La douille de l'IA

La pub va se généraliser dans le mode IA de Google, qui rapporte encore trop peu. Le géant du web cherche à amortir ses dépenses colossales dans les infrastructures IA.
Google va afficher de la publicité dans le mode IA de son moteur de recherche partout dans le monde, après un test aux États-Unis. Ce mode, disponible en France depuis cet été dans la foulée des aperçus IA, est la réponse du géant du web aux bots conversationnels comme ChatGPT ou Claude. Accessible directement depuis la page d’accueil de Google Search, ce mode peut aussi s’afficher à partir des aperçus IA apparaissant dans les résultats d’une recherche. Le problème, c’est que le mode IA ne rapporte pas grand-chose, pas encore.

Durant les résultats du troisième trimestre de la maison-mère Alphabet (PDF), l’entreprise a annoncé une progression de 12 % des revenus tirés de l’activité de recherche – autrement dit les pubs dans Google.
À première vue, il n’y a pas de quoi se plaindre (l’activité a représenté un chiffre d’affaires de 63,25 milliards de dollars cet été), mais la croissance décélère. Elle était en effet de 17 % au deuxième trimestre, et de 19 % au premier trimestre. Le directeur commercial Philipp Schindler attribue ce coup de mou relatif à la « monétisation plus faible constatée dans le mode IA ». Pour redresser la barre, il a annoncé l’expansion à l’international des publicités dans le mode IA.
Les dépenses s’envolent, les bénéfices reculent
Les tests réalisés aux États-Unis montrent non seulement que les utilisateurs trouvent ces pubs pertinentes, mais surtout que les taux de clics sur les fiches de produits sponsorisées sont comparables à ceux des fiches non sponsorisés. Plus globalement, le dirigeant estime que le mode IA permet de « capter de nouvelles intentions d’achat à forte valeur ajoutée » puisque bon nombre de requêtes interviennent en amont du parcours d’achat.
« La majorité des requêtes dans le mode IA s’ajoutent aux recherches existantes, créant ainsi davantage de possibilités de monétisation au fil du temps », ajoute Philipp Schindler. Pas de quoi rassurer les investisseurs pour autant : l’action Google plonge actuellement de 11 %. Les investissements colossaux dans les infrastructures IA (51,4 milliards de dollars au troisième trimestre) ont un impact sur la rentabilité du groupe : il a généré un bénéfice net de 26,2 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 127,6 milliards (+ 25 %).
L’an dernier, durant le même trimestre, Google avait réalisé un chiffre d’affaires de 102,35 milliards pour un bénéfice net de 35 milliards. Anat Ashkenazi, le directeur financier du groupe, a confirmé que le capex pour l’exercice fiscal atteindra les 205 milliards, ce qui implique 73,1 milliards d’investissements supplémentaires au quatrième trimestre. À cela s’ajoute un versement de 5,2 milliards d’euros pour éponger une amende pour abus de position dominante dans l’UE.
Plus de dépenses, moins de bénéfices, un retour sur investissement dans l’IA qui se fait attendre : si le recul de l’action se confirme à la clôture, cela représenterait une des plus fortes pertes de capitalisation boursière en une séance de l’histoire de Wall Street, souligne le Financial Times. La capitalisation de Google dévisse actuellement d’environ 500 milliards ; celle de NVIDIA avait perdu 593 milliards en janvier 2025.






