Avec ce casque, Xiaomi ne veut et ne peut surtout pas rivaliser avec les ténors du marché. Pourtant, sur le papier, la fiche technique est intéressante pour un premier essai : réduction de bruit active adaptative, driver dynamique de 40 mm plaqué titane, autonomie revendiquée de 72 heures et compatibilité audio filaire haute résolution via USB-C. De quoi se faire une place dans un marché où Soundcore (la marque audio d’Anker), JBL ou CMF dominent déjà l’entrée et le milieu de gamme.
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Après avoir imposé sa marque Redmi sur les écouteurs intra, notamment avec les Redmi Buds Pro, Xiaomi lance donc son premier casque circum-aural Redmi. L’occasion pour moi de vérifier si l’expérience acquise sur les intra se transpose aussi bien au format arceau.
Pour aller plus loin Redmi Headphones Neo : un casque sans fil circum-aural ambitieux à moins de 60 euros
Ce test a été réalisé avec un exemplaire prêté par Xiaomi.
Le Redmi Headphones Neo adopte un format circum-aural classique qui englobe donc totalement les oreilles, avec un arceau en matière plastique souple recouvert de similicuir et des oreillettes en similicuir garnies d’une mousse à mémoire de forme. Le tout affiche un poids de 263 grammes, dans la moyenne de la catégorie, avec des coques qui pivotent à 110 degrés et un arceau ajustable et très légèrement inclinable pour épouser la morphologie du visage.
Je trouve que le confort est bon sur la durée, sans point de pression marqué même après plusieurs heures d’écoute continue, mais j’ai remarqué un léger déséquilibre dans la répartition de la pression sur les coussinets, plus sensible du côté droit que du côté gauche lors de sessions prolongées. Notez que le casque se replie sur lui-même pour faciliter le transport. En revanche, la boîte ne contient que le casque et son manuel, sans housse, sans câble USB-C et sans adaptateur secteur.
Contrairement aux casques plus premium de la marque HDB de Sennheiser ou aux Sony WH-1000XM6, le Redmi Headphones Neo assume une finition entièrement plastique, sans aucune pièce métallique visible. La qualité de fabrication reste correcte pour le tarif, sans jeu perceptible au niveau des charnières, mais l’ensemble ne rivalise évidemment pas avec la sensation de solidité d’un casque à 300 euros.
Le casque est proposé en trois coloris : noir obsidien, blanc sable et bleu brume, avec des commandes sous la forme de boutons physiques, tous disposés sur la coque droite, qui permettent de gérer la mise sous tension, l’appairage et la bascule entre les modes ANC/Transparence. Le port USB-C sert à la fois à la recharge et à l’écoute filaire en haute résolution.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’application Xiaomi Earbuds (commune à l’ensemble de la gamme audio Xiaomi et Redmi) reste minimaliste comparée à ce que proposent des marques comme Sony ou Sennheiser. Disons qu’il y a là l’essentiel avec une interface claire et très intuitive.
Le premier niveau de réglage est la sélection de l’un des modes préréglés : Son équilibré, Renforcer la basse, Renforcer les aigus, Améliorer les voix. Notez aussi, si vous souhaitez aller plus loin, la possibilité de jouer avec un égaliseur 10 bandes. Aucun test auditif personnalisé façon Personi-Fi n’est proposé ici, contrairement à des concurrents plus premium.
Notez qu’il est possible de personnaliser la commande du bouton principal pour lui associer une fonction spécifique selon que vous appuyez une fois, deux fois, trois fois ou longuement.
Les commandes gèrent lecture/pause, changement de piste, volume et activation de l’assistant vocal. Le casque ne propose pas de détection de port automatique, qui mettrait en pause la lecture au retrait. Après une pause prolongée, un appui court sur le bouton principal ne m’a pas permis de relancer la lecture, et j’ai dû reprendre le smartphone en main.
Une fonction de recherche de l’appareil via l’application est disponible.
L’appairage rapide passe par Google Fast Pair et fonctionne donc avec n’importe quel smartphone Android. Le partage audio, qui connecte deux casques à un même appareil, reste en revanche réservé à une liste de modèles Xiaomi sous HyperOS.
Xiaomi annonce une réduction de bruit active adaptative pouvant atteindre 42 dB, associée à un système de calcul en temps réel qui ajuste le niveau de filtrage selon le bruit ambiant détecté. Sur le terrain, cette isolation active se révèle l’un des meilleurs arguments du casque, avec une atténuation particulièrement efficace sur les basses fréquences continues telles que le bruit de cabine d’avion, de train ou de climatisation.
