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eSIM de voyage : les forfaits illimités sont-ils vraiment « illimités » ? Tout ce qu’il faut savoir

Non, ce n’est pas Free qui a inventé le forfait mobile illimité, même en itinérance, avec Free Max. Ce que l’opérateur a présenté comme sa troisième révolution mobile après Free Mobile et Free Flex, les fournisseurs d’eSIM de voyage le faisaient déjà depuis un moment. Holafly, par exemple, en a fait sa spécialité et propose presque exclusivement des eSIM de voyage avec une enveloppe de données illimitée.

Mais qu’en est-il en réalité ? Ces offres, portées par un discours marketing un poil abusif, jouent sur la différence entre absence de plafond et accès au service. Un forfait illimité l’est effectivement en théorie, mais c’est plus compliqué en pratique. Il faut avoir cette nuance en tête, notamment dans le cadre d’un séjour à l’étranger. Voici ce qu’il faut savoir sur les eSIM de voyage avec data illimitée.

S’agissant des fournisseurs d’eSIM de voyage spécifiquement, le verrouillage peut être double :

De ce point de vue, un forfait illimité a l’air moins avantageux qu’un forfait ponctuel. Dans un tacle adressé à Free après l’annonce du forfait Free Max, le fournisseur Ubigi, que nous avons testé, reconnaissait que l’illimité n’était qu’un argument marketing et que la réalité était beaucoup plus nuancée. Surtout, la plupart des voyageurs n’ont pas besoin d’autant de données.

Selon l’observatoire des marchés de l’Arcep publié le 8 octobre, une carte SIM consomme en moyenne 19,3 Go de données mobiles par mois (chiffres du deuxième trimestre 2026), et même 27,8 Go chez les utilisateurs actifs en 5G. Cette moyenne est mesurée en France, où le Wi-Fi de la maison et du bureau prend le relais. Pour un séjour d’une à deux semaines, une eSIM de 10 à 20 Go couvre donc l’usage d’un abonné moyen, surtout si l’hébergement propose du Wi-Fi.

Les eSIM de voyage illimitées se heurtent aussi à des limites techniques, qui ne dépendent pas des choix commerciaux de leurs fournisseurs. Il faut partir du principe qu’un réseau mobile est une infrastructure partagée et les ressources pour le faire fonctionner ne sont pas infinies. La fair-use policy évite qu’un seul utilisateur occupe toute la bande passante d’une antenne au détriment des autres.

Les eSIM de voyage fonctionnent le plus souvent en itinérance sur les réseaux locaux, et ce trafic n’est pas toujours bien traité. Une étude réalisée par Mozark pour la Commission européenne, publiée le 15 septembre 2025, montre que dans 80 % des mesures, les utilisateurs en itinérance dans l’Union européenne ont un débit descendant inférieur à celui du réseau qu’ils visitent. La Commission précise que l’étude n’établit pas la cause de ces écarts. Parmi les pistes possibles figurent des accords commerciaux entre opérateurs et des politiques de priorisation qui font passer le trafic itinérant après le trafic local.

En cas de forte affluence, lors d’un concert ou dans un centre-ville aux heures de pointe, les eSIM de voyage peuvent être les premières à subir un ralentissement. Les opérateurs locaux donnent la priorité à leurs propres abonnés et veulent aussi s’assurer que les communications des services d’urgence et de sécurité restent fonctionnelles 24h/24.

De prime abord, on pourrait sentir le piège commercial derrière les forfaits illimités. On n’aurait pas tort, car peu de voyageurs ont besoin d’un puits sans fond de data. La fair-use policy rend en plus l’illimité bien moins intéressant. Alors à qui s’adressent les eSIM de voyage illimitées ? Étonnamment, plusieurs profils se démarquent, mais tous ont un point commun.

On retrouve les professionnels, les voyageurs datavores, ceux qui sont peu à l’aise avec la technologie ou encore les traumatisés du hors-forfait. Tous préfèrent payer leur eSIM de voyage plus cher plutôt que de perdre du temps à comparer les offres ou de subir un imprévu.

N’oublions pas le prix. Les eSIM de voyage illimitées sont bien plus chères que les eSIM à volume fixe. En octobre 2026, une eSIM illimitée de 30 jours pour les États-Unis coûte 53,95 euros chez ETravelSim, 60,49 euros chez Saily, 62 euros chez Ubigi, 62,50 euros chez Airalo et 68,90 euros chez Holafly. Le forfait Free Max, lui, est facturé 29,99 euros par mois, ou 19,99 euros pour les abonnés Freebox.

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Journaliste Services @ Frandroid, je m'occupe de l'actualité chaude et des dossiers froids sur les télécoms, les VPN et bien d'autres domaines, quand je ne suis pas plongé dans un livre, sur un jeu AAA ou indé ou à tester des recettes trouvées sur Insta. Membre de la secte des grimpeurs en bloc.

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