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Grâce à ce satellite virtuel, Google observe désormais n’importe quel point du globe en quasi direct

Les nuages ont longtemps privé l’imagerie satellite d’une partie du globe. Google vient de contourner l’obstacle avec un modèle d’intelligence artificielle signé DeepMind. Sa plateforme peut désormais livrer un état des lieux de n’importe quelle zone tous les cinq jours.

La cartographie numérique s’est transformée en profondeur depuis l’arrivée des modèles d’intelligence artificielle. Les cartes ne se contentent plus d’afficher des routes, elles interprètent des images, des reliefs et des mesures physiques. L’assistant Gemini a pris place dans Google Maps pour guider les trajets au quotidien. Le même mouvement touche aujourd’hui un domaine bien moins visible du grand public, celui de l’observation de la Terre depuis l’espace.

L’application installée sur des milliards de smartphones ne couvre qu’une partie de l’activité cartographique de la firme de Mountain View. La Navigation immersive de Google Maps arrive au compte-gouttes chez les utilisateurs. En parallèle, une offre de données baptisée Maps Platform s’adresse depuis des années aux entreprises. La nouveauté la plus inattendue de l’année vient d’y faire son entrée.

Le produit s’appelle Custom Satellite Embeddings et repose sur AlphaEarth Foundations, un modèle mis au point par Google DeepMind. Selon Maps Platform, il fusionne images optiques, données d’altitude, signaux radar et relevés LiDAR en trois dimensions dans une seule représentation à 64 bandes. Ce mélange agit comme un satellite virtuel. Il reconstitue une vue dégagée même au-dessus des zones couvertes par les nuages en permanence. Chaque entreprise obtient un résumé sur mesure du territoire choisi, sur une base mensuelle, hebdomadaire ou glissante sur cinq jours.

Jusqu’à présent, ces relevés n’existaient qu’en instantanés annuels, distribués via Google Earth Engine. Ils servaient à cartographier le carbone forestier ou à repérer des changements de paysage, sans mobiliser d’équipe spécialisée en apprentissage automatique. Le passage à une cadence de cinq jours ouvre d’autres usages. Les exploitants agricoles peuvent suivre les cycles de croissance ou chiffrer les dégâts d’une tempête en pleine saison. Les distributeurs européens y trouvent un moyen de vérifier leur conformité au règlement sur la déforestation. Les opérateurs d’électricité surveillent de leur côté la végétation le long des lignes à haute tension. La firme réserve pour l’instant Custom Satellite Embeddings aux organisations inscrites au programme, et laisse aux chercheurs universitaires jusqu’au 1er septembre pour réclamer des données gratuites.

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