’Apple a étudié ce point comme le fait Mercedes pour le claquement d’une portière de voiture.

L’ouverture à une seule main est en revanche pas vraiment aisée. Ça nous rappelle qu’on est plus proche d’un Fold que d’un Flip. Une fois ouvert, la charnière se montre particulièrement stable et maintient l’angle souhaité sur une table pour poser l’appareil comme un chevalet ou un petit ordinateur portable. On n’est pas limité à quelques positions et on peut faire varier l’angle d’inclinaison à loisir.

Qui dit pliable, dit des boutons qui ne sont pas toujours bien placés. Sur les tranches, Apple a fait des choix d’agencement pour le moins déroutants. Les boutons de réglage du volume ont été déportés sur la tranche supérieure de l’appareil. Cette disposition change des standards et s’avère peu pratique.

Selon l’orientation de l’écran — portrait ou paysage –, on se surprend régulièrement à inverser le volume haut et le volume bas. Apple n’a pas pensé à les inverser automatiquement.

Autre déception : la disparition pure et simple du bouton Action. En tant qu’utilisateur d’iPhone au quotidien, Édouard avait pris l’habitude d’y loger un raccourci direct Perplexity. Là, il se retrouve à devoir déverrouiller l’iPhone et lancer l’app manuellement. « Ça allonge beaucoup mes temps d’accès au quotidien. Il y a bien la possibilité de mettre l’icône sur l’écran de verrouillage, mais ce serait pour moi une nouvelle habitude à prendre », précise-t-il.

Le bouton Camera Control a pour sa part été conservé. Comme sur les iPhone 18 Pro ses fonctions capacitives sont désactivées par défaut. Si Apple permettait de le remapper, on pourrait justement s’en servir comme alternative au bouton Action.

Enfin, dernier bouton et non des moindres, le bouton Power. Comme dit en introduction, Apple se passe de FaceID sur l’iPhone Duo. Ici, c’est un retour arrière de près de 10 ans avec la réintroduction de TouchID. Ce capteur d’empreinte, Apple l’avait utilisé pour la dernière fois en 2017 avec l’iPhone 8. À titre personnel, j’ai un peu de mal avec lui. Déjà, il faut que j’appuie pour réveiller le téléphone puis que je repose mon pouce pour le déverrouiller. Et attention à ne pas laisser le bouton appuyé sinon c’est Siri qui se déclenche.

De son côté, Édouard, toujours gaucher, n’arrive pas à le déclencher une fois sur deux selon ses termes. De plus, la reconnaissance est très très lente. Habitué des capteurs ultrasoniques sur Android, je peste contre ce TouchID. Autant FaceID est magnifiquement implanté, rapide, efficace et sécurisé, autant TouchID garde un arrière-goût du passé.

En retournant l’iPhone Duo, on tombe sur son module photo. Le bloc dorsal rassemble les optiques dans un îlot proéminent. On retrouve la légère vague qui vient emprisonner les optiques dans le verre qui couvre le dos de l’appareil. Oui, contrairement aux iPhone 18 Pro, pas de structure unibody ici. On retrouve la conception titane et verre des iPhone 16 Pro. Le résultat est joli à l’oeil avec un bon agencement des pièces et surtout un touché soyeux agréable et qui ne prend pas les traces de doigts.

Ce n’est pas le cas des écrans qui, eux, retiennent le gras des mes empreintes digitales. J’espérais qu’avec son film mat, l’écran interne y serait moins sujet, ce n’est pas le cas. La chiffonette d’Apple prendrait ici tout son sens, dommage qu’Apple n’en ait pas ajouté une dans la boîte. À ce prix, ça peut paraître pingre.

Impossible pour moi d’évoquer le design de l’iPhone Duo sans parler des problèmes qui entourent son lancement.

Depuis sa sortie, de nombreux utilisateurs se sont retrouvé avec des écrans internes cassés. Apple a reconnu les faits, indiquant être « au courant d’un problème affectant l’écran interne sur un petit nombre d’unités iPhone Duo ».

Il pourrait s’agir d’un élément de la charnière qui viendrait écraser l’écran et briser quelques lignes de pixels, si l’on en croit les informations d’iFixit.

Mais il y a un autre souci : Apple certifie l’iPhone Duo IP68, c’est à dire qu’il est résistant à l’eau et à la poussière. Pourtant, plusieurs testeurs, dont le réputé Zack Nelson de la chaîne Jerry Rig Everything, l’ont confronté à du sable et des petites particules avec peu de succès. Zack Nelson l’a même démonté après coup et s’est aperçu que des particules étaient arrivées jusqu’à la charnière, provoquant donc la casse de l’écran. La certification IP68 est donc mise à mal ici et cela peut refroidir certains acheteurs potentiels. Lorsque l’on paye aussi cher un smartphone, on aimerait savoir à quoi s’en tenir. Là, c’est interdiction de plage, par exemple. Par équité, rappelons que le Galaxy Z Fold 8 de Samsung n’est « que » IP48 et qu’il est donc censé encore moins bien survivre à une virée à la plage.

Enfin, je voulais aussi aborder les protections officielles. Il y en a deux : une coque à « coller » au téléphone et une Folio. C’est cette dernière que j’utilise. Elle est pratique pour son pied escamotable qui permet de tenir le téléphone en mode paysage, mais elle l’épaissit aussi énormément. De plus, quand je veux prendre une photo, je dois laisser un pan balant si je ne veux pas obstruer les objectifs. Manque plus que les encoche pour les cartes de crédit et on aurait une pochette 100 % daron (avec tout mon respect).

Je préfèrerais donc une coque plus fine et sans protection pour l’écran avant. Au pire, un verre additionnel pourrait le protéger. Actuellement, la Folio reste plutôt sur ma table de chevet et je ne l’utilise que lorsque je sors de chez moi.

Origine de l’article : lire l’article original

Traduction