Quelqu'un a cloné Microsoft Word, alors j'ai voulu l'essayer sous Linux et sur Mac. C'est une alternative identique à l'original, et en open source.
Les points clés à retenir sur le clone open source de Word
Depuis des décennies, j’utilise LibreOffice comme suite bureautique de prédilection. Pour être honnête, je n’utilise en réalité que LibreOffice Writer, car je n’ai guère besoin de tableurs ou de présentations. Mais LibreOffice n’est pas la seule application que j’ai utilisée. Lorsque j’écris des romans, j’ai tendance à opter pour Apple Pages, mais pour une seule raison : la collaboration. En effet, l'entreprise qui publie mes livres utilise MS Word, et les outils de révision de LibreOffice sont catastrophiques.
Cependant, Apple Pages présente un problème rédhibitoire à mes yeux. Il m’indique de manière aléatoire que le document ne peut pas être enregistré car il n’existe pas.
Mais oui, Apple, le document existe bel et bien puisque je suis en train de travailler dessus. Pourquoi me fais-tu ça ? J’ai déjà perdu du travail à cause de cette « fonctionnalité » et je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi cela se produit.
Vous vous demandez peut-être : « Pourquoi ne pas simplement utiliser MS Word ? » Eh bien, c’est là tout le problème. Demander à n’importe quel utilisateur de longue date de l’open source ou de Linux de « simplement utiliser MS Word », c’est comme demander à un fan du PSG de soutenir l'OM.
De plus, il n’existe pas de version de MS Word pour Linux (à moins d’utiliser Office 365, et je ne suis pas très chaud à l’idée d’utiliser un service tiers pour mon travail d’écriture).
Comme vous l’avez peut-être lu (ou pas), une équipe de développeurs dirigée par Brandon Thomas a utilisé l’IA et le langage Rust pour procéder à du reverse engineering de Photoshop et créer une application appelée PhotoCraft. Et le résultat est exceptionnel. Et ils ne se sont pas arrêtés à Photoshop. Ils ont appliqué leur approche ingénieuse à Illustrator, Premiere, Lightroom (pas la version Classic), Acrobat, After Effects et InDesign.
Ils ont également procédé à la rétro-ingénierie de Microsoft Word pour créer, vous l’avez deviné, WordCraft. Qui est devenu mon nouveau traitement de texte par défaut.
Ce n’est pas parfait, mais c’est un excellent début. Et cela fonctionne incroyablement bien pour une version alpha.
D’ailleurs, j'ai rédigé cet article sur WordCraft.
Parlons des points positifs avant d’aborder les points négatifs.
Dès le départ, WordCraft est disponible sur Linux, macOS et Windows. Rien que ça me fait sourire. Car Linux a été longtemps laissé de côté dans le débat autour de MS Word. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens n’ont pas adopté Linux.
Eh bien, cette excuse ne tient plus la route.
Quant à l’application elle-même, la première chose qui m’a époustouflé, c’est la vitesse de WordCraft. Je n’ai jamais vu de ma vie un traitement de texte complet s’ouvrir aussi vite. C’est fulgurant. L’application s’ouvre immédiatement et l’interface utilisateur réagit instantanément. Je n’ai pas été aussi impressionné depuis que le même groupe de développeurs a sorti PhotoCraft…
Viennent ensuite les outils de révision. C’est là que LibreOffice présente de réelles lacunes. Les outils de révision (en particulier les commentaires et le suivi des modifications) de LibreOffice sont tout simplement inutilisables pour un manuscrit volumineux. Il m’est arrivé que des manuscrits de livres plantent LibreOffice à cause de centaines de commentaires.
Avec WordCraft, ces mêmes documents s’ouvrent sans problème.
Pour en revenir à la révision : un autre problème de LibreOffice que WordCraft résout concerne la gestion du suivi des modifications et des commentaires. Contrairement à WordCraft, LibreOffice affiche le suivi des modifications dans une fenêtre contextuelle, ce qui rend l’interaction peu pratique et inefficace. WordCraft reproduit parfaitement les fonctionnalités de MS Word. Ce qui facilite grandement la collaboration.
Aucun autre traitement de texte open source ne lui arrive à la cheville.
Bien que l’interface utilisateur de WordCraft ne puisse pas être personnalisée, elle est très familière, ce qui permet de s’y mettre assez facilement sans grande courbe d’apprentissage. Certes, j’aimerais pouvoir modifier l’interface, mais ce n’est pas un détail sur lequel je vais m’attarder, vu la facilité d’utilisation de l’application.
N’oubliez pas qu’il s’agit d’un logiciel en version alpha. La première chose à laquelle j’ai dû faire face en utilisant WordCraft, c’est un décalage entre la saisie au clavier et l’affichage à l’écran. Il m’a fallu un certain temps pour m’y habituer, période durant laquelle j’ai commis des erreurs à répétition. Une fois habitué à ce décalage, tout s’est mis en place.
Je pensais que ce décalage était dû à l’interaction de WordCraft avec le compositeur Wayland. Mais on observe également un léger décalage sur la version macOS (même s’il est moins prononcé).
Ensuite, le processus de sauvegarde des fichiers MS Word n’est pas vraiment intuitif. À plusieurs reprises, j’ai perdu du travail parce que je m’étais habitué à l’idée qu’en cliquant sur « Fichier », je quittais le document sur lequel je travaillais pour accéder à la barre latérale des fichiers. Comme je n’avais pas utilisé Word depuis longtemps, je ne m’étais pas rendu compte qu’enregistrer un fichier sous un nom spécifique n’était pas aussi simple que d’appuyer sur Ctrl+S dès l’ouverture d’un nouveau document. Heureusement, j’ai assez vite pris le coup de main pour l’enregistrement et j’ai veillé à activer l’enregistrement automatique pour chaque document.
Il ne m’a fallu que cinq minutes pour comprendre que j’avais trouvé un nouveau traitement de texte par défaut pour Linux et macOS.
Mon éditeur va être aux anges maintenant que les outils de collaboration sont parfaitement compatibles.
Quant à moi, je serai ravi de ne plus jamais revoir Apple Pages (et de ne plus perdre de travail à cause de ça). Si WordCraft vous intrigue, rendez-vous sur sa page GitHub pour le découvrir. Il est gratuit, facile à installer et très agréable à utiliser.
La mise à jour de ce mois-ci marque également la première mise à jour officielle pour Windows 11 26H2 et la fin du support pour Windows 11 24H2 Édition Familiale et Édition Pro.
Alors que la rapidité des progrès de l'IA repousse sans cesse les limites du développement, seules ces versions pourront suivre le rythme.






