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Intel, Amazon, Google : Wall Street fait les comptes de l’IA, et ils ne sont pas bons

La caisse ou la casse

Intel, Amazon, Google : Wall Street fait les comptes de l’IA, et ils ne sont pas bons

Intel, Amazon, Google : les trois entreprises souffrent en Bourse avec des reculs prononcés. L’action d’Intel en particulier dévisse de quasiment 30 % à Wall Street. Coup de semonce passager ou explosion de la bulle ?

Plus dure sera la chute pour Intel. En Bourse, la baisse de l’action du groupe flirte actuellement avec les 30 %. Celle d’Amazon est de 2 %. Ce jeudi 29 octobre, Alphabet a lâché 13 %, soit environ 500 milliards de dollars de capitalisation – le pire recul depuis janvier 2025 et le dégonflage de 595 milliards de NVIDIA.

Intel rattrapé par la crise du PC

La facture colossale de l’IA inquiète les investisseurs, mais les raisons de ces sanctions boursières diffèrent d’un groupe à l’autre. Intel paie surtout des prévisions médiocres pour le 4ᵉ trimestre, avec un chiffre d’affaires attendu de 15,5 milliards de dollars (contre 16,5 milliards au 3ᵉ trimestre) et une marge brute en recul de 6,1 points, à 38 %. La situation sur le marché du PC est un gros point noir : la division essuie en effet un recul de 5 % sur un an et de 9 % par rapport au précédent trimestre.

Surtout, le groupe prévoit une baisse supplémentaire de plus de 20 % de cette activité au 4ᵉ trimestre. Sans surprise, la crise de la mémoire et les prix qui flambent désespèrent la demande, et la situation ne va pas s’arranger de sitôt. Pour le reste, la performance d’Intel pour le 3ᵉ trimestre demeure solide avec un chiffre d’affaires en progression de 20,9 % et un résultat opérationnel ajusté de 3,2 milliards.

Des investissements colossaux qui ne rapportent pas encore

Du côté d’Amazon, les investissements dans l’IA absorbent davantage de trésorerie que le groupe n’en génère. L’objectif pour l’année 2026 est toujours de dépenser 220 milliards de dollars dans les infrastructures (capex). Sur les douze mois terminés fin septembre, le flux de trésorerie disponible est négatif de 42,4 milliards, contre un positif de 14,8 milliards il y a un an.

Les activités d’Amazon ont bien généré de l’argent, mais les dépenses d’investissement ont dépassé ces rentrées de plus de 42 milliards de dollars sur douze mois. Cela ne signifie pas que ses comptes sont à découvert : le groupe doit financer cet écart en mobilisant ses réserves ou d’autres ressources. L’entreprise peut compter sur l’excellente santé d’AWS dont le chiffre d’affaires a progressé de 39,3 %, à 46 milliards de dollars.

Amazon Web Services représente 23 % des ventes du groupe (201,9 milliards), mais 63 % de son résultat opérationnel (17,8 milliards sur un total de 28,1 milliards sur le trimestre). La poule aux œufs d’or continuera de produire ses effets bénéfiques sur les résultats à venir d’Amazon ; Andy Jassy, le directeur général, prévoit une croissance d’AWS supérieure à 40 % en 2027 comme en 2028.

Microsoft la tête dans le nuage

Les boursicoteurs ont sanctionné Google pour une raison similaire : une trésorerie disponible négative. Alphabet, la maison mère, a généré 42,3 milliards de dollars de trésorerie opérationnelle au 3ᵉ trimestre, mais elle a dépensé 51,4 milliards en investissements (majoritairement dans les infrastructures IA). Résultat : un flux de trésorerie disponible négatif de 9,1 milliards, après un déficit de 5,9 milliards au deuxième trimestre. Sur douze mois, l’indicateur reste cependant positif de 19,7 milliards, alors que celle d’Amazon est négative.

Dans le cas de Google, les investisseurs ont surtout sanctionné le fait que l’IA rapporte encore trop peu par rapport aux investissements.

Autre poids lourd qui a publié ses résultats trimestriels cette semaine : Microsoft. L’annonce de ces chiffres le 28 octobre au soir n’a pas provoqué de panique boursière le lendemain, l’action ayant terminé la séance presque à l’équilibre (−0,16 %).

L’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 92,3 milliards de dollars (+ 19 %), pour un bénéfice net de 36,6 milliards (+ 32 %). Azure est le joyau de Microsoft avec une croissance du chiffre d’affaires de 48 %. En revanche, le vilain petit canard de la bande, en dehors de Xbox toujours dans le rouge, est l’activité Windows et appareils dont les revenus ont chuté de 22 %.

L’éditeur a généré 58 milliards de dollars de trésorerie opérationnelle et décaissé 39,4 milliards en investissements, soit deux fois plus qu’un an auparavant. Il lui reste donc un excédent de 18,6 milliards, un chiffre certes en baisse de 27 %. Prochains résultats très attendus : ceux de NVIDIA, programmés pour le 17 novembre.

On y verra alors un peu plus clair sur le marché de l’IA, mais pour le moment ces secousses peuvent difficilement être interprétées comme un signe sûr de l’éclatement de la bulle. Il s’agit surtout de sanctionner des résultats et des prévisions propres à chaque entreprise, sur des marchés qui s’emballent facilement dans un sens ou dans un autre.

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