Sur les fréquences moyennes, comme les conversations environnantes dans un open space, l’efficacité reste également très correcte, sensiblement au-dessus de ce que proposent la plupart des casques du même segment tarifaire. Seules les fréquences les plus aiguës, comme certains bruits métalliques ou stridents, échappent partiellement au filtrage, mais cela reste un défaut commun à l’immense majorité des casques, y compris nettement plus onéreux.
Le mode Transparence, en revanche, m’a un peu déçu : la restitution des voix et de l’environnement sonne artificielle et manque cruellement de naturel, avec un effet de filtrage numérique assez perceptible, même pour des oreilles peu entraînées, qui donne une sensation de son « en boîte ». C’est clairement le point faible de la partie ANC, et un domaine où Xiaomi devra progresser sur une future itération.
Pour la restitution du son, le casque Redmi Headphones Neo embarque un driver dynamique de 40 mm à membrane plaquée titane, logé dans une chambre acoustique indépendante conçue pour limiter les résonances parasites. Le casque est certifié Hi-Res Audio en filaire grâce à l’USB Audio (réponse en fréquence de 20 Hz à 40 kHz selon Xiaomi, contre 20 Hz à 20 kHz en Bluetooth), un vrai argument à ce niveau de prix. En sans-fil, en revanche, aucun codec haute résolution (LDAC ou aptX) n’est de la partie. Le casque se contente des codecs SBC et AAC. Notez que l’écoute filaire en USB-C réduit aussi la latence, ce qui est utile en jeu ou en vidéo. Le câble USB-C compatible transfert de données n’est toutefois pas fourni, il faut l’acheter à part.
Notez que j’ai perçu quelques microcoupures lors de mes tests en liaison Bluetooth avec un smartphone (non Xiaomi). Difficile de les attribuer à un élément en particulier, mais il me paraît logique de les signaler.
Le Redmi Headphone Neo mise tout sur les extrémités du spectre : les basses et les aigus sont mis en avant, tandis que les fréquences du milieu, celles des voix, sont un peu effacées. C’est ce qu’on appelle une signature « en V », très répandue sur les casques grand public car elle donne un son immédiatement flatteur.
Côté basses, le casque se montre généreux. Les graves les plus profonds, ceux qu’on ressent autant qu’on les entend (les nappes de synthé, les basses d’un morceau électro), sont bien présents, ce qui est loin d’être systématique à ce prix. Juste au-dessus, les basses qui donnent le « punch » d’une grosse caisse ou d’une ligne de basse sont nettement renforcées. Résultat : un son chaleureux et rythmé, sans pour autant que les basses débordent et viennent brouiller le reste.
Les voix, en revanche, sont légèrement en retrait. Chanteurs, dialogues ou instruments comme le piano et la guitare paraissent un peu plus éloignés, comme s’ils étaient placés derrière la musique. Le casque compense en partie en redonnant du mordant juste au-dessus, ce qui permet aux voix de rester intelligibles et aux attaques des instruments de garder de la netteté.
Enfin, les aigus sont très accentués. Cela donne une impression de clarté et de détail, avec des cymbales et des effets bien scintillants. Revers de la médaille : les « s » et les « ch » peuvent devenir un peu sifflants sur certains enregistrements, et une écoute prolongée à volume élevé peut s’avérer fatigante.
Globalement, la signature sonore surprend par sa retenue, alors que Xiaomi met en avant des « basses puissantes » sur sa fiche produit. Là où beaucoup de casques d’entrée de gamme gonflent le grave pour impressionner à la première écoute, le Redmi Headphones Neo adopte une approche plus posée, centrée sur le médium, qui ressort riche et détaillé, avec une belle présence des voix et des instruments acoustiques.
Le revers de cette approche se situe dans le haut du spectre : l’aigu manque clairement de mordant et d’air, avec une extension qui s’essouffle sensiblement au-delà de 8 kHz. Le résultat général donne une sonorité un peu terne, en particulier sur les morceaux riches en cymbales, en cordes aiguës ou en synthétiseurs brillants, qui perdent une partie de leur scintillement naturel. Il s’en sort bien pour les titres ayant de la voix.
Le grave est peu détaillé : il assure la fondation du mix sans déborder, mais manque de texture et de nuance sur les lignes de basse complexes, donnant une impression de masse plutôt qu’une restitution précise des harmoniques. Il n’est pas aussi maitrisé sur sur les casques Fresh n’ Rebel Ace 2 ou CMF Headphone Pro à 100 euros.
La dynamique reste correcte pour la catégorie de prix, sans être impressionnante, avec une séparation des plans qui tient la route sur les productions simples mais se tasse sur les morceaux les plus denses. La scène sonore, elle, reste dans une moyenne honnête, sans la largeur impressionnante de certains modèles mieux dotés mais aussi bien plus chers.